Moyen-Orient

600 anciens responsables israéliens demandent à Trump de mettre fin aux violences des colons en Cisjordanie


Dans une lettre sans précédent, des centaines d’anciens responsables israéliens de la sécurité ont demandé à Donald Trump d’intervenir pour mettre fin aux violences commises par des colons en Cisjordanie avant sa rencontre avec Benyamin Netanyahou.

Près de 600 anciens responsables israéliens de la sécurité et de la diplomatie ont appelé le président américain Donald Trump à intervenir d’urgence contre les « actes de violence commis par les colons » en Cisjordanie.

Dimanche, des colons israéliens ont incendié deux mosquées, dont l’une était encore en construction, en Cisjordanie occupée, selon des sources palestiniennes. Ces incidents sont survenus dans un contexte de fortes tensions après des affrontements qui ont fait six morts vendredi, dont quatre Palestiniens.

Au cours des derniers jours, plusieurs zones de Cisjordanie ont été le théâtre de violents affrontements entre des colons et de jeunes Palestiniens, à la suite de heurts meurtriers survenus dans le village de Tal, près de Naplouse, qui ont fait plusieurs morts et blessés.

Un message ferme

Le quotidien a rapporté que d’anciens responsables militaires, du renseignement et de la diplomatie avaient demandé à Trump d’adresser au Premier ministre Benyamin Netanyahou « un message ferme et sans ambiguïté », avertissant que les violences en Cisjordanie pourraient mettre Israël en danger, déstabiliser la région et compromettre les initiatives diplomatiques du président américain.

Les signataires de la lettre, qui comprennent d’anciens responsables de l’armée israélienne, du Mossad, du Shin Bet et du ministère des Affaires étrangères, ont averti que l’intensification des violences commises par les colons pourrait entraîner des conséquences « encore plus catastrophiques que l’attaque du 7 octobre 2023 et l’escalade qui s’en est suivie sur plusieurs fronts ».

La lettre, envoyée dimanche à la Maison-Blanche, intervient avant la rencontre entre Trump et Netanyahou, alors que les milieux sécuritaires israéliens s’inquiètent de plus en plus des répercussions des violences en Cisjordanie sur la sécurité d’Israël et sur les intérêts américains.

Netanyahou doit se rendre à Washington ce lundi et rencontrer le président américain Donald Trump mardi.

Intervenir personnellement pour empêcher la « catastrophe »

Ces anciens responsables ont exhorté le président américain à intervenir personnellement et à faire pression sur Israël afin de mettre un terme aux violences commises par les colons.

Les membres de l’organisation « Commandants pour la sécurité d’Israël », à l’origine de la lettre, ont écrit : « Personne d’autre que vous, Monsieur le Président, ne peut empêcher cette catastrophe. » Ils ont ajouté : « Nous espérons sincèrement que vous profiterez de votre prochaine rencontre avec notre Premier ministre pour lui transmettre un message ferme et sans ambiguïté sur cette question. »

Les anciens responsables ont estimé que la poursuite des violences, conjuguée aux politiques visant à « asphyxier économiquement l’Autorité palestinienne et par d’autres moyens », risquait de compromettre la sécurité d’Israël, de déstabiliser la région et de faire échouer les initiatives diplomatiques que l’administration américaine cherche à promouvoir.

Ils ont également souligné que l’escalade des violences des colons pourrait anéantir les chances de mettre en œuvre le plan en 20 points de Trump concernant la bande de Gaza.

Selon Yediot Aharonot, la lettre a été envoyée à la Maison-Blanche ainsi qu’à d’autres personnalités proches de Trump, notamment son gendre Jared Kushner et son envoyé spécial Steve Witkoff.

Accusations contre le gouvernement de Netanyahou

Les anciens responsables de la sécurité ont accusé plusieurs membres du gouvernement de Netanyahou de contribuer à l’escalade des violences. Ils ont affirmé que certains ministres « gèrent une grande partie de ce chaos » et offrent une protection à des colons armés animés par des « motivations religieuses extrémistes », ce qui entrave l’application de la loi à leur encontre.

Les signataires ont expliqué que cette situation plaçait les actuels responsables des services de sécurité israéliens face à un dilemme particulièrement difficile : choisir entre l’accomplissement de leur devoir professionnel, qui exige une application rigoureuse de la loi, et le respect des directives du pouvoir politique, conformément au fonctionnement d’un système démocratique.

L’organisation « Commandants pour la sécurité d’Israël » se présente comme le plus grand mouvement israélien réunissant des généraux et des officiers à la retraite, ainsi que d’anciens hauts responsables du Mossad, du Shin Bet, de la police, du Conseil de sécurité nationale et du corps diplomatique.

L’organisation défend une vision fondée sur une séparation sécuritaire d’avec les Palestiniens et sur la promotion d’une solution à deux États dans un cadre régional.

La Cisjordanie connaît une intensification des violences depuis le déclenchement de la guerre dans la bande de Gaza. Les attaques de colons contre les Palestiniens sont devenues quasi quotidiennes.

Plus de 500 000 colons israéliens vivent actuellement en Cisjordanie dans des implantations considérées comme illégales au regard du droit international.

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