La tentative d’infiltration du Corps des gardiens de la révolution au Koweït… aveu iranien et condamnations arabes
L’annonce par le Koweït du déjouement d’une tentative d’infiltration maritime menée par des éléments du Corps des gardiens de la révolution iranien a déclenché une vague de condamnations arabes contre l’Iran, l’incident étant perçu comme un indicateur grave de l’escalade des menaces iraniennes directes contre les pays du Golfe.
Dans un développement notable, l’Iran a officiellement reconnu, mardi, par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères, que les quatre individus arrêtés par le Koweït appartiennent au Corps des gardiens de la révolution iranien, tout en affirmant qu’ils se trouvaient en « mission maritime de routine » et qu’ils étaient entrés dans les eaux koweïtiennes à la suite d’un « dysfonctionnement du système de navigation ».
Téhéran a rejeté les accusations koweïtiennes relatives à la planification « d’actes hostiles », alors que les enquêtes koweïtiennes confirment que les infiltrés ont reconnu avoir reçu une mission directe du Corps des gardiens de la révolution pour s’infiltrer sur l’île de Boubyan et mener des actions hostiles sur le territoire koweïtien.
Un accrochage à Boubyan
Le ministère koweïtien de la Défense avait annoncé, le 3 mai, avoir déjoué une tentative d’infiltration maritime à travers les eaux territoriales et arrêté quatre individus qui tentaient d’entrer illégalement dans le pays.
Mais l’affaire a pris une tournure plus grave après l’annonce par le ministère koweïtien de l’Intérieur des résultats des enquêtes, qui ont révélé l’identité des personnes impliquées et leur appartenance au Corps des gardiens de la révolution iranien.
Selon le ministère de l’Intérieur koweïtien, les personnes arrêtées sont :
Le colonel de marine Amir Hussein Abdul Mohammad Zaraei
Le colonel de marine Abdessamad Yadallah Qanawati
Le capitaine de marine Ahmed Jamshid Gholam Reza Zolfaghari
Le premier lieutenant terrestre Mohammad Hussein Sohrab Foroughi Rad
Les enquêtes ont confirmé que ces quatre éléments avaient été chargés par le Corps des gardiens de la révolution de s’infiltrer sur l’île de Boubyan le 1er mai à bord d’un bateau de pêche loué spécialement pour exécuter la mission.
Il a été ajouté que l’opération comprenait l’exécution « d’actes hostiles » contre le Koweït, et que l’accrochage avec les forces armées koweïtiennes avait entraîné la blessure d’un militaire koweïtien dans l’exercice de ses fonctions.
Le ministère de l’Intérieur koweïtien a également révélé la fuite de deux autres éléments durant l’accrochage :
Le capitaine de marine Mansour Qambari
Abdulali Kazem Siamari, « commandant de l’embarcation »
Le Koweït a souligné qu’il se réserve le droit plein et entier de légitime défense et de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger sa souveraineté et sa sécurité conformément au droit international et à la Charte des Nations unies.
Aveu iranien et tentative d’apaisement
L’aveu iranien de l’appartenance des éléments au Corps des gardiens de la révolution a conféré au récit koweïtien une dimension plus grave, malgré la tentative de Téhéran de contenir la crise en justifiant l’incident par une « erreur de navigation ».
Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que les quatre éléments se trouvaient en « mission maritime de routine » et qu’ils avaient pénétré dans les eaux territoriales koweïtiennes en raison d’un « dysfonctionnement des systèmes de navigation ».
Toutefois, Téhéran a simultanément nié toute intention de mener des actions hostiles contre le Koweït, ce qui contredit les aveux des infiltrés selon la version officielle koweïtienne.
Condamnations arabes et du Golfe
L’incident a suscité une large vague de condamnations arabes et du Golfe, qui ont considéré l’infiltration iranienne comme une violation grave de la souveraineté du Koweït et une menace directe pour la sécurité du Golfe.
Les Émirats arabes unis ont fermement condamné l’infiltration d’éléments du Corps des gardiens de la révolution iranien sur l’île koweïtienne de Boubyan afin d’y mener des actions hostiles, ce qui a entraîné la blessure d’un membre des forces armées koweïtiennes.
Le cheikh Abdallah ben Zayed Al Nahyane, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, a exprimé dans un communiqué la solidarité des Émirats avec le Koweït frère et leur plein soutien aux mesures prises par les services de sécurité pour faire face à ces actes terroristes, selon l’agence de presse émiratie.
Il a réaffirmé le soutien total des Émirats à toutes les mesures prises par le Koweït pour protéger sa sécurité, sa souveraineté, sa stabilité et la sûreté de sa société, saluant l’efficacité et la vigilance des services de sécurité koweïtiens.
L’Arabie saoudite a également condamné « avec la plus grande fermeté » l’infiltration d’éléments du Corps des gardiens de la révolution sur l’île de Boubyan dans le but de mener des actions hostiles, considérant ces actes comme une violation manifeste du droit international et de la Charte des Nations unies.
Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Jassem Al-Budaiwi, a estimé que les politiques hostiles de l’Iran constituent « une menace directe » pour la sécurité et la stabilité de la région.
L’Égypte a, pour sa part, condamné la tentative d’infiltration iranienne, réaffirmant sa solidarité totale avec le Koweït.
Le Parlement arabe a qualifié l’incident « d’acte criminel » reflétant une approche hostile et une violation flagrante de la souveraineté du Koweït et du droit international.
