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L’Iran cible des navires et les États-Unis ne ripostent pas : pourquoi Trump garde-t-il son sang-froid ?


Malgré les attaques menées par Téhéran contre au moins 14 navires au cours du mois d’août, le président américain privilégie la pression économique afin d’éviter une confrontation de grande ampleur, se retrouvant ainsi face à un dilemme difficile entre le risque de basculer dans une guerre ouverte et celui de perdre sa capacité de dissuasion.

L’administration du président américain Donald Trump est confrontée à un dilemme croissant dans le détroit d’Ormuz, alors que l’Iran a intensifié ses attaques contre la navigation commerciale. Jusqu’à présent, Washington a choisi de ne pas riposter directement sur le plan militaire, privilégiant la pression économique et le blocus maritime.

Selon le Wall Street Journal, l’Iran a attaqué au moins 14 navires au cours du mois d’août, dans le cadre d’une escalade comprenant des tirs de missiles balistiques et des attaques contre des navires commerciaux. Parmi eux figurait un navire dont le moteur a été endommagé lors d’une attaque qui a coûté la vie à l’un des membres de son équipage.

Le journal estime que l’escalade iranienne met à l’épreuve, à un niveau sans précédent, la retenue affichée par l’administration Trump, qui n’a pas mené de frappe militaire directe en réponse aux dernières attaques, malgré les menaces précédemment formulées par le président américain de recourir à la force pour rouvrir le détroit.

À la place, Washington concentre ses efforts sur l’asphyxie économique de l’Iran et le blocus maritime, notamment en interceptant ou en perturbant des navires liés au commerce iranien, dans le but de contraindre Téhéran à reculer sans entrer dans un nouveau cycle de frappes réciproques.

Selon le Wall Street Journal, l’administration Trump considère que la pression économique pourrait être plus efficace qu’une riposte militaire. De plus, attaquer des cibles iraniennes en réponse à chaque incident maritime pourrait provoquer une confrontation plus vaste dont l’évolution serait difficile à contrôler.

Mais cette stratégie fait l’objet d’une pression croissante dans le Golfe.

Les attaques ne se limitent plus à des navires ayant des liens éloignés avec les pays de la région. Elles ont également visé des bâtiments associés à la compagnie pétrolière émiratie ADNOC, tandis que le trafic maritime à travers le détroit est tombé à des niveaux extrêmement faibles.

Selon des données citées par le journal, seuls 14 navires ont traversé le détroit au cours de l’une des dernières journées, contre plus de 130 navires par jour avant le déclenchement de la guerre. La majorité des navires ayant continué à emprunter le détroit ont par ailleurs choisi une route placée sous l’influence iranienne plutôt que celle soutenue par les États-Unis du côté omanais.

Cette évolution révèle le cœur du dilemme américain : Washington peut affirmer que le détroit est sous son contrôle, mais les compagnies maritimes prennent, sur le terrain, des décisions fondées sur des considérations différentes, préférant éviter les risques malgré la présence militaire américaine.

Les inquiétudes grandissent également dans les pays du Golfe, qui redoutent que l’absence de riposte américaine n’encourage Téhéran à élargir ses opérations.

Pour ces États, l’enjeu ne concerne pas uniquement la sécurité de la navigation internationale, mais également leur capacité à exporter leur pétrole et leur gaz et à maintenir ouvertes les routes commerciales.

Washington se retrouve ainsi face à une équation particulièrement délicate : une riposte militaire pourrait déclencher une confrontation directe avec l’Iran, tandis qu’une retenue excessive pourrait convaincre Téhéran qu’il peut poursuivre son escalade sans subir de coût militaire direct.

La poursuite des attaques affaiblit également, dans les faits, l’objectif officiellement affiché par les États-Unis de rouvrir le détroit. Plus le nombre de navires qui le traversent diminue, plus le coût de la crise augmente pour les marchés, les compagnies de transport et les pays exportateurs de pétrole.

Pour Trump, la question comporte également une dimension politique. Une riposte militaire pourrait entraîner les États-Unis dans une guerre plus vaste au Moyen-Orient, alors que l’administration cherche à imposer ses conditions à l’Iran par le biais de la pression économique. À l’inverse, l’absence de riposte pourrait être perçue comme un signe que les menaces américaines ne se traduisent pas toujours par un recours effectif à la force.

Les attaques contre ces quatorze navires sont ainsi devenues bien plus qu’une simple crise maritime. Elles constituent un test de la capacité de Trump à dissocier la pression exercée sur l’Iran de la volonté d’éviter une guerre avec ce pays, mais aussi un test de la confiance de ses alliés du Golfe dans la détermination des États-Unis à recourir à la force pour protéger leurs intérêts.

Alors que les attaques se poursuivent et que le trafic maritime diminue, la question la plus difficile pour Washington n’est donc plus de savoir s’il est capable de riposter, mais à quel moment l’absence de riposte deviendra plus coûteuse que la riposte elle-même.

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