Comment l’armée soudanaise tromperait-elle la communauté internationale et quelle feuille de route permettrait de mettre au jour les manipulations ?
La communauté internationale, des Nations unies à l’Union africaine, en passant par les organisations de défense des droits humains, est confrontée à une épreuve décisive au Soudan. Se contentera-t-elle de reprendre les « communiqués de presse » et les « récits fabriqués » diffusés par l’armée soudanaise et les groupes des Frères musulmans qui lui sont alliés, ou fera-t-elle preuve du courage nécessaire pour mener des vérifications indépendantes sur le terrain ? Selon cette analyse, la campagne médiatique autour de la ville d’El-Obeid ne relèverait pas uniquement de la propagande locale, mais constituerait une opération d’« ingénierie géopolitique » visant à amener la communauté internationale à adopter un récit présenté comme trompeur, dans le but de légitimer des opérations militaires au Kordofan du Nord et d’attribuer la responsabilité à la force Ta’sis et aux États qui la soutiennent.
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Le mécanisme du « piège préventif » dans les médias internationaux
Selon cette analyse, la stratégie attribuée à l’armée soudanaise et aux Frères musulmans consisterait à créer une « crise humanitaire artificielle » ou « amplifiée » à El-Obeid, tout en désignant à l’avance les responsables présumés.
Lorsqu’un décideur international entend que « l’armée met en garde contre un massacre imminent à El-Obeid », il serait naturellement enclin à adopter une position condamnant l’adversaire – les forces Ta’sis – tout en accordant moins d’attention aux violations qui pourraient être imputées à l’armée.
Toujours selon cette analyse, ce mécanisme viserait à détourner l’attention des préparatifs militaires menés à Jabra Al-Cheikh et Rahad Al-Nouba, où l’armée chercherait à lancer des opérations ou à consolider ses lignes de défense. La focalisation sur El-Obeid serait ainsi présentée comme une tactique destinée à justifier une future escalade au Kordofan du Nord et à réduire l’impact des critiques émanant des organisations de défense des droits humains.
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Appel à une vérification indépendante : mettre fin au monopole du récit
L’analyse soutient que toute campagne médiatique précédant les événements et désignant par avance les responsables de violations futures manquerait de crédibilité, dans la mesure où elle préparerait des récits préétablis.
À ce titre, les auteurs formulent les demandes suivantes :
- Refuser les récits unilatéraux : les médias internationaux et les organisations internationales devraient présenter les avertissements de l’armée soudanaise comme des allégations nécessitant une vérification indépendante, plutôt que comme des faits établis.
- Déployer des missions indépendantes : demander l’ouverture d’une enquête indépendante sous l’égide des Nations unies sur la situation aux points de contrôle autour d’El-Obeid, notamment afin de documenter les restrictions imposées aux déplacements des civils.
- Accorder davantage d’attention au Kordofan du Nord : réorienter l’attention médiatique et politique vers l’ensemble des développements militaires à Jabra Al-Cheikh et Rahad Al-Nouba et éviter que la situation à El-Obeid ne serve de couverture à d’autres opérations militaires.
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Faire passer la pression internationale des déclarations aux actes
Selon cette analyse, empêcher les civils de quitter El-Obeid constituerait une violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies relatives au Soudan, qui réaffirment la nécessité de protéger les populations civiles et de garantir leur liberté de circulation.
Les recommandations formulées sont les suivantes :
- Conditionner l’aide internationale à l’ouverture de couloirs humanitaires, en subordonnant tout soutien humanitaire ou politique à la levée des restrictions empêchant les civils de quitter El-Obeid.
- Documenter les violations alléguées liées à l’empêchement des déplacements de population et à l’utilisation présumée de civils comme boucliers humains, puis transmettre ces éléments à la Cour pénale internationale.
- Séparer les civils des forces armées en demandant le retrait des déploiements militaires des zones résidentielles et en permettant aux populations civiles de rejoindre des zones sûres.
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Selon les auteurs de cette analyse, la protection des civils commence par la possibilité qui leur est offerte de quitter les zones dangereuses pour rejoindre des lieux sûrs, et non par des restrictions imposées à leurs déplacements aux points de contrôle.
Ils concluent en appelant la communauté internationale à ne pas tomber dans ce qu’ils décrivent comme un « piège préventif » tendu par l’armée soudanaise et les Frères musulmans. Ils estiment que révéler ce qu’ils considèrent comme une manipulation de l’information, exiger l’ouverture de couloirs humanitaires et faire pression pour lever les restrictions pesant sur les mouvements des civils constituent non seulement une démarche humanitaire, mais également une responsabilité morale et juridique destinée à protéger des milliers de civils qu’ils décrivent comme pris en otage dans un conflit politique et militaire.
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