La campagne anti-corruption d’Al-Zaïdi se rapproche de figures politiques de premier plan
Une réunion entre le Premier ministre et les dirigeants du Cadre de coordination porte sur la mise en place d’un mécanisme clair visant à lever la protection politique dont bénéficient les personnes impliquées dans des affaires ou soupçonnées de corruption.
Le Premier ministre irakien Ali Faleh Al-Zaïdi et les forces du Cadre de coordination devraient tenir une réunion afin d’examiner l’évolution de la campagne de lutte contre la corruption annoncée par le gouvernement, alors que les informations faisant état de la présence de personnalités politiques influentes parmi les personnes accusées dans des affaires de détournement de fonds publics se multiplient.
Le gouvernement affirme sa détermination à poursuivre l’ouverture des dossiers, tandis que des observateurs s’interrogent sur la capacité de cette campagne à surmonter les obstacles politiques et juridiques qui ont entravé des tentatives similaires au cours des dernières années.
L’agence locale Shafaq News, citant des sources bien informées, a rapporté que la réunion se concentrait sur la mise en place d’un mécanisme clair visant à « lever la protection politique des personnes impliquées dans des affaires ou soupçonnées de corruption, indépendamment de leurs fonctions, de leur statut politique ou de leur appartenance partisane ». Elle a précisé que « la réunion devait initialement se tenir ce soir, mais qu’il est probable qu’elle soit reportée après la visite du Premier ministre à Téhéran ».
Selon les mêmes sources, « la réunion examinera des dossiers concernant 12 personnalités politiques et partisanes de premier plan, faisant face à des soupçons et à des accusations d’enrichissement illicite et de dilapidation de fonds publics, afin de les transmettre officiellement à la justice ». Elles ont également souligné que « la précédente réunion du Cadre de coordination avait été marquée par des divergences de vues, notamment après la circulation d’informations faisant état de soupçons financiers concernant des dirigeants et des personnalités disposant d’un poids politique important sur la scène nationale ».
La campagne revêt une importance particulière puisqu’elle intervient à un moment où le gouvernement fait face à des pressions internes pour améliorer les services publics et s’attaquer à la crise économique, alors qu’une large partie de la population considère la corruption comme l’une des principales causes de la dégradation des performances des institutions de l’État et de l’épuisement des ressources financières.
L’un des principaux défis auxquels le gouvernement est confronté réside dans le fait que certains individus accusés dans des affaires de corruption appartiennent à des partis et à des forces politiques disposant d’une influence au sein du Parlement et des institutions de l’État. Cette situation pourrait exposer toute procédure judiciaire ou exécutive à des pressions politiques ou à des tentatives visant à en entraver la mise en œuvre.
Toutefois, les sources ont fait état de garanties internes, formulées en coulisses, quant à la nécessité de lever la protection politique de toute personne dont la culpabilité serait établie par des preuves irréfutables et de récupérer les fonds par tous les moyens légaux disponibles, notamment en activant les mandats d’arrêt internationaux par l’intermédiaire de l’Organisation internationale de police criminelle, Interpol.
Al-Zaïdi a insisté sur l’importance de prendre des mesures concrètes et effectives dans ce dossier et de dépasser le stade du simple soutien politique verbal. Les sources ont confirmé que la campagne de lutte contre la corruption comporterait des mesures strictes visant tous les niveaux de responsabilité, sans exception, conformément aux procédures engagées pour récupérer les fonds de l’État.
La législation irakienne n’accorde pas d’immunité absolue dans les affaires de corruption. Toutefois, l’influence des partis et les réseaux de relations politiques ont souvent constitué un écran protecteur empêchant l’achèvement des enquêtes ou l’exécution de mandats d’arrêt contre certains suspects.
Dans ce contexte, tout consensus politique visant à lever la protection accordée aux personnes recherchées pourrait constituer un facteur déterminant pour la réussite de la campagne. À l’inverse, l’absence d’un tel consensus pourrait contribuer à maintenir une situation d’impunité.
Le Cadre de coordination est conscient de la popularité dont bénéficie cette campagne, ainsi que du soutien américain apporté au Premier ministre Al-Zaïdi. Il adopte donc une position positive à son égard. Mardi, il a exprimé son soutien aux résultats de la récente visite du Premier ministre aux États-Unis, tout en affirmant qu’il n’offrirait aucune couverture politique à quiconque serait reconnu par les autorités judiciaires comme impliqué dans des affaires de corruption.
Le département des médias du Cadre de coordination a indiqué dans un communiqué que « le Cadre de coordination a tenu sa 284e réunion ordinaire au bureau du président de la Coalition de l’État de droit, Nouri Al-Maliki, en présence du Premier ministre Ali Al-Zaïdi et des dirigeants du Cadre de coordination. Les participants ont écouté une présentation détaillée du Premier ministre sur les résultats de sa récente visite officielle aux États-Unis, les rencontres qu’il a eues avec des responsables américains, ainsi que les ententes et accords issus de cette visite dans plusieurs secteurs servant les intérêts suprêmes de l’Irak ».
Le communiqué a ajouté que « le Cadre de coordination a exprimé son soutien aux résultats de la visite et son appui au gouvernement dans la mise en œuvre des accords et des ententes conclus, de manière à renforcer la position internationale de l’Irak, à préserver sa souveraineté et son indépendance décisionnelle nationale, à contribuer au développement de ses capacités économiques et sécuritaires, à attirer les investissements, à favoriser le développement durable et à créer des opportunités d’emploi pour les citoyens ».
Le département des médias a poursuivi : « Le Cadre de coordination a également examiné les mesures gouvernementales prises dans le domaine de la lutte contre la corruption, réaffirmant son soutien total au gouvernement, au pouvoir judiciaire et à la Commission d’intégrité dans la lutte contre la corruption, la protection des fonds publics, la récupération des sommes détournées et la poursuite des personnes impliquées conformément à la loi. Il a souligné que le Cadre n’offrirait aucune couverture politique à toute personne dont l’implication dans des affaires de corruption serait établie par les autorités judiciaires compétentes. »
Le Cadre de coordination a également insisté sur l’importance de respecter les procédures légales et judiciaires et d’inclure toutes les personnes impliquées, quelle que soit leur appartenance, afin de garantir l’intégrité de la campagne de lutte contre la corruption.
Le gouvernement irakien avait lancé, le 28 juin dernier, une campagne de lutte contre la corruption qu’il avait qualifiée de « première phase » visant à récupérer les fonds publics. Cette campagne avait notamment conduit à l’arrestation de responsables politiques, de députés et d’hommes d’affaires dans le cadre de l’opération baptisée « Assaut de l’aube ».
Des sources gouvernementales ont par la suite révélé que les procédures juridiques relatives à la deuxième phase avaient été achevées. Celle-ci cible des dossiers de corruption au sein des ministères de la Santé, du Pétrole et de l’Électricité. Elle prévoit également le suivi des fonds et des biens immobiliers situés en Irak et à l’étranger, ainsi que l’établissement de nouvelles listes de personnes accusées, parallèlement à la poursuite des enquêtes et à la mise en œuvre de mesures strictes visant à garantir leur confidentialité.
Le gouvernement a également indiqué qu’il étudiait un projet de loi intitulé « D’où tiens-tu cela ? », tandis que la Commission d’intégrité a confirmé que les mandats d’arrêt étaient exécutés sous la supervision du pouvoir judiciaire, dans le cadre des efforts visant à poursuivre les personnes impliquées et à récupérer les fonds publics.
