Des gradins pour les spectateurs : Israël prépare une installation destinée à l’exécution de prisonniers palestiniens
Le ministère israélien de la Sécurité nationale a annoncé le début de la construction d’une installation destinée aux exécutions par pendaison de prisonniers palestiniens, dans une mesure d’escalade qui fait craindre une nouvelle vague de tensions.
Selon l’annonce officielle du bureau du ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, considéré comme une figure d’extrême droite, et relayée par plusieurs médias israéliens, l’installation est située dans le centre d’Israël et comprend des gradins réservés aux familles israéliennes afin qu’elles puissent assister aux exécutions.
Depuis le chantier, Ben-Gvir a déclaré qu’après son entrée en fonction, il avait promis de « supprimer les privilèges au sein du service pénitentiaire », affirmant que cette mesure avait été « entièrement mise en œuvre ».
« J’avais promis de faire adopter une loi instaurant la peine de mort pour les terroristes, et cela a été fait. J’avais promis de créer une installation destinée à procéder aux exécutions, et sa construction est maintenant en cours », a-t-il déclaré, selon le Jerusalem Post.
En juin dernier, Ben-Gvir avait nommé six proches de victimes en tant qu’inspecteurs officiels chargés de superviser l’application de la loi.
Cette initiative a toutefois suscité de vives critiques, tant en Israël qu’à l’étranger. Des députés arabes de la Knesset, ainsi que des organisations de défense des droits humains, ont saisi la Cour suprême israélienne, estimant que la loi était inconstitutionnelle et qu’elle portait atteinte au droit à la vie, à la dignité, à l’égalité et à un procès équitable, tout en constituant une mesure discriminatoire visant les Palestiniens.
En mars dernier, la Knesset israélienne a adopté un projet de loi susceptible d’autoriser l’exécution de Palestiniens condamnés pour des faits qualifiés de « terrorisme » à la suite d’attaques.
À l’époque, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait estimé que l’application de la peine de mort par Israël à des personnes qualifiées de « terroristes », dans le cadre d’une législation conçue pour s’appliquer exclusivement aux Palestiniens, constituerait un « crime de guerre ».
Des mises en scène provocatrices
Âgé de 50 ans, Ben-Gvir a régulièrement recours à des démonstrations politiques spectaculaires. Il avait notamment brandi une bouteille de champagne au sein de la Knesset pour célébrer l’adoption d’une loi autorisant la peine de mort pour des Palestiniens.
Un gâteau préparé pour son anniversaire avait également été décoré d’une corde de pendaison, tandis qu’il a effectué plusieurs visites provocatrices auprès de détenus palestiniens.
Ben-Gvir dirige le parti Force juive. Il est devenu député à la Knesset en 2021, après de nombreuses années d’activisme au sein de la droite radicale.
Il réside dans la colonie de Kiryat Arba, l’une des colonies les plus radicales de la Cisjordanie occupée, dont il prône l’annexion à Israël.
Il réclame également que les Juifs bénéficient de droits supérieurs à ceux de la population palestinienne dans ces territoires.
Il appelle en outre au déplacement d’une partie des citoyens arabes d’Israël vers des pays voisins. Il n’hésite pas à se rendre dans les zones les plus tendues, ce qui conduit ses détracteurs à l’accuser d’attiser les tensions.
Les déclarations à caractère raciste et les positions controversées de Ben-Gvir se sont multipliées depuis son entrée au gouvernement, notamment après l’attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Après cette attaque, il a commencé à armer des civils, appelé au déplacement des habitants de Gaza et exprimé son souhait de rétablir des colonies israéliennes dans l’enclave.
Ben-Gvir s’oppose également à l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, dévastée par une guerre qui dure depuis deux ans.
