Pourparlers entre les États-Unis et l’Iran : des progrès évoqués, tandis que les dossiers les plus sensibles sont reportés
Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des « progrès », qualifiés de « positifs » par le Qatar, lors des pourparlers indirects tenus à Doha.
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a écrit sur son compte X (anciennement Twitter) : « Les médiateurs qataris et pakistanais ont conclu à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, au cours desquelles des progrès positifs ont été réalisés concernant les questions liées au protocole d’accord signé à Islamabad, sur la base des conclusions du sommet du lac des Quatre-Cantons. »
Al-Ansari a ajouté que les parties étaient convenues de poursuivre les discussions dans les prochains jours, la date de la prochaine réunion devant être fixée dès que possible après la fin des cérémonies funéraires du Guide suprême iranien précédent, Ali Khamenei, tué lors d’un bombardement américano-israélien le 28 février dernier.
À Washington, le président américain Donald Trump a déclaré que les deux parties réalisaient des progrès concernant les éventuelles restrictions imposées au programme nucléaire iranien, qui constitue la principale raison l’ayant conduit à engager la guerre.
Il a déclaré aux journalistes : « Le processus de démantèlement du programme nucléaire iranien se déroule bien. Ils ont tenu de très bonnes réunions, et nous verrons ce qui se passera. »
Toutefois, des sources ont indiqué à Reuters que « le programme nucléaire n’a pas été abordé lors des discussions, qui étaient de nature essentiellement technique ».
Un risque de guerre en recul
Le vice-président américain, J. D. Vance, a pour sa part exprimé son inquiétude au sujet du dossier nucléaire devant les journalistes, en déclarant : « Nous allons commencer à en discuter. »
Reuters a également rapporté, citant une source, que Jared Kushner, gendre de Donald Trump, ainsi que l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, dépêchés au Moyen-Orient dans le cadre de ce que la Maison-Blanche a qualifié de « discussions de haut niveau », n’ont pas participé aux séances de négociation.
De son côté, Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères et chef de la délégation iranienne, a annoncé la clôture des discussions. Aucune des deux parties n’a toutefois précisé si elles étaient parvenues à réduire leurs divergences.
L’accord préliminaire prévoit la reprise de la navigation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitait, avant la guerre, près d’un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié.
Malgré une reprise partielle de la circulation maritime, la situation dans cette voie maritime stratégique demeure incertaine, les deux pays ayant échangé des attaques au cours du week-end à la suite d’une frappe iranienne contre un navire marchand.
En vertu du protocole d’accord, les parties se sont accordé un délai de soixante jours pour parvenir à un accord global sur le nucléaire. Cependant, deux semaines après le début de cette période, elles continuent de débattre des modalités mêmes du protocole d’accord qu’elles ont pourtant déjà signé, selon le média américain Axios.
Mercredi, Donald Trump a néanmoins minimisé le risque d’un retour à une guerre de grande ampleur avec l’Iran. Il a déclaré : « Je pense qu’ils ont parcouru un long chemin. »
Des sources américaines ont également indiqué à Axios que Donald Trump avait demandé, ces derniers jours, à examiner les différentes options militaires contre l’Iran, avant de décider finalement de laisser les négociations suivre leur cours.
