Politique

Depuis le cœur des bastions de Boko Haram : l’armée nigériane libère 360 otages dans l’État de Borno


L’armée nigériane a annoncé dimanche la libération de 360 otages détenus par des combattants du groupe terroriste Boko Haram, à l’issue d’une opération sécuritaire fondée sur des renseignements précis dans l’État de Borno.

Dans un communiqué relayé par Reuters, l’armée a indiqué que les forces de sécurité avaient mené une opération conjointe qui a contraint les membres de Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad — l’appellation officielle de la principale faction de Boko Haram — à abandonner leurs positions dans les profondeurs des montagnes de Mandara, au sud de l’État de Borno.

Selon le communiqué, les otages, parmi lesquels figuraient des femmes et des enfants, étaient retenus dans une cache située en zone montagneuse après avoir été enlevés à différentes communautés de la région à des périodes diverses.

Une opération fondée sur le renseignement

L’armée a précisé que l’opération de sauvetage avait été menée par une force opérationnelle conjointe comprenant des unités des forces spéciales, qui sont parvenues à atteindre les bastions des combattants et à libérer les captifs.

Toutefois, l’opération n’a pas été exempte de pertes humaines. L’armée a annoncé la mort de deux enfants parmi les otages en raison de l’épuisement et des conditions extrêmement difficiles subies pendant leur captivité.

Cette opération intervient alors que les autorités nigérianes poursuivent leurs efforts pour faire face aux multiples défis sécuritaires auxquels le pays est confronté, allant des conflits entre éleveurs et agriculteurs dans le centre du Nigeria aux activités des réseaux d’enlèvement, des organisations terroristes et des milices armées dans le nord du pays.

Confirmation officielle

Le responsable local Samaila Kaigama a déclaré à l’AFP qu’une autre opération avait permis d’assurer la libération de centaines de femmes et d’enfants enlevés dans le village de Ngoshi, situé près de la frontière camerounaise.

Le sénateur nigérian Mohammed Ali Ndume a également confirmé l’opération de libération dans des déclarations accordées à l’Agence France-Presse.

Le village de Ngoshi se trouve à moins de dix kilomètres de la frontière avec le Cameroun et a été à plusieurs reprises la cible d’attaques menées par des groupes extrémistes au cours des dernières années.

Une menace persistante

Depuis 2009, le nord-est du Nigeria est le théâtre de violences meurtrières perpétrées par le groupe terroriste Boko Haram ainsi que par l’organisation terroriste État islamique en Afrique de l’Ouest, causant la mort de dizaines de milliers de personnes et le déplacement de millions d’autres.

Les enlèvements collectifs contre rançon sont également devenus l’un des principaux moyens de financement des organisations terroristes et des groupes armés dans le pays, faisant de la sécurité l’une des questions majeures à l’approche de l’élection présidentielle prévue en janvier prochain.

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