Les provocations sanglantes des Houthis mettent le feu aux poudres avec les tribus
Les points de contrôle dans la province d’Al-Jawf deviennent régulièrement des foyers de tension, en raison de la multiplication des violations et des incidents visant des voyageurs et des membres de tribus par les Houthis.
De violents affrontements armés ont éclaté samedi soir entre des tribus de Dahm et la milice houthie dans le district de Bart Al-Anan, dans la province d’Al-Jawf, au nord du pays, après la mort de trois membres de la tribu Al-Jaïd et la blessure de plusieurs autres, touchés par des tirs d’hommes armés houthis stationnés à un point de contrôle dans la région d’Al-Mahir. Cet incident témoigne du mécontentement populaire, susceptible d’exploser à tout moment en raison des pratiques agressives des Houthis et de leur mépris pour la vie des Yéménites.
Selon des sources locales, l’incident a provoqué une vive colère parmi les tribus de Dahm, qui ont mobilisé des hommes armés pour attaquer des points de contrôle tenus par les Houthis dans la région. Ces attaques ont déclenché de violents affrontements, au cours desquels quatre membres du groupe ont été tués, sans qu’un bilan définitif et confirmé des pertes humaines soit encore disponible.
Les tribus de Dahm, dans la province d’Al-Jawf, avaient auparavant annoncé leur soutien à l’État et à ses forces armées afin de faire face à ceux qu’elles qualifient de « faction hors-la-loi où se sont regroupés les intérêts des meurtriers et des coupeurs de route sous la bannière de ce que l’on appelle le mouvement houthi ».
Dans un communiqué publié précédemment par la coalition élargie des membres des tribus de Dahm, celles-ci ont déclaré que la province avait subi de lourdes épreuves du fait des partisans des Houthis, dont les exactions se sont étendues à la plupart des districts à travers les meurtres, les raids, l’attisement des dissensions et l’entrave à la circulation des citoyens par l’installation de points de contrôle armés sur les routes publiques. Selon elles, ces pratiques ont placé la population face à des choix difficiles, dont le moindre mal serait de prendre les armes.
Le communiqué indique que cette situation a poussé les tribus de Dahm à unifier leurs rangs pour faire face à ces agressions aux côtés de l’État, sous la direction des responsables locaux, des chefs de district et des commandants des forces de sécurité.
Les sources ont indiqué que des membres de la milice houthie stationnés au point de contrôle d’Al-Mahir, dans la région d’Afay, ont ouvert le feu directement sur plusieurs membres de la tribu Al-Jaïd à la suite d’une altercation verbale. L’incident a entraîné la mort de Hamad Raqman, Hamad Musfar Shannan et Mubarak Abdullah Shannan, ainsi que la blessure de deux autres personnes, dont l’une se trouve dans un état critique. Les deux blessés auraient ensuite été détenus par la milice et transférés vers une destination inconnue.
Selon les mêmes sources, les membres de la tribu revenaient du rassemblement tribal organisé dans la région d’Al-Rayyan. Leur interception par les hommes du point de contrôle aurait rapidement dégénéré en altercation verbale, avant que ces derniers n’ouvrent directement le feu.
Les sources ont précisé que les tribus de Dahm avaient rapidement riposté en lançant une attaque armée contre le point de contrôle d’Al-Mahir. De violents affrontements s’en sont suivis, au terme desquels les tribus ont pris le contrôle du point de contrôle et quatre membres de la milice houthie ont été tués. Cette évolution illustre l’aggravation des tensions tribales et l’élargissement du front de confrontation avec la milice. Les sources ont ajouté que les combats se poursuivaient toujours, en l’absence de bilan définitif concernant l’ampleur des pertes humaines dans les deux camps.
Elles ont également affirmé que le point de contrôle d’Al-Mahir était devenu, ces derniers temps, un foyer récurrent de tension en raison de la multiplication des violations et des incidents visant des voyageurs et des membres des tribus par les Houthis, ce qui a considérablement accru le ressentiment populaire et tribal à l’égard de ces pratiques.
La multiplication des violations et des incidents visant des voyageurs et des membres des tribus par les Houthis a ainsi aggravé le mécontentement populaire et tribal face à ces pratiques.
Ces développements interviennent alors que les membres des tribus continuent de se rassembler sur le site tribal d’Al-Rayyan, à l’est de la province d’Al-Jawf, tandis que la milice est accusée de poursuivre ses politiques de répression et ses violations à l’encontre des populations tribales. Cette situation fait craindre une nouvelle escalade et une extension de la zone des affrontements.
Depuis plusieurs semaines, la province d’Al-Jawf, dont les Houthis contrôlent la majeure partie du territoire, connaît de fortes tensions entre les tribus et le mouvement houthi, avec un risque d’explosion à tout moment, alors que des tribus venues de différentes provinces yéménites continuent de se concentrer à l’est de la ville d’Al-Hazm, capitale provinciale.
Cette montée des tensions fait suite à l’appel au « nakaf tribal », une tradition tribale, lancé par le cheikh Hamad bin Fadgham, qui a fui les zones contrôlées par les Houthis après avoir été arrêté, lui et la prétendue fille de l’ancien président irakien Saddam Hussein, qui s’était réfugiée auprès de lui afin d’obtenir justice après que sa maison eut été prise de force à Sanaa par l’homme d’affaires proche des Houthis, Fares Manaa.
Samedi, des avions de combat ont également mené plusieurs frappes aériennes visant des positions et des renforts de combattants du mouvement houthi dans trois provinces yéménites : Marib, Al-Jawf et Taïz, respectivement au centre, au nord et au sud du pays.
