Moyen-Orient

Les Houthis élargissent le champ de l’espionnage contre les Yéménites : surveillance des patients


Les milices houthis soutenues par l’Iran étendent leur dispositif d’espionnage contre les Yéménites en imposant une surveillance étroite des patients et des personnes fréquentant les établissements de santé et les hôpitaux.

Des sources sécuritaires ont révélé que les services de renseignement des milices houthis ont mis en place un programme de surveillance et d’espionnage des hôpitaux et des établissements de santé dans les zones sous leur contrôle, leur permettant d’identifier toutes les personnes qui fréquentent les hôpitaux publics et privés ainsi que les centres médicaux.

Les sources indiquent que le mécanisme de surveillance mis en place par les Houthis n’a aucun lien avec l’amélioration des performances des établissements médicaux, mais vise plutôt à permettre aux milices d’obtenir une base de données sur les personnes fréquentant ces établissements, que ce soit dans les services d’urgence, les consultations externes, les blocs opératoires ou les unités de soins intensifs.

Les milices houthis cherchent ainsi à constituer une base de données à partir des établissements médicaux, à l’image de ce qu’elles ont déjà fait avec les établissements d’hébergement tels que les hôtels et les auberges populaires, selon les mêmes sources.

Un plan en deux phases

Les sources ont confirmé que les milices houthis ont, dans un premier temps, relié les établissements médicaux à une nouvelle unité sécuritaire créée au sein des administrations de sécurité, rattachée directement à l’appareil de sécurité et de renseignement, plaçant ainsi toutes les activités des établissements médicaux sous surveillance sécuritaire.

Selon ces sources, la deuxième phase du plan houthi consiste à relier toutes les cliniques et centres médicaux à cette unité sécuritaire nouvellement créée, en contraignant ces établissements à fournir des données quotidiennes détaillées sur les cas traités, y compris les interventions chirurgicales avant leur réalisation, et à signaler en temps réel les opérations d’urgence par l’intermédiaire du représentant de cette unité sécuritaire présent dans chaque hôpital.

Plus encore, les milices houthis cherchent, selon les sources, à restreindre les services médicaux fournis à la population en les soumettant à des autorisations sécuritaires, en utilisant les soins médicaux comme moyen de contrainte sécuritaire, en plus de la constitution d’une base de données sanitaire concernant une large partie de leurs opposants.

La militarisation du secteur de la santé

Des observateurs estiment que les données médicales figurent parmi les types d’informations les plus sensibles et les plus privées. À travers leur collecte, les milices visent à constituer une base de données comprenant les dossiers des patients, leur historique médical et l’accès à des informations personnelles précises sur leurs opposants dans les zones sous leur contrôle.

Ces informations peuvent également être exploitées à des fins d’espionnage, pour identifier les individus, suivre leurs déplacements à travers leurs rendez-vous médicaux ou le suivi de maladies chroniques, et éventuellement cibler des opposants ou des personnes soupçonnées en fonction de leur état de santé ou des lieux où ils reçoivent leurs soins, selon les sources.

La collecte de ces données par les milices houthis à des fins sécuritaires et d’espionnage constitue une violation flagrante des droits des patients à la confidentialité et au secret médical. Elle reflète également une tentative de politisation et de militarisation du secteur de la santé, transformant les établissements médicaux, qui devraient être des lieux de soins humanitaires, en outils au service de leurs agendas politiques et sécuritaires, selon les observateurs.

Auparavant, les Houthis avaient mis en place un système unifié reliant différentes bases de données relevant de secteurs vitaux, notamment les réseaux de télécommunications, les systèmes financiers, l’état civil, les systèmes de passeports et même les points de contrôle sécuritaires, dans le but d’espionner les citoyens.

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