L’Iran sous la pression des sanctions et de la guerre : Pezeshkian reconnaît des difficultés
Le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu l’existence de « plusieurs difficultés » auxquelles est confrontée la société iranienne, alors que les États-Unis se préparent à durcir leurs sanctions contre Téhéran.
Cette déclaration intervient alors que l’Iran a annoncé que le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, se rendrait à Téhéran lundi afin de discuter des efforts de paix ainsi que des développements liés à la guerre et aux sanctions américaines.
Dans un discours diffusé par la télévision d’État, Pezeshkian a déclaré que les autorités iraniennes « font tout leur possible pour empêcher une aggravation de la situation », ajoutant : « Nous sommes confrontés à une guerre globale sur les plans économique, militaire et sécuritaire. »
Inflation, chômage et difficultés du coût de la vie
Le président iranien a indiqué que son pays faisait face à d’importantes pressions économiques, notamment l’inflation, les difficultés liées au coût de la vie et le chômage, affirmant que son gouvernement s’efforçait de surmonter ces défis.
« Nous nous efforçons de surmonter l’inflation, les difficultés du coût de la vie et le chômage, et d’assurer l’avenir du peuple afin qu’il puisse vivre dans la dignité et l’honneur », a-t-il déclaré.
Ses propos interviennent après que les États-Unis ont menacé de renforcer leurs sanctions économiques contre l’Iran, une mesure que Washington présente comme visant à accroître la pression sur le régime iranien.
Téhéran se prépare à de nouvelles sanctions américaines
Des sources iraniennes ont indiqué que la visite du chef de l’armée pakistanaise à Téhéran coïnciderait avec l’annonce des détails des nouvelles sanctions américaines envisagées contre l’Iran.
Le président américain Donald Trump avait auparavant menacé d’imposer des sanctions plus sévères à Téhéran, avertissant que l’économie de tout pays apportant « toute forme d’aide à l’Iran » pourrait également subir des conséquences, dans le cadre des efforts de Washington visant à renforcer l’isolement de la République islamique.
Téhéran fait déjà face à de fortes pressions économiques en raison des sanctions, auxquelles s’ajoutent les tensions et les menaces pesant sur la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Le chef de l’armée pakistanaise à Téhéran
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a annoncé que le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, se rendrait à Téhéran lundi, dans le cadre des efforts visant à instaurer la paix et la sécurité dans la région.
Deux sources gouvernementales pakistanaises ont confirmé cette visite, indiquant que l’Iran et le Pakistan maintenaient des contacts directs.
Selon l’une de ces sources, les discussions porteront sur la question de la paix dans le cadre du protocole d’accord négocié avec la médiation d’Islamabad, ainsi que sur les menaces de Donald Trump, les derniers développements du conflit et la situation découlant de l’accord entre le Pakistan, la Turquie et l’Arabie saoudite, en plus du dossier des Houthis.
Une médiation pakistanaise entre Washington et Téhéran
Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans les négociations entre l’Iran et les États-Unis afin de mettre fin à la guerre qui a commencé par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran en février.
La visite d’Asim Munir intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Téhéran et Washington, marqué par les menaces américaines de nouvelles sanctions et par la possibilité d’une riposte iranienne.
Manifestations et crise économique
La pression économique s’est accompagnée de mouvements de protestation qui ont secoué l’Iran ces dernières années, principalement en raison de la dégradation de la situation économique, de l’inflation et de l’érosion du pouvoir d’achat.
Des manifestations qui avaient débuté à la fin du mois de décembre se sont transformées en un vaste mouvement de protestation contre les dirigeants iraniens. Les autorités ont annoncé la mort de plus de 3 000 personnes et attribué les violences à ce qu’elles ont qualifié d’« actes terroristes », accusant les États-Unis et Israël d’en être à l’origine.
En revanche, des organisations non gouvernementales opérant depuis l’extérieur de l’Iran ont fait état de plusieurs milliers de morts à la suite de la répression exercée par les autorités contre les manifestations.
