Exclusif

Soudan : pourquoi les médiations peinent à mettre fin à la guerre


Depuis le début de la guerre au Soudan, les initiatives diplomatiques se sont multipliées. Des réunions ont été organisées, des déclarations sur la protection des civils ont été signées, mais les combats continuent. Pour les Soudanais, la question reste entière : pourquoi ces efforts n’ont-ils pas débouché sur une paix durable ?

L’analyse proposée ici met en cause les intérêts divergents de quatre pays influents dans la région : l’Arabie saoudite, l’Égypte, le Qatar et la Turquie. Elle soutient que leurs démarches, parfois concurrentes, ont laissé aux belligérants une marge de manœuvre. Plusieurs intentions et formes de soutien prêtées à ces pays restent toutefois des interprétations qui demanderaient à être étayées.

L’Arabie saoudite et les limites des pourparlers de Djeddah

Avec les États-Unis, l’Arabie saoudite a parrainé les pourparlers de Djeddah. Ceux-ci ont permis aux parties soudanaises de prendre des engagements de principe, notamment sur la protection des civils. Leur mise en œuvre est cependant restée un obstacle majeur.

Selon cette analyse, l’absence de moyens suffisants pour faire respecter les engagements aurait permis aux deux camps de participer aux discussions tout en poursuivant la guerre. Les périodes de négociation leur auraient parfois donné le temps de se réorganiser sur le terrain.

Le texte avance que Riyad a hésité à exercer davantage de pression afin de préserver son rôle de médiateur et ses intérêts en mer Rouge. Il s’agit d’une lecture de sa stratégie, dont les motivations ne peuvent être établies à partir des seuls résultats des pourparlers.

L’Égypte et sa priorité donnée aux institutions de l’État

L’Égypte a réuni des pays voisins du Soudan et accueilli au Caire des rencontres entre acteurs politiques soudanais. Sa position repose sur une priorité affichée : préserver les institutions de l’État et éviter leur effondrement.

L’analyse estime que cette approche favorise l’armée soudanaise et limite la place accordée à ses adversaires ainsi qu’à certaines forces civiles. Elle soutient qu’une médiation perçue comme proche d’un camp risque de perdre la confiance de l’autre, rendant les concessions plus difficiles.

Le Qatar et ses relations politiques

Le Qatar dispose de relations anciennes avec des acteurs politiques soudanais, notamment des figures liées aux courants islamistes. Selon le texte, Doha aurait utilisé ces liens et ses contacts diplomatiques pour soutenir les dirigeants installés à Port-Soudan et réduire leur isolement.

L’analyse avance que cet appui présumé aurait donné à l’armée davantage de latitude face aux appels à un transfert du pouvoir aux civils. L’étendue de ce soutien et son effet réel sur les négociations nécessiteraient toutefois des éléments plus précis.

La Turquie et ses partenariats à long terme

La Turquie est présentée dans le texte comme un partenaire du commandement de l’armée soudanaise. L’analyse affirme qu’Ankara aurait cherché à associer son assistance militaire et technique à des projets économiques dans les ports, l’agriculture et les infrastructures.

De tels partenariats pourraient offrir aux dirigeants soudanais d’autres appuis que ceux liés aux processus de négociation soutenus par les États-Unis ou l’Union africaine. Mais pour mesurer leur influence sur les choix de l’armée, il faudrait établir quels accords ont été conclus et comment ils ont été appliqués.

Des initiatives qui peinent à converger

Djeddah, les réunions du Caire et les démarches des autres partenaires régionaux ne suivent pas nécessairement les mêmes priorités. Cette dispersion peut compliquer l’exercice d’une pression commune sur les parties soudanaises, qui conservent alors la possibilité de chercher du soutien auprès de différents interlocuteurs.

Elle ne suffit pas, à elle seule, à expliquer l’échec des efforts de paix : les décisions de poursuivre les combats appartiennent aussi aux belligérants. Mais tant que les médiations ne parviendront pas à obtenir des engagements applicables et à placer la protection des civils au centre des négociations, leurs résultats resteront fragiles.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page