Politique

L’assassinat d’un imam sunnite par des hommes armés accentue les divisions en Iran


Des attaques menées par des hommes armés aggravent la crise que traverse le régime iranien, alors qu’une campagne de répression visant les minorités religieuses et ethniques se poursuit.

Les médias d’État iraniens ont rapporté, citant les autorités locales, que des hommes armés non identifiés avaient tué ce lundi le cheikh Mohammad Anwar Rigi, imam et prédicateur sunnite d’une mosquée de la ville frontalière de Mirjaveh, dans le sud-est de l’Iran, alors que le pays connaît un climat de divisions et de tensions alimenté par la reprise des attaques américaines.

L’Agence de la République islamique d’Iran (IRNA) a indiqué que le gouverneur de Mirjaveh avait condamné l’incident, le qualifiant d’« attaque terroriste ».

Les responsables ont précisé que l’enquête était en cours et ont appelé la population au calme, affirmant que cette attaque visait à déstabiliser la sécurité et à attiser les divisions confessionnelles dans la province du Sistan-et-Baloutchistan.

Cette province, l’une des plus pauvres d’Iran et peuplée d’une importante communauté sunnite issue de l’ethnie baloutche, est depuis longtemps le théâtre de violences récurrentes opposant des groupes armés islamistes ou ethniques aux forces de sécurité ou à d’autres acteurs favorables au gouvernement de Téhéran.

Les minorités religieuses et ethniques en Iran dénoncent régulièrement des discriminations et des restrictions portant sur leurs droits religieux, culturels et politiques. Des organisations de défense des droits humains estiment que ces communautés sont victimes de politiques de marginalisation systématique.

Les musulmans sunnites constituent l’une des principales minorités religieuses du pays. Ils sont principalement établis dans les provinces du Sistan-et-Baloutchistan, du Kurdistan, du Golestan et du Khouzistan. Des organisations de défense des droits humains accusent les autorités iraniennes d’exclure les sunnites des plus hautes fonctions de l’État. Aucun responsable sunnite n’a accédé aux fonctions de Guide suprême ni de président de la République, tandis que leur représentation au sein des institutions sécuritaires et politiques demeure très limitée.

Des groupes sunnites dénoncent également des restrictions concernant la construction de mosquées et de lieux de culte, notamment dans les grandes villes comme Téhéran. Ils font aussi état de poursuites visant des religieux sunnites et des militants. Des rapports sur les droits humains signalent en outre une augmentation du nombre d’exécutions et de lourdes condamnations visant des membres de la communauté sunnite, en particulier parmi les Baloutches et les Kurdes, dans des affaires généralement liées à des accusations relevant de la sécurité nationale.

Les violations signalées concernent également les minorités ethniques, notamment les Kurdes, principalement installés dans l’ouest du pays. Des militants kurdes ont été arrêtés en raison de leurs activités politiques ou culturelles, tandis que les autorités ont accusé certains d’entre eux d’entretenir des liens avec des groupes séparatistes. Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, les forces de sécurité ont eu recours à la force contre des manifestants kurdes et ont également pris pour cible des travailleurs assurant le transport de marchandises à travers les frontières.

Les régions kurdes figuraient parmi les principaux foyers de contestation lors de la vague de manifestations de 2022, marquée par des affrontements, des arrestations et des pertes humaines.

Parallèlement, des groupes djihadistes ainsi que des organisations armées kurdes mènent des attaques contre des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique.

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