Ghalibaf : Si nous ne pouvons pas vendre notre pétrole, personne ne vendra le sien
Des responsables iraniens, parmi lesquels le président du Parlement, intensifient leurs menaces militaires et pétrolières contre les États-Unis. Ils brandissent la possibilité de perturber les exportations énergétiques régionales et d’élargir le théâtre de la guerre, tandis que des pourparlers indirects, conduits avec l’aide de médiateurs internationaux, se poursuivent afin de mettre fin au conflit. Washington maintient cependant sa politique de pression et rejette les conditions posées par Téhéran.
Les responsables iraniens ont durci mardi leur discours à l’égard des États-Unis. Hossein Mohebbi, porte-parole du Corps des gardiens de la révolution islamique, a menacé d’introduire de nouvelles armes dans le conflit si la nature de l’affrontement venait à évoluer. De son côté, le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que les pays de la région ne pourraient pas vendre leur pétrole si l’Iran était empêché d’exporter le sien. Ces déclarations interviennent alors que les tensions persistent autour du détroit d’Ormuz et des négociations entre Téhéran et Washington.
Lors d’une conférence de presse, le porte-parole des Gardiens de la révolution a qualifié le président américain Donald Trump de « grand menteur ».
« Le peuple américain doit connaître la vérité », a déclaré Mohebbi, selon des propos rapportés par Reuters. Il a ajouté que les États-Unis avaient échoué dans leur campagne militaire contre l’Iran et devaient quitter la région.
Le porte-parole a également affirmé que l’Iran avait préparé un message à l’intention des Américains afin de leur présenter sa propre version de la guerre et des derniers développements. Selon lui, cette initiative ne vise pas à influencer les élections américaines de mi-mandat prévues en novembre, mais à porter auprès de l’opinion publique ce que Téhéran considère comme « la vérité ».
Mohebbi a accusé Donald Trump de mentir au sujet du programme nucléaire iranien et d’autres dossiers. Il a de nouveau demandé aux États-Unis de reconnaître l’échec de leur campagne et de se retirer de la région.
Il avait précédemment averti que toute nouvelle attaque américaine entraînerait une modification des armes employées, des objectifs visés et de la « géographie de la guerre ». Il avait alors affirmé que les Gardiens de la révolution disposaient de nouvelles capacités et de cibles qu’ils n’avaient pas encore mobilisées.
Dans d’autres déclarations relayées par les médias iraniens, Mohebbi a assuré que Téhéran continuait à développer et à produire de nouveaux armements susceptibles d’être engagés si la nature de la confrontation venait à changer.
Quelques jours auparavant, il avait déclaré que l’Iran continuerait à « punir » les États-Unis jusqu’à ce que Washington accepte les sept conditions posées par Téhéran. Il avait également affirmé que les missiles iraniens étaient capables de franchir les systèmes américains de défense aérienne multicouches.
Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré que l’Iran ne céderait ni aux menaces ni à ce qu’il qualifie de blocus américain. Il a promis que toute agression susciterait une riposte « sévère, douloureuse, décisive et rapide ». Il a également décrit les déclarations de Donald Trump sur un supposé contrôle américain du détroit d’Ormuz comme des « illusions », invitant Washington à revoir sa politique à l’égard de Téhéran.
Ces déclarations interviennent alors que le détroit d’Ormuz constitue le principal point de désaccord entre l’Iran et les États-Unis, après que la guerre et les tensions militaires ont perturbé les échanges commerciaux et énergétiques dans la région.
Mohebbi avait précédemment affirmé que les Gardiens de la révolution contrôlaient la circulation maritime dans le détroit et qu’aucun navire ne pouvait y passer sans l’autorisation de l’Iran. Ces affirmations reflètent la position de Téhéran concernant la situation dans ce passage maritime stratégique.
Dans une nouvelle escalade verbale, Mohebbi a déclaré lundi que le détroit d’Ormuz n’était pas seulement fermé, mais qu’il constituait également, selon ses propres termes, une zone où les Gardiens de la révolution pouvaient « prendre pour cible » des sous-marins américains. Il a en outre affirmé que les forces iraniennes avaient saisi un véhicule sous-marin autonome américain de type Mk 18 Mod 2 Kingfish.
Les déclarations des responsables iraniens ont coïncidé avec la poursuite des efforts diplomatiques indirects destinés à mettre un terme à la guerre.
Selon Reuters, des responsables américains et iraniens ont participé, par l’intermédiaire de médiateurs, à des discussions distinctes destinées à trouver une formule susceptible de mettre fin au conflit. Téhéran aurait présenté une proposition prévoyant l’arrêt des hostilités, la levée des sanctions pétrolières, le déblocage des avoirs iraniens gelés et la réouverture des ports. En contrepartie, l’Iran rouvrirait le détroit d’Ormuz et reprendrait les négociations sur son programme nucléaire.
Le président américain a toutefois démenti mardi avoir proposé à l’Iran un allègement des sanctions ou la libération de fonds iraniens gelés en échange de concessions nucléaires. Il a affirmé n’avoir rien offert à Téhéran. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a pour sa part déclaré que son pays était disposé à dialoguer, mais qu’il refusait de négocier sous la pression.
