Golfe Persique

Les forces irakiennes mènent des raids dans la Zone verte dans le cadre d’une vaste campagne de lutte contre la corruption


Al-Zaidi met en œuvre ses engagements en matière de lutte contre la corruption à travers une série de nouvelles mesures, notamment le renforcement des prérogatives des organes de contrôle et des autorités judiciaires, ainsi que l’exécution de mandats d’arrêt visant des personnalités influentes.

Les autorités irakiennes ont commencé, dimanche, à exécuter des mandats d’arrêt émis par la justice contre des responsables politiques et gouvernementaux, des députés, des responsables des services de sécurité ainsi que des hommes d’affaires présents dans la Zone verte, dans le cadre d’affaires liées à la corruption et à l’abus de pouvoir. Cette opération traduit les engagements du Premier ministre Ali Al-Zaidi en faveur de la protection des fonds publics et de la lutte contre toutes les formes de corruption.

Selon des sources sécuritaires, une force conjointe regroupant le Service de lutte contre le terrorisme, l’armée irakienne ainsi que plusieurs services spécialisés dans les affaires d’intégrité a procédé, dimanche matin, à la fermeture de tous les accès à la Zone verte hautement sécurisée, qui abrite le Parlement, plusieurs institutions gouvernementales et des missions diplomatiques. Cette mesure a coïncidé avec une vaste campagne de perquisitions et de descentes visant les domiciles de députés, de responsables politiques et d’hommes d’affaires. La seule exception autorisant la sortie de cette zone gouvernementale concerne les détenteurs de cartes d’examen, tandis que toutes les autres personnes quittant le secteur étaient soumises à des contrôles de sécurité particulièrement stricts.

Des images des perquisitions, accompagnées d’un important déploiement des forces de sécurité dans la Zone verte, ont largement circulé sur les réseaux sociaux.

Les mêmes sources ont ajouté que les forces spéciales avaient arrêté, à l’aube de dimanche, plus de huit personnes, parmi lesquelles plusieurs membres du Parlement, en application de mandats judiciaires relatifs à des affaires de corruption financière et administrative. Elles ont également indiqué qu’une unité du Service de lutte contre le terrorisme s’était déployée dans le quartier d’Al-Shaab, au nord de Bagdad, afin d’exécuter d’autres mandats d’arrêt similaires.

Selon ces sources, la campagne d’arrestations ne s’est pas limitée à la Zone verte et au quartier d’Al-Shaab, mais s’est également étendue à plusieurs autres secteurs, notamment Al-Yarmouk, Zayouna et Al-Mansour.

Ces mesures exceptionnelles, sans précédent, interviennent alors que circulent des informations faisant état d’une vaste liste de poursuites judiciaires visant de hauts responsables, des membres de leurs services de protection ainsi que des hommes d’affaires, accusés d’enrichissement illicite et de détournement de fonds publics. Elles s’inscrivent dans le cadre des engagements pris par Ali Al-Zaidi dès son entrée en fonction, lorsqu’il avait affirmé que la lutte contre la corruption constituerait « le premier combat de l’État » et que la récupération des fonds publics ainsi que la poursuite des personnes impliquées étaient indispensables pour restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions publiques.

Le gouvernement d’Al-Zaidi a adopté plusieurs nouvelles mesures, notamment le renforcement des compétences des organes de contrôle et des autorités judiciaires, l’activation des mandats d’arrêt contre des personnalités influentes, la réouverture de dossiers de corruption gelés depuis plusieurs années ainsi qu’un contrôle plus rigoureux des contrats publics et des grands projets d’investissement.

Le gouvernement cherche également à renforcer la coopération entre les institutions de sécurité, les organismes de contrôle et les autorités judiciaires afin de poursuivre les réseaux de corruption opérant au sein de plusieurs institutions et de récupérer les fonds transférés illicitement à l’étranger.

La semaine dernière, le Conseil supérieur de la magistrature a annoncé de nouveaux développements dans l’affaire concernant Adnan Al-Jumaili, vice-ministre du Pétrole, placé en détention dans le cadre d’enquêtes pour corruption. L’institution a également publié de nouvelles images montrant la saisie de sommes considérables dépassant les 100 milliards de dinars irakiens.

Le Conseil supérieur de la magistrature a cité le juge d’instruction du Tribunal central de lutte contre la corruption, selon lequel l’enquête concernant « le vice-ministre du Pétrole chargé du raffinage, Adnan Al-Jumaili, actuellement détenu », a conduit à l’arrestation de l’ancien gouverneur de Salah ad-Din ainsi que de l’actuel directeur des services de santé de cette province, Raed Al-Jubouri, à la suite des déclarations faites par Al-Jumaili lors de son interrogatoire.

Le magistrat a ajouté que la poursuite des investigations et le suivi minutieux des avoirs financiers provenant des détournements liés aux projets exécutés par les personnes mises en cause avaient permis de découvrir plus de 67 milliards de dinars irakiens ainsi qu’un million de dollars américains en espèces, dissimulés dans plusieurs habitations et enterrés à une profondeur de quatre mètres.

Il a précisé que ces sommes avaient été retrouvées grâce à des engins spécialisés de terrassement, portant le montant total des fonds saisis dans cette affaire à plus de 98 milliards de dinars irakiens et 11 millions de dollars américains.

Les mesures judiciaires prises dans cette affaire ont également conduit à la saisie et au gel de 70 biens immobiliers, de 21 véhicules récents ainsi que de bijoux en or représentant environ trois kilogrammes.

La campagne actuelle constitue une tentative de restaurer la confiance de la population irakienne, qui a connu ces dernières années d’importantes vagues de manifestations contre la corruption, la dégradation des services publics et le chômage. De nombreux Irakiens espèrent que ces nouvelles mesures permettront d’instaurer un véritable principe de responsabilité, indépendamment de toute considération politique ou de toute application sélective de la loi.

Selon plusieurs analystes, le succès de cette campagne ne sera pas évalué uniquement au nombre de mandats d’arrêt exécutés, mais surtout à la capacité du gouvernement à faire aboutir les dossiers devant les tribunaux jusqu’à des jugements définitifs, à récupérer les fonds détournés et à empêcher la reconstitution des réseaux de corruption au sein des institutions de l’État.

Malgré l’ampleur de cette campagne, le gouvernement d’Al-Zaidi reste confronté à d’importants défis, notamment la résistance des centres de pouvoir politiques et économiques, le risque d’instrumentalisation de certains dossiers de corruption dans le cadre des rivalités politiques, ainsi que la nécessité de mener de profondes réformes institutionnelles et législatives garantissant la pérennité des efforts de lutte contre la corruption.

Si le gouvernement parvient à poursuivre cette campagne sans sélectivité ni pressions politiques, cette période pourrait constituer un tournant majeur dans la lutte contre la corruption en Irak et ouvrir la voie à des réformes plus larges visant à reconstruire les institutions de l’État et à renforcer la confiance des citoyens envers celles-ci.

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