Politique

Les Houthis ciblent Israël en soutien à l’Iran


Le groupe soutenu par Téhéran annonce l’interdiction de la navigation maritime des navires israéliens en mer Rouge.

Les Houthis ont annoncé avoir mené des attaques de missiles contre Israël dans une démarche de soutien à l’Iran et au Hezbollah libanais, dans un contexte de craintes croissantes d’une escalade régionale généralisée, malgré les efforts diplomatiques déployés récemment pour contenir les tensions et œuvrer à la conclusion d’un accord de paix entre Téhéran et Washington, ainsi qu’à l’ouverture de négociations entre Beyrouth et Tel-Aviv.

Le groupe yéménite a déclaré : « Les forces armées yéménites ont lancé une salve de missiles visant des objectifs sensibles de l’ennemi israélien dans la région de Jaffa occupée », en réponse à « l’agression sioniste » contre le Liban, l’Iran et la bande de Gaza.

Le mouvement soutenu par Téhéran a également annoncé l’interdiction totale de la navigation des navires israéliens en mer Rouge, déclarant dans un communiqué : « Nous annonçons une interdiction maritime complète et totale à l’encontre de l’ennemi israélien en mer Rouge et considérons que tous les mouvements de l’ennemi deviennent des cibles militaires pour nos forces armées à partir du moment de la publication de ce communiqué. »

De son côté, l’armée israélienne a annoncé lundi avoir intercepté un missile lancé depuis le Yémen en direction du centre du pays. Dans un communiqué, elle a indiqué : « Un tir de missile en provenance du Yémen a été détecté, entraînant le déclenchement des sirènes d’alerte dans la grande région de Tel-Aviv, dans de vastes zones du centre et du sud d’Israël ainsi que dans les colonies de Cisjordanie. » Dans un communiqué ultérieur, l’armée a précisé avoir intercepté le missile, sans fournir davantage de détails.

La chaîne israélienne Channel 12 a pour sa part rapporté que les autorités israéliennes avaient temporairement fermé l’espace aérien du pays après la détection du lancement du missile depuis le Yémen, avant d’annoncer plus tard la reprise des décollages depuis l’aéroport Ben Gourion, situé dans le centre du pays.

Malgré le discours offensif qui associe les Houthis à l’axe régional dirigé par Téhéran, le groupe avait largement évité, lors de la guerre américano-iranienne de février dernier, toute implication militaire directe ou toute frappe significative en soutien à l’Iran, se limitant essentiellement à des positions politiques et médiatiques favorables. Toutefois, il semble cette fois-ci prêt à s’impliquer davantage dans le conflit, ce qui expliquerait le lancement d’attaques contre l’État hébreu.

À l’inverse, certains observateurs estiment que les attaques actuelles visent principalement à renforcer la position des Houthis au sein de l’axe iranien et à afficher leur solidarité avec leurs alliés, davantage qu’à signaler une réelle volonté de s’engager dans une confrontation militaire de grande ampleur.

Ces développements interviennent quelques heures après l’annonce par l’armée israélienne, à l’aube de lundi, du bombardement par son aviation d’objectifs militaires situés dans l’ouest et le centre de l’Iran, à la suite d’une attaque de missiles menée par Téhéran contre le nord d’Israël dimanche soir.

L’armée israélienne a déclaré dans un communiqué que « l’armée de l’air, sous la direction du renseignement militaire, a mené des frappes contre des objectifs militaires dans l’ouest et le centre de l’Iran ».

Dimanche soir, l’Iran a lancé plusieurs salves de missiles vers le nord d’Israël pour protester contre un raid israélien ayant visé la banlieue sud de Beyrouth. Tel-Aviv a affirmé que cette opération ciblait un centre de commandement et de planification du Hezbollah.

À la suite de cette attaque contre la banlieue sud de Beyrouth, l’Iran a durci son discours. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que « les bases et les intérêts américains et israéliens dans la région constituent des cibles légitimes », estimant que les États-Unis avaient donné à Israël le feu vert pour poursuivre ses opérations militaires. Par ailleurs, des entités liées au Corps des gardiens de la révolution islamique ont menacé en affirmant que la frappe israélienne « ne resterait pas sans réponse ».

Dimanche, deux personnes ont été tuées et onze autres blessées selon un bilan préliminaire d’une frappe ayant visé la banlieue sud de Beyrouth.

Il s’agit de la troisième attaque contre cette zone depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril dernier, après deux attaques survenues les 6 et 28 mai. Cette opération a eu lieu quelques jours seulement après l’engagement du président américain Donald Trump selon lequel Beyrouth ne serait pas bombardée.

Lundi, le président américain a déclaré avoir eu un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, affirmant qu’Israël avait renoncé à cibler la capitale libanaise après les avertissements émis par l’armée concernant une éventuelle frappe.

Avant les deux bombardements israéliens menés contre la banlieue sud en mai dernier, Donald Trump avait déjà affirmé, le 17 avril, qu’Israël « ne bombarderait plus le Liban », à la suite de l’annonce d’un cessez-le-feu temporaire de dix jours entre Tel-Aviv et Beyrouth.

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