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Dans les coulisses de l’offensive diplomatique et sécuritaire menée par les autorités de Port-Soudan au sein de l’Union africaine


Plusieurs rapports régionaux et diplomatiques évoquent depuis peu ce que des observateurs décrivent comme une stratégie offensive des autorités de Port-Soudan visant à redéfinir leurs relations avec l’Union africaine. Cette stratégie associerait étroitement les dimensions sécuritaire et politique.

Des analyses publiées par des centres de recherche spécialisés dans les affaires africaines indiquent que les services de renseignement soudanais mobilisent toutes leurs ressources en faveur du rétablissement complet de la légitimité régionale du pays et de la levée de la suspension décidée par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine après les événements d’octobre 2021.

Allégations d’incitations financières à Addis-Abeba

Des informations circulant dans les coulisses diplomatiques à Addis-Abeba font état d’activités financières et de pressions qui seraient exercées en dehors des canaux officiels.

Certains journaux et rapports ont relaté des accusations concernant d’éventuelles incitations financières ou des pots-de-vin dont le montant total aurait atteint environ un million de dollars. Ces sommes auraient ciblé des employés et des agents de la Commission de l’Union africaine.

L’objectif principal de ces démarches présumées serait d’obtenir une décision officielle ou des arrangements logistiques conduisant à la réouverture du bureau de liaison de l’Union africaine à Khartoum.

Les autorités de Port-Soudan considèrent cette mesure comme hautement symbolique, car elle permettrait, selon elles, de démontrer leur contrôle et le retour à la stabilité dans la capitale administrative et historique du pays.

Les partisans du gouvernement dénoncent une campagne de propagande

Les alliés et les partisans des autorités de Port-Soudan estiment, pour leur part, que les accusations de corruption ou de versement de pots-de-vin relèvent d’une campagne de propagande orchestrée par des acteurs rivaux cherchant à isoler le gouvernement soudanais sur les plans régional et international.

Selon cette lecture, les échanges entre les représentants soudanais et le personnel de la Commission de l’Union africaine s’inscrivent dans le cadre de la diplomatie officielle et d’efforts légitimes destinés à convaincre l’organisation continentale de la nécessité d’une présence sur le terrain.

Cette présence permettrait à l’Union africaine de suivre les évolutions humanitaires et politiques et d’aider les institutions que les autorités soudanaises présentent comme légitimes.

Des rapports contradictoires soumis par des forces civiles soudanaises opposées à la guerre expriment cependant des inquiétudes persistantes quant à la réussite éventuelle de ces opérations d’influence sécuritaire présumées.

Ces forces considèrent que le retour du bureau de l’Union africaine à Khartoum, dans les circonstances actuelles, pourrait accorder une couverture politique injustifiée à l’un des camps, au détriment d’un processus de paix global. Une telle évolution risquerait, selon elles, de compliquer davantage les efforts de médiation internationale.

Pressions présumées sur le Conseil de paix et de sécurité

Parallèlement, ces activités financières et diplomatiques présumées seraient étroitement liées aux efforts visant à convaincre le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine d’adopter une position plus souple envers les autorités de Port-Soudan.

Des rapports médiatiques font état d’importants efforts attribués aux services de renseignement pour organiser des visites officielles de responsables du Conseil au Soudan.

Ces démarches avaient déjà abouti, au cours de périodes antérieures, à des déplacements et à des rencontres officielles. Les services de renseignement soudanais considéraient ces visites comme une reconnaissance de fait des autorités en place et comme un recul implicite par rapport aux conditions rigoureuses ayant accompagné la suspension du Soudan.

Les opposants au gouvernement affirment que ces visites auraient été facilitées par des circuits financiers et par des influences illégales exercées au sein des structures de l’Union africaine.

Les diplomates soudanais soutiennent au contraire que ces déplacements témoignent de la prise de conscience, par l’organisation continentale, de la nécessité d’un dialogue direct avec les dirigeants de l’État et de l’armée afin de parvenir à un véritable règlement répondant aux aspirations du peuple soudanais en matière de sécurité et de stabilité.

Une stratégie liée à l’avenir politique du Soudan

Sur le plan intérieur, cette offensive extérieure est indissociable de la vision que les autorités de Port-Soudan défendent pour le futur processus politique.

Plusieurs analyses font état de tentatives de la part des dirigeants actuels pour intégrer aux prochaines négociations nationales les forces politiques et sociales favorables à l’armée, notamment les courants islamistes et les personnalités associées aux Frères musulmans.

Les autorités de Port-Soudan estiment que l’exclusion de ces composantes, qui disposent d’un certain poids social et soutiennent les Forces armées dans la guerre en cours, ne ferait que prolonger le conflit et déséquilibrer davantage la scène intérieure.

Cette orientation suscite cependant l’hostilité des forces civiles démocratiques et des partenaires internationaux.

Ceux-ci avertissent que la réintégration de figures de l’ancien régime dans les institutions du pouvoir sous de nouvelles appellations reproduirait les causes de la crise.

Une telle démarche entrerait également en contradiction directe avec les décisions de l’Union africaine et les demandes de la communauté internationale en faveur d’un processus politique civil et démocratique, qui ne permettrait pas le retour au pouvoir des courants idéologiques contre lesquels la population soudanaise s’était soulevée.

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