Le soutien suisse élargit la reconnaissance internationale de la marocanité du Sahara
La Confédération suisse considère l’initiative marocaine d’autonomie comme « la base la plus sérieuse, crédible et pragmatique » pour régler le différend régional autour du Sahara marocain.
La Suisse a réaffirmé vendredi son soutien à l’initiative d’autonomie proposée par le Maroc, la qualifiant de « base la plus sérieuse, crédible et pragmatique » pour résoudre le différend régional relatif au Sahara marocain, dans une démarche qui reflète l’élargissement du soutien international à cette proposition présentée par Rabat comme une solution définitive au conflit.
Cette position figure dans une déclaration conjointe publiée à l’issue des entretiens entre le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et le conseiller fédéral suisse, vice-président de la Confédération et chef du Département fédéral des affaires étrangères, Ignazio Cassis, lors d’une visite de travail du responsable marocain à Berne.
La Suisse a également souligné que l’autonomie sous souveraineté marocaine représente l’une des solutions les plus applicables, saluant la Conseil de sécurité des Nations unies résolution 2797, et réitérant son appui au rôle central des Nations unies ainsi qu’aux efforts de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara, Staffan de Mistura, afin de faire progresser le processus politique.
Cette position suisse s’inscrit dans une dynamique internationale croissante, portée depuis des années par Rabat, visant à renforcer l’adhésion à l’initiative d’autonomie en tant qu’option réaliste et opérationnelle pour mettre fin au conflit. Cela s’est traduit par les prises de position de plusieurs États influents qui considèrent désormais la proposition marocaine comme une base solide pour toute solution future.
La position suisse dépasse le cadre bilatéral, reflétant le succès de l’approche marocaine fondée sur le réalisme politique et la continuité diplomatique pour obtenir un soutien accru à l’initiative d’autonomie. Le Maroc, guidé par une vision royale claire, a privilégié une diplomatie discrète mais efficace, misant sur la confiance plutôt que sur le bruit, et sur les partenariats plutôt que sur des alignements circonstanciels.
Cette accumulation de positions internationales favorables à la marocanité du Sahara est le fruit d’années de travail diplomatique soutenu, qui a convaincu un nombre croissant d’États du sérieux de la proposition marocaine, tandis que la crédibilité de la thèse séparatiste promue par le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, s’est érodée.
Le Polisario apparaît aujourd’hui plus isolé que jamais, dans un contexte d’affaiblissement de ses soutiens extérieurs et de doutes croissants quant à son discours, notamment après des rapports liant certaines de ses activités à des réseaux de contrebande et à des groupes armés extrémistes dans la région du Sahel.
Les évolutions en cours indiquent qu’une part importante de la communauté internationale est désormais convaincue que la stabilité régionale passe par une solution réaliste fondée sur la souveraineté des États et l’unité de leurs territoires, faisant de l’initiative marocaine d’autonomie l’option la plus réaliste et applicable.
Alors que Rabat continue d’élargir son réseau de partenaires et de renforcer sa présence internationale, la dynamique tend vers l’ancrage de la solution marocaine, tandis que l’option séparatiste perd de son écho dans un monde davantage en quête de stabilité que de slogans.
Sur le plan bilatéral, le responsable suisse a souligné que le Maroc constitue un partenaire majeur pour son pays, tant sur la rive sud de la Méditerranée qu’en Afrique, une appréciation qui reflète l’évolution des relations et la confiance mutuelle croissante. Les deux parties ont également relevé des progrès concrets dans la mise en œuvre des objectifs de la déclaration conjointe signée en décembre 2021, réaffirmée lors de la visite de Cassis à Rabat en juin 2023.
Les domaines de coopération entre Rabat et Berne couvrent le commerce et l’investissement, le climat et les énergies renouvelables, la formation, la coopération judiciaire, ainsi que les assurances sociales. Un programme suisse de coopération économique au Maroc a par ailleurs été lancé au début de l’année 2025, renforçant le partenariat économique entre les deux pays.
Dans le cadre du renforcement des relations, les deux parties ont exprimé leur volonté de poursuivre l’intensification du dialogue politique et le développement du partenariat bilatéral, à l’approche du soixante-dixième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, remontant à 1956, date de l’indépendance du Maroc.
La visite de Bourita a également inclus des entretiens avec le ministre suisse de la Justice et de la Police, Beat Jans, centrés sur les perspectives de coopération en matière migratoire. Les deux parties ont salué le niveau de coordination existant, notamment après la mise en place d’un mécanisme de dialogue sur la migration en septembre 2023, visant à renforcer la concertation sur les différents aspects de ce dossier.
Lors d’une conférence de presse conjointe, il a été souligné que les relations maroco-suisses reposent sur la confiance mutuelle et un dialogue politique régulier, cette coopération ayant permis d’obtenir des résultats concrets dans plusieurs domaines, qu’ils soient économiques, consulaires ou liés à la gestion migratoire. Il a également été noté que la coopération économique entre les deux pays connaît une dynamique croissante, avec la présence de dizaines d’entreprises suisses opérant au Maroc, contribuant à la création d’emplois et au renforcement de la croissance économique.
