L’Iran brandit la menace d’un conflit prolongé avec de nouvelles armes
Un porte-parole du Corps des gardiens de la révolution islamique affirme que son pays est prêt à mener un conflit de longue durée, malgré les informations faisant état d’un échange de messages entre Washington et Téhéran par l’intermédiaire de médiateurs.
Le porte-parole du Corps des gardiens de la révolution islamique, Hossein Mohebbi, a déclaré lundi que l’Iran utiliserait de nouvelles armes et prendrait pour cible des sites jusqu’ici épargnés en cas de nouvelle attaque américaine contre son territoire, selon des propos rapportés par l’agence de presse Fars. Ces déclarations semblent notamment destinées à rassurer l’opinion publique intérieure sur les capacités militaires iraniennes, tout en accentuant la pression sur Washington dans la perspective d’éventuelles négociations.
Des informations avaient auparavant fait état d’un échange de messages entre Téhéran et Washington, comportant plusieurs conditions relatives à une reprise des négociations, sous la médiation du Qatar et du Pakistan.
« En cas de nouvelle agression, nous modifierons assurément la nature de nos armements ainsi que la géographie du conflit », a déclaré Mohebbi, ajoutant que Téhéran était prêt à mener une confrontation de longue durée. Ces propos interviennent malgré les informations évoquant des échanges entre Washington et Téhéran par l’intermédiaire de médiateurs.
Ces déclarations surviennent alors que Téhéran s’efforce de reconstituer une partie de ses capacités militaires affectées par d’importantes frappes américaines et israéliennes. Les efforts iraniens portent particulièrement sur les missiles balistiques, les drones, les systèmes radar, les défenses aériennes et les capacités de surveillance côtière.
Selon de récents rapports américains, l’Iran aurait déjà repris la production de missiles balistiques dans des installations souterraines, en utilisant des composants stockés avant la guerre. Cette démarche témoignerait d’une tentative de remettre en activité sa base industrielle militaire, malgré les dommages subis par ses infrastructures.
Des évaluations des services de renseignement américains avaient indiqué en mars que Washington avait pu confirmer la destruction d’environ un tiers de l’arsenal balistique iranien, tandis que le sort d’un autre tiers demeurait incertain. D’autres missiles pourraient avoir été endommagés ou dissimulés dans des installations souterraines. Des estimations ultérieures ont également suggéré que l’Iran conservait une part importante de ses stocks de missiles et de drones, bien que ces chiffres ne puissent être vérifiés de manière indépendante.
Le processus de reconstitution des capacités iraniennes ne se limite pas à la production nationale. Plusieurs rapports et analyses indiquent que Téhéran chercherait à tirer parti de ses relations militaires et technologiques avec la Chine et la Russie afin de compenser certaines pénuries d’équipements et de composants.
L’Institut pour l’étude de la guerre a ainsi fait état de l’acquisition par l’Iran d’équipements chinois de défense aérienne. De son côté, le Centre d’études stratégiques et internationales a estimé que les filières d’approvisionnement chinoises pourraient jouer un rôle croissant dans la reconstruction de la base industrielle militaire iranienne. D’autres informations évoquent un soutien russe comprenant des composants destinés aux drones, des munitions et des explosifs, ainsi qu’une coopération technologique pour la mise au point de missiles de croisière avancés.
La reconstitution des capacités iraniennes ne consiste donc pas uniquement à remplacer les armes détruites. Elle vise également à réorganiser l’appareil militaire afin de le rendre plus résistant aux frappes, notamment grâce au recours à des installations souterraines, à la dispersion des unités de production et au maintien de réseaux d’approvisionnement extérieurs. Selon le Washington Institute, Téhéran pourrait, au cours de la prochaine phase, accorder une importance encore plus grande aux missiles et aux drones, qui comptent parmi les principaux éléments de sa puissance militaire ayant conservé une capacité opérationnelle malgré les frappes.
Dans ce contexte, l’annonce de la possession de « nouvelles armes » semble s’inscrire dans une bataille parallèle à l’affrontement militaire. Alors que les tensions persistent, cette déclaration peut également être interprétée comme un message adressé à l’opinion publique iranienne, destiné à montrer que les frappes n’ont pas épuisé l’ensemble des options militaires dont dispose Téhéran.
Dans le même temps, ce message pourrait chercher à influencer les calculs de Washington et à accroître le coût anticipé de toute nouvelle confrontation. L’Iran disposerait ainsi de leviers supplémentaires en cas de retour à la table des négociations.
Ces déclarations interviennent alors que des contacts indirects se poursuivent entre Téhéran et Washington par l’intermédiaire de médiateurs, dans le cadre de tentatives visant à relancer le processus de négociation. Le responsable iranien de la sécurité nationale, Mohsen Rezaï, a récemment affirmé que Téhéran avait transmis ses conditions à Washington par l’intermédiaire de médiateurs qataris.
Des informations antérieures avaient également indiqué que le Qatar et le Pakistan œuvraient à la reprise des négociations entre les deux parties. La Chine les a, pour sa part, appelées à faire preuve de retenue et à renouer avec les consultations, illustrant ainsi la multiplicité des canaux de médiation cherchant à ramener Washington et Téhéran sur la voie diplomatique.
Les déclarations iraniennes concernant une modification de la nature des armements utilisés et du théâtre des affrontements interviennent ainsi à un moment où la reconstitution des capacités militaires se mêle aux messages de dissuasion et aux pressions politiques. La capacité réelle de Téhéran à retrouver l’intégralité de sa puissance militaire antérieure reste toutefois soumise à l’évaluation et à la surveillance des services de renseignement et des centres de recherche.
