Golfe Persique

L’Arabie saoudite remet en service l’oléoduc Est-Ouest en vue d’une reprise des exportations depuis Yanbu


La remise en service progressive de l’oléoduc revêt une importance particulière après les avertissements lancés la semaine dernière par des sources du secteur pétrolier. Selon celles-ci, la prolongation de son arrêt aurait pu entraîner la disparition de l’équivalent de 4 % de l’offre mondiale de pétrole, tandis que les stocks disponibles dans les ports de la mer Rouge ne permettaient de maintenir les exportations que pendant cinq à sept jours environ.

L’Arabie saoudite a repris mardi les opérations sur l’oléoduc Est-Ouest, tandis que les exportations de pétrole brut depuis le port de Yanbu, sur la mer Rouge, pourraient redémarrer dans le courant de la journée. Cette mesure contribue à alléger la pression sur l’approvisionnement pétrolier mondial après une attaque de drones ayant interrompu le fonctionnement de l’oléoduc pendant une dizaine de jours.

Trois sources informées ont confirmé la reprise des opérations, précisant toutefois que le pompage s’effectuait pour l’instant à un débit réduit. Deux autres sources ont indiqué que les exportations de brut depuis Yanbu pourraient reprendre plus tard mardi. Saudi Aramco, qui exploite l’oléoduc, n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Des attaques de drones avaient conduit l’Arabie saoudite à fermer l’oléoduc Est-Ouest le 13 septembre, entraînant l’interruption des chargements de brut à Yanbu.

Longue d’environ 1 200 kilomètres, cette infrastructure constitue une artère stratégique permettant d’acheminer le pétrole depuis les champs et les ports de la province orientale jusqu’à la mer Rouge. Elle offre ainsi une voie d’exportation de substitution qui ne dépend pas du passage par le détroit d’Ormuz.

La rapidité de la remise en service revêt une importance particulière après les avertissements formulés la semaine dernière par des sources du secteur pétrolier. Une interruption prolongée de l’oléoduc aurait pu soustraire jusqu’à 4 % de l’offre pétrolière mondiale, alors que les réserves présentes dans les ports de la mer Rouge ne permettaient d’assurer que cinq à sept jours d’exportations environ.

La reprise du pompage à débit réduit indique toutefois que l’oléoduc n’a pas nécessairement retrouvé sa pleine capacité.

Reuters avait rapporté que les attaques avaient endommagé les infrastructures du réseau, rendant nécessaire un rétablissement progressif des flux habituels.

Les marchés ont rapidement réagi à cette annonce. Mardi, les cours du pétrole ont reculé de plus de 2 %. Le Brent a chuté de 2,6 %, à environ 97,76 dollars le baril, après avoir dépassé les 102 dollars plus tôt dans la séance. Le West Texas Intermediate a, quant à lui, perdu près de 3 %, repassant sous la barre des 90 dollars.

Les prix ont également subi des pressions en raison d’indices laissant entrevoir la possibilité d’accords concernant le détroit d’Ormuz, susceptibles d’atténuer les craintes liées à une perturbation de l’approvisionnement pétrolier mondial.

Face à l’interruption de la voie occidentale, l’Arabie saoudite s’est empressée, ces derniers jours, d’augmenter ses exportations depuis les ports du Golfe, une orientation qui accroît néanmoins la dépendance de ses expéditions pétrolières à l’égard du détroit d’Ormuz.

Selon des données relayées par Reuters, Aramco a chargé dimanche environ 14 millions de barils de pétrole brut à bord de sept superpétroliers dans le Golfe. Cette opération témoigne d’une utilisation accrue des ports orientaux saoudiens afin de compenser une partie des perturbations ayant affecté la route menant à la mer Rouge.

Des compagnies pétrolières du Golfe ont également eu recours à des transferts de cargaison de navire à navire au large des côtes omanaises, dans le but de maintenir l’accès des marchés au pétrole brut malgré les perturbations des voies maritimes.

Les données de Reuters montrent que ces transferts ont atteint environ 2,5 millions de barils par jour en septembre, contre 1,4 million de barils par jour en août. Ces opérations entraînent toutefois des coûts élevés, en raison de l’augmentation des frais de transport maritime et d’assurance.

Ces évolutions mettent en évidence la vulnérabilité des voies d’exportation pétrolières dans la région.

Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a fortement diminué. Selon des données relayées par Reuters, 17 navires transportant des marchandises ont franchi le détroit pendant le week-end, contre 37 la semaine précédente et environ 125 navires par jour avant le déclenchement de la guerre.

Aucun chargement de brut saoudien n’avait par ailleurs été enregistré à Yanbu depuis le 16 septembre, avant l’apparition, mardi, des premiers signes indiquant la remise en service de l’oléoduc.

Dans une évolution illustrant la dimension internationale croissante de la sécurité de ces installations, la France s’est déclarée prête à contribuer à la protection des infrastructures énergétiques saoudiennes, notamment les installations de Yanbu et les sites situés le long de l’oléoduc Est-Ouest.

Paris a souligné que cette assistance serait de nature exclusivement défensive et qu’elle n’impliquerait aucune participation aux combats contre les Houthis.

Cette initiative intervient alors que les milices houthies soutenues par l’Iran poursuivent leurs opérations militaires dans la région. Les perturbations affectant les voies maritimes de la mer Rouge et du Golfe suscitent parallèlement des inquiétudes quant à la capacité des producteurs de pétrole à acheminer leurs approvisionnements vers les marchés.

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