Politique

Un veto russe empêche une condamnation onusienne de l’Iran.


Moscou refuse de soutenir un projet de résolution des Nations unies présenté par Bahreïn et les États-Unis visant à protéger la navigation maritime dans le détroit d’Hormuz et appelant Téhéran à cesser ses attaques.

Un veto russe a empêché vendredi le Conseil de sécurité des Nations unies d’adopter un projet de résolution soumis par Bahreïn et soutenu par les États-Unis, sans condamnation onusienne de l’Iran, ce qui indique le soutien diplomatique que Moscou apporte à Téhéran.

La Mission permanente de la Russie auprès des Nations unies a annoncé son objection à la formulation proposée au sein du Conseil de sécurité, estimant que le texte ignore les causes fondamentales de la crise actuelle dans le Golfe. Dans un communiqué officiel, la mission a déclaré : « Notre pays ne soutient pas les tentatives dangereuses de remplir le document de formulations déséquilibrées et de revendications unilatérales dirigées contre Téhéran, tout en ignorant totalement la cause profonde de la crise, à savoir l’aventure militaire américano-israélienne contre l’Iran ».

La position russe reflète l’attachement de Moscou à une ligne politique et diplomatique qui offre une couverture à l’Iran au sein des institutions internationales, en particulier dans les dossiers liés à la récente confrontation dans le Golfe et le détroit d’Hormuz, où les pays occidentaux cherchent à accroître la pression sur Téhéran en raison des attaques répétées visant la navigation internationale.

Au cours des dernières années, la Russie et l’Iran ont développé un partenariat politique et militaire croissant, renforcé davantage après la guerre en Ukraine, des pays occidentaux ayant accusé Téhéran de fournir un soutien militaire et technique à Moscou. En contrepartie, Téhéran considère les positions russes au sein du Conseil de sécurité comme une ligne de défense diplomatique importante face aux pressions américaines et occidentales.

Bien que Moscou ait évité une implication militaire directe aux côtés de l’Iran lors de la récente escalade, par crainte d’élargir la confrontation avec les États-Unis, elle a poursuivi l’utilisation de ses instruments politiques au sein des Nations unies pour empêcher l’adoption de positions internationales plus strictes à l’égard de Téhéran.

La mission russe a également souligné la nécessité de préserver la voie de négociation existante concernant la crise, affirmant que toute escalade politique ou militaire pourrait compromettre les chances de parvenir à un règlement. Elle a déclaré dans son communiqué : « Il est important de protéger la voie diplomatique contre toute provocation, y compris les discours hostiles et les actes violents, susceptibles de saper un processus de négociation intrinsèquement fragile, d’autant plus que le président américain Donald Trump parle de mettre fin au conflit ».

Moscou a également confirmé qu’elle restait attachée au projet de résolution qu’elle avait précédemment présenté avec la Chine au Conseil de sécurité en avril dernier concernant le Moyen-Orient, considérant que cette proposition constitue toujours une base appropriée pour traiter l’escalade régionale. La mission russe a déclaré : « Le texte de notre projet de résolution est toujours sur la table ».

De leur côté, Bahreïn et les États-Unis s’efforcent de mobiliser un soutien international en faveur d’un nouveau projet de résolution axé sur la sécurité de la navigation dans le détroit d’Hormuz et appelant l’Iran à cesser les attaques et les menaces contre les navires commerciaux et les pétroliers.

Le représentant bahreïnien auprès des Nations unies, Jamal Al-Ruwayi, a confirmé que le projet bénéficie d’un large soutien du Golfe, incluant l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït, soulignant que la sécurité du détroit ne concerne pas seulement la stabilité du Golfe, mais s’étend à l’ensemble de l’économie mondiale.

Le projet proposé comprend des appels à cesser de cibler la navigation, à empêcher la pose de mines marines et l’imposition de frais illégaux, ainsi qu’à soutenir les efforts des Nations unies pour établir un couloir humanitaire garantissant la liberté de passage conformément aux règles du droit international.

Des diplomates estiment que la réserve russe pourrait compliquer les chances d’adoption du texte dans sa forme actuelle, compte tenu de la persistance des divisions au sein du Conseil de sécurité sur la manière de traiter la question iranienne, entre une orientation occidentale visant à renforcer les pressions et une position russo-chinoise refusant de faire porter à Téhéran l’entière responsabilité de la crise croissante dans le Golfe.

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