Le scénario d’élections anticipées… Le Royaume-Uni se prépare au pari de Burnham
Les spéculations se multiplient quant à la possibilité que le Premier ministre britannique Andy Burnham convoque des élections générales en mai prochain, alors qu’il cherche à obtenir un nouveau mandat populaire.
En convoquant des élections générales, Burnham pourrait tirer parti de sa forte popularité dans les sondages. Il dispose également d’un autre argument en faveur de cette option : il reste actuellement lié au programme du Parti travailliste présenté lors des élections de 2024, qui limite sa capacité à augmenter l’impôt sur le revenu, les cotisations d’assurance nationale et la taxe sur la valeur ajoutée, ce qui constitue un problème puisque la quasi-totalité de ses projets impliquent des dépenses se chiffrant en milliards.
Selon le quotidien britannique Daily Express, la fragmentation particulièrement importante des partis d’opposition pourrait constituer une motivation supplémentaire pour Burnham à convoquer des élections générales.
Par exemple, le Parti vert traverse une période de grande confusion, tandis que les électeurs savent que son dirigeant, Zack Polanski, n’est pas digne de confiance.
Malgré les difficultés auxquelles avait été confronté l’ancien Premier ministre Keir Starmer, celui-ci était parvenu à conduire le Parti travailliste aux élections de 2024, au cours desquelles le parti avait remporté une victoire écrasante avec un peu plus de 400 sièges.
Burnham n’a aucune chance de remporter un nombre aussi élevé de sièges. De nombreux députés travaillistes perdraient donc leur mandat et leur salaire et seraient contraints de chercher un emploi utile.
Selon le Daily Express, Burnham risque de perdre encore davantage de députés s’il attend jusqu’en 2029. Cependant, ces élus bénéficieraient au moins de deux années supplémentaires de salaires et de droits à la retraite, tout en réclamant à Westminster une hausse des impôts et des prestations sociales.
Burnham pourrait néanmoins se laisser tenter par cette option et se rappeler ce qui est arrivé à l’ancien Premier ministre travailliste Gordon Brown. Après avoir succédé à Tony Blair au poste de Premier ministre en 2007, Brown avait envisagé de convoquer des élections anticipées avant de renoncer au dernier moment. Cette décision fut suivie d’une crise financière, puis d’une lourde défaite du Parti travailliste en 2010.
Il serait logique pour Burnham de se présenter aux élections alors qu’il est encore au sommet de sa popularité. Toutefois, s’il ouvrait involontairement la voie à cinq années de gouvernement dirigé par le chef du parti Reform UK, Nigel Farage, la gauche ne lui pardonnerait jamais, selon le journal.
Gary Howes, expert du secteur bancaire, a averti que les discussions autour d’élections anticipées menaçaient l’économie britannique et la livre sterling. Il a également mis en garde contre le risque d’une aggravation des turbulences dans un pays qui a connu sept Premiers ministres en dix ans.
Howes a souligné que l’histoire montre que la livre sterling souffre lorsque le niveau d’incertitude politique augmente, les entreprises et les ménages ayant alors tendance à réduire leurs dépenses.
Le pari de Burnham pourrait ainsi annoncer un chaos politique, avec l’effondrement du système bipartite. Une coalition réunissant le Parti travailliste, les Libéraux-démocrates et les Verts constituerait le pire scénario, car elle pourrait provoquer un effondrement de l’économie, une chute de la livre sterling, une forte hausse des coûts d’emprunt et une véritable révolte sur le marché obligataire, selon le Daily Express.
