Politique

Pezeshkian rencontrera-t-il Trump à New York ?


Un membre de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien affirme que Téhéran pourrait accepter une telle rencontre si le guide suprême, Mojtaba Khamenei, donnait son accord.

Les déclarations d’Ahmad Bakhshayesh Ardestani, membre de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, ont ouvert la voie à l’éventualité d’une rencontre à New York entre le président iranien Massoud Pezeshkian et son homologue américain Donald Trump.

Cette possibilité est évoquée alors que l’activité diplomatique s’intensifie en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, dans le but de trouver une issue à la guerre qui oppose toujours les deux pays.

Ardestani a déclaré mercredi qu’une rencontre restait possible. Il a notamment évoqué une précédente tentative, l’année dernière, lorsque Pezeshkian s’était présenté au rendez-vous prévu à New York avec le président américain, tandis que ce dernier n’y avait pas assisté.

Le député a souligné que de telles décisions ne relevaient pas uniquement du gouvernement iranien.

Il a précisé que le guide suprême Mojtaba Khamenei, qui ne se montre plus en public, détenait le dernier mot concernant toute décision d’accepter une rencontre directe avec Trump.

L’hypothèse d’un tel entretien intervient alors que les contacts indirects entre Téhéran et Washington s’intensifient à New York.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rencontré l’émissaire spécial américain Steve Witkoff en marge des réunions de l’Assemblée générale.

Des médias officiels iraniens ont rapporté que les discussions avaient porté sur les conditions posées par Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Washington a, de son côté, fait état de contacts prolongés entre les deux parties par l’intermédiaire de médiateurs.

La rencontre entre Araghchi et Witkoff pourrait constituer une étape préliminaire permettant d’évaluer la possibilité de passer de contacts indirects à un dialogue politique de plus haut niveau.

Ce processus pourrait aboutir à une rencontre entre Pezeshkian et Trump si les conditions nécessaires étaient réunies et si toutes les parties manifestaient la volonté d’y participer.

Plusieurs pays, dont le Qatar et le Pakistan, œuvrent à la relance du processus de négociation.

Doha a indiqué que sa médiation se poursuivait depuis plusieurs semaines afin de rapprocher les positions de Téhéran et de Washington et de créer les conditions nécessaires à la reprise des discussions.

Une rencontre directe entre les deux présidents, si elle était organisée, pourrait ouvrir un canal politique de haut niveau pour traiter les dossiers ayant empêché la reprise des négociations.

Elle pourrait également aider les médiateurs à réduire les divergences et à orienter les contacts vers un accord susceptible d’atténuer l’escalade et de préparer la fin de la guerre.

Un responsable iranien avait affirmé qu’une proposition destinée à mettre fin aux hostilités avait été transmise à Washington par l’intermédiaire de médiateurs la semaine dernière.

Téhéran a également assuré que sa délégation présente à New York disposait de l’autorité nécessaire pour poursuivre les démarches diplomatiques.

Le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux sujets de négociation.

L’Iran conditionne sa réouverture à une réduction de la pression militaire américaine et à la levée du blocus maritime.

Téhéran exige également la libération de ses avoirs gelés et la fin de la guerre sur les différents fronts avant de reprendre pleinement les négociations.

Les autorités iraniennes avaient déjà transmis ces demandes par l’intermédiaire de médiateurs qataris, dans le cadre d’efforts régionaux visant à éviter une nouvelle escalade.

Malgré l’ouverture de nouveaux canaux de communication, les positions des deux parties restent très éloignées concernant la forme et le contenu d’un éventuel règlement.

L’activité diplomatique à New York témoigne d’une tentative de profiter de la présence simultanée de hauts responsables iraniens et américains afin de transformer les échanges menés par l’intermédiaire de médiateurs en un dialogue politique plus direct.

Dans des déclarations distinctes, Ardestani a également suscité la controverse au sujet du programme nucléaire iranien.

Il s’est déclaré favorable à l’idée que l’Iran se dote de l’arme nucléaire et a critiqué les appels répétés à un retrait du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires avant que le pays ne dispose d’une capacité nucléaire.

Cette position illustre le degré d’opposition interne auquel pourrait se heurter tout processus de négociation en Iran.

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