Iyad Ag Ghali : le Mali met 3 millions d’euros sur la tête du chef d’Al-Qaïda au Sahel
Les autorités maliennes ont fixé une récompense de 3 millions d’euros pour la capture d’Iyad Ag Ghali, considéré comme l’homme le plus recherché et le plus dangereux de la région du Sahel.
Dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme, Bamako a annoncé d’importantes récompenses financières en échange d’informations permettant l’arrestation ou la neutralisation des principaux dirigeants des groupes armés opérant dans la région sahélienne, au premier rang desquels figure Iyad Ag Ghali.
Escalade sécuritaire et ciblage des dirigeants
Le gouvernement malien a offert une récompense de 2 milliards de francs CFA (environ 3 millions d’euros) à toute personne fournissant des informations « fiables et exploitables » susceptibles de contribuer à l’arrestation ou à la neutralisation d’Iyad Ag Ghali, chef du « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans » (GSIM), affilié à Al-Qaïda au Sahel, selon le magazine français « Jeune Afrique ».
Ancien rebelle touareg et ancien diplomate malien, Ag Ghali est considéré comme l’un des chefs terroristes les plus dangereux de la région depuis la création du groupe en 2017. Il dirige de vastes opérations armées contre l’État malien et ses alliés.
Plusieurs acteurs internationaux le considèrent comme l’un des individus les plus recherchés du Sahel. Il fait l’objet de sanctions des Nations unies, figure sur les listes américaines des organisations et individus terroristes, et est également visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
D’autres récompenses visant des dirigeants influents
L’annonce gouvernementale ne s’est pas limitée à Ag Ghali. Elle concerne également six autres responsables, parmi lesquels Amadou Koufa, l’un des principaux dirigeants du même groupe, pour lequel une récompense d’environ 2,2 millions d’euros a été promise.
La liste inclut également deux dirigeants du Front de libération de l’Azawad, à savoir Alghabass Ag Intalla et Bilal Ag Cherif, dans une démarche qui reflète l’élargissement du conflit opposant l’État malien à ces organisations armées.
Déclaration officielle et avertissement clair
Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a indiqué qu’il « accorde des récompenses financières à toute personne fournissant des informations précises et pertinentes permettant l’arrestation ou la neutralisation des individus mentionnés ».
Le communiqué précise que ces personnes sont « activement recherchées par les services compétents pour leur implication présumée dans la planification, l’organisation et l’exécution d’actes terroristes visant la sécurité des citoyens et leurs biens sur le territoire malien ».
Cette initiative intervient après ce qui a été qualifié de « samedi noir », survenu le 25 avril, lorsque des groupes terroristes alliés aux rebelles de l’Azawad ont mené des attaques coordonnées contre des sites stratégiques relevant des autorités militaires au pouvoir à Bamako ainsi que dans d’autres régions du pays.
Ces attaques ont entraîné de lourdes pertes, notamment la mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, âgé de 47 ans et considéré comme l’un des piliers du pouvoir militaire, lors d’un attentat-suicide qui a profondément secoué le pays.
Une crise sécuritaire qui s’aggrave
Ces développements illustrent l’ampleur des défis sécuritaires auxquels le Mali est confronté dans un contexte marqué par l’intensification des activités des groupes terroristes et l’extension des violences.
Cette situation place les autorités maliennes devant un défi majeur : rétablir le contrôle de l’État et assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire national.
