Moyen-Orient

Extension de l’offensive et accélération de l’annexion : Israël redessine le paysage en Cisjordanie


La situation en Cisjordanie a connu une nette escalade après que le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a ordonné la prise de contrôle d’un camp de réfugiés.

Cette évolution a été aggravée par la déclaration du ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, selon laquelle la Cisjordanie « fait partie d’Israël », tandis que des opérations de démolition de maisons palestiniennes étaient lancées.

La Cisjordanie est ainsi devenue un sujet central du débat politique intérieur en Israël, opposant partisans et détracteurs des violences commises par les colons contre les Palestiniens.

Dans un développement notable, le ministre de la Défense Israel Katz a annoncé avoir ordonné à l’armée de prendre le contrôle d’un camp de réfugiés en Cisjordanie, sans en préciser le nom.

Il s’agirait d’une opération similaire à celle menée l’année dernière dans les camps de Jénine, Tulkarem et Nour Shams, dans le nord de la Cisjordanie, où des dizaines de milliers d’habitants ont été déplacés et des dizaines de bâtiments démolis.

Le bureau du ministre israélien de la Défense a déclaré dans un communiqué : « Le ministre de la Défense Israel Katz a tenu hier soir une réunion de sécurité consacrée à la Judée-Samarie (Cisjordanie), à laquelle ont participé le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, le chef de la Direction des opérations, Itzik Cohen, le chef du renseignement militaire, Shlomi Binder, le commandant du Commandement central, Avi Blot, ainsi que d’autres hauts responsables. »

Le communiqué ajoute que Katz a ordonné l’intensification des opérations offensives contre ce qu’il a qualifié de « terrorisme palestinien », ainsi que la préparation à la prise de contrôle d’un autre camp de réfugiés, sur le modèle des opérations menées dans les camps de Jénine, Tulkarem et Nour Shams.

Le nom du camp concerné n’a pas été immédiatement précisé.

Selon certaines estimations, il pourrait s’agir du camp de Balata, à Naplouse, du camp d’Al-Amari, à Ramallah, ou encore du camp de Qalandia, au nord de Jérusalem, mais il pourrait également s’agir d’un autre camp.

Les images de déplacements forcés de Palestiniens depuis les camps ont un impact considérable sur leur moral. Les scènes montrant des dizaines de milliers de réfugiés déplacés des camps de Jénine, Tulkarem et Nour Shams restent encore profondément ancrées dans la mémoire collective palestinienne.

Cette décision intervient alors que le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré que la Cisjordanie « fait partie d’Israël ».

Smotrich a publié des images montrant des opérations de démolition de maisons appartenant, selon ses termes, à des « Arabes de Cisjordanie », en référence aux Palestiniens.

« Nous poursuivons l’application de la loi et empêchons les constructions illégales ainsi que l’appropriation de terres par les Arabes en Cisjordanie. Ils ont agi pendant de nombreuses années dans cette région comme si elle leur appartenait. C’est terminé. La Cisjordanie fait partie intégrante de l’État d’Israël et constitue une zone relevant de sa sécurité », a écrit Smotrich sur la plateforme X.

Au cours des derniers mois, la Cisjordanie a connu une intensification des démolitions de maisons palestiniennes, parallèlement à des décisions autorisant la construction de dizaines de milliers de logements dans les colonies.

Dans le même temps, les routes de Cisjordanie connaissent d’importants embouteillages en raison des barrages et des points de contrôle israéliens.

Des Palestiniens affirment que l’armée israélienne installe délibérément des obstacles sur les routes dans le cadre d’une politique de punition collective visant la population.

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