Al-Zaidi réorganise les priorités des dépenses publiques en annulant de grands projets
Les décisions ont inclus l’annulation du projet ferroviaire en raison de son coût élevé et de la charge qu’il représente pour le budget de l’État, ainsi que l’abandon du projet de modernisation de l’aéroport international de Bagdad.
Les décisions du Premier ministre irakien Ali Al-Zaidi d’annuler le projet ferroviaire et de suspendre le projet de développement de l’aéroport international de Bagdad ont suscité de nombreuses réactions, ainsi qu’un certain optimisme quant à l’émergence d’une nouvelle orientation gouvernementale visant à redéfinir les priorités des dépenses publiques face aux défis économiques et financiers auxquels le pays est confronté.
Le ministre des Communications, Mustafa Sanad, a révélé dimanche que le Premier ministre Ali Al-Zaidi et le ministre des Transports, Wahab Al-Hassani, avaient pris au cours des deux dernières semaines une série de décisions qu’il a qualifiées de « courageuses et audacieuses », estimant que ces mesures n’avaient pas bénéficié de la couverture médiatique qu’elles méritaient.
Dans une publication sur sa page officielle Facebook, il a indiqué que la décision la plus importante concernait l’annulation totale du projet de modernisation de l’aéroport international de Bagdad, qui avait été attribué à la société « CAP » en coordination avec la Société financière internationale (IFC). Il a précisé que cette décision était intervenue seulement une semaine après une autre décision gouvernementale visant à annuler le nouveau projet ferroviaire, considéré comme un projet « coûteux et lourdement contraignant » pour les finances publiques.
Cette décision a suscité de larges réactions. Le chercheur en sciences politiques Ghaleb Al-Daami a estimé qu’Al-Zaidi avait mis le doigt sur une question essentielle, écrivant sur son compte Facebook :
Sur le plan administratif, le ministre irakien a également expliqué que les décisions comprenaient une mesure décisive prise une semaine auparavant, consistant à suspendre de ses fonctions puis à mettre immédiatement à la retraite le directeur général de la Société irakienne des ports.
Le député a conclu sa publication en soulignant que ces trois décisions majeures avaient été prises en seulement deux semaines dans un objectif de réforme et de préservation des fonds publics, regrettant qu’elles n’aient pas reçu l’attention médiatique correspondant à leur importance.
Dans une autre publication sur Facebook, Sanad a expliqué que les décisions comprenaient l’annulation du projet ferroviaire en raison de « son coût élevé et de la pression qu’il exerce sur le budget de l’État », ainsi que l’abandon du projet de développement de l’aéroport international de Bagdad confié à une société en coordination avec la Société financière internationale.
Le facteur financier semble être au cœur de ces décisions. Les grands projets d’infrastructure nécessitent des investissements de plusieurs milliards de dollars ainsi qu’un financement à long terme susceptible d’exercer une pression supplémentaire sur le budget général. Étant donné que l’économie irakienne demeure largement dépendante des revenus pétroliers, le gouvernement reste prudent quant à l’engagement dans des projets de grande envergure qui pourraient devenir un fardeau financier en cas de fortes fluctuations des prix du pétrole et de baisse des recettes publiques, notamment à la suite de la guerre américaine contre l’Iran.
Cette démarche s’inscrit également dans les efforts visant à rationaliser les dépenses publiques et à orienter les ressources vers les secteurs les plus urgents, tels que l’électricité, les services de santé, l’éducation ainsi que les réseaux d’eau et d’assainissement. Le gouvernement fait face à une pression populaire croissante pour améliorer les services de base, ce qui pourrait l’inciter à privilégier les projets ayant un impact direct sur la vie des citoyens plutôt que des projets stratégiques à long terme.
Le ministre a ajouté que l’ensemble des mesures comprenait également la suspension de fonctions et la mise à la retraite du directeur général des ports, précisant que le ministre des Transports menait actuellement des efforts pour réunifier la gestion des aéroports et de la navigation aérienne, une proposition qui sera examinée officiellement lors des prochaines réunions du gouvernement.
Selon plusieurs observateurs, ces décisions devraient contribuer à alléger la pression sur le budget de l’État et à réduire les engagements financiers futurs, offrant ainsi au gouvernement une plus grande marge de manœuvre pour couvrir les dépenses de fonctionnement et financer d’autres projets de services publics. Elles pourraient également limiter les risques d’accumulation de la dette ou de recours à l’emprunt pour financer des projets à long terme.
En revanche, ces annulations pourraient avoir des conséquences négatives en retardant le développement des infrastructures de transport aérien et terrestre en Irak. Le projet ferroviaire était considéré comme un outil important pour renforcer les liaisons entre les provinces et dynamiser le commerce et le transport, tandis que la modernisation de l’aéroport international de Bagdad constituait un élément essentiel des efforts de modernisation des infrastructures et de renforcement de l’attractivité du pays pour les investissements et le tourisme.
Ces décisions reflètent ainsi un arbitrage difficile entre les exigences de stabilité financière d’une part et la nécessité de mettre en œuvre de grands projets stratégiques d’autre part. Leurs résultats finaux dépendront de la capacité du gouvernement à réinvestir les fonds économisés dans des projets plus urgents et à trouver un équilibre entre la gestion des ressources actuelles et les impératifs du développement à long terme.
