Politique

Accord américano-iranien sur un mécanisme visant à mettre fin à la guerre au Liban et à garantir l’ouverture du détroit d’Hormuz


Le ministère qatari des Affaires étrangères a confirmé la poursuite des discussions techniques entre les délégations iranienne et américaine tout au long du reste de la semaine en Suisse, après l’achèvement du premier cycle de négociations.

Les médiateurs ont annoncé, ce lundi, la conclusion du premier cycle de discussions entre de hauts responsables des États-Unis et de l’Iran en Suisse, avec un accord portant sur les dossiers du Liban et du détroit d’Hormuz. Cette avancée intervient après un début de négociations marqué par des tensions, notamment à la suite de l’annonce par Téhéran de la fermeture du détroit une nouvelle fois et de la répétition par le président américain Donald Trump de ses menaces de reprendre les attaques contre la République islamique.

Selon un communiqué conjoint publié par les deux pays médiateurs, le Qatar et le Pakistan, les États-Unis et l’Iran sont convenus d’une feuille de route visant à parvenir à un accord final dans un délai de soixante jours.

D’après le communiqué publié par le ministère qatari des Affaires étrangères, les discussions techniques se poursuivront pendant le reste de la semaine au complexe montagneux suisse de Bürgenstock, propriété du Qatar.

Le texte précise également que les parties se sont entendues sur un mécanisme destiné à mettre fin aux combats au Liban et ont établi une ligne de communication afin de contribuer à garantir le passage sécurisé des navires commerciaux dans le détroit contesté.

Le vice-président américain J. D. Vance avait entamé dimanche des discussions avec des responsables iraniens dans le cadre des dispositions d’un mémorandum d’entente conclu la semaine précédente afin de prolonger de soixante jours supplémentaires au moins le fragile cessez-le-feu instauré en avril. Les échanges se sont poursuivis jusque tard dans la nuit de lundi.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que son pays avait obtenu des exemptions concernant les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques, le déblocage d’une partie des avoirs gelés ainsi que le lancement d’un programme de reconstruction et de développement en Iran.

Peu avant l’ouverture officielle des discussions dimanche, la chaîne Fox News avait rapporté que Donald Trump avait averti les responsables iraniens qu’ils « n’auraient plus de pays » s’ils tentaient à nouveau de fermer le détroit. Il a également réitéré une menace antérieure selon laquelle les États-Unis prendraient le contrôle de cette voie maritime et pourraient imposer leurs propres droits de passage.

Après la publication du communiqué conjoint, les contrats à terme sur le Brent ont poursuivi leur baisse et ont reculé de plus de 1 %, à 79,44 dollars le baril.

Des sources américaines et iraniennes ont présenté des versions distinctes des discussions qui se sont déroulées en Suisse.

L’agence iranienne semi-officielle Tasnim, citant une source informée, a indiqué qu’après la médiatisation des menaces de Trump, la délégation iranienne avait refusé de retourner dans la salle des négociations, même si les échanges de messages avaient continué par l’intermédiaire des médiateurs qatariens et pakistanais.

Selon la même source, les responsables iraniens ont estimé que l’ouverture de négociations sur les questions nucléaires nécessitait d’abord la mise en œuvre d’autres dispositions du mémorandum d’entente, notamment la libération des avoirs gelés et les exemptions américaines permettant l’exportation du pétrole iranien.

Un diplomate américain participant aux discussions a toutefois affirmé :

« Les Iraniens ne sont jamais partis. Ils sont restés ici à se réunir et à négocier jusque tard dans la nuit. Nous avons discuté du détroit, du Liban, des questions nucléaires, des modalités d’application du mémorandum d’entente ainsi que d’autres dossiers. »

Un responsable américain a indiqué que les discussions de haut niveau devraient s’achever lundi, tandis que l’équipe technique resterait sur place pour poursuivre les négociations.

L’accord prévoit la réouverture du détroit d’Hormuz, considéré comme une voie essentielle pour les expéditions énergétiques mondiales, ainsi que la cessation de toutes les hostilités, y compris au Liban, où Israël poursuit ses frappes meurtrières tandis que le Hezbollah, allié de l’Iran, continue de viser des objectifs israéliens.

L’Iran, qui affirme que les États-Unis n’ont pas respecté leur engagement visant à mettre fin aux combats au Liban, avait annoncé durant le week-end avoir de nouveau interrompu la navigation maritime dans le détroit et précisé que les discussions de dimanche ne porteraient pas sur des questions fondamentales telles que le programme nucléaire iranien.

Lors des échanges entre responsables américains et iraniens en présence de médiateurs qatariens, J. D. Vance a minimisé l’impact des violences au Liban, affirmant que des progrès avaient été réalisés vers une cessation des hostilités.

Il a ajouté : « Ce genre de dossiers est toujours quelque peu complexe. »

Aux États-Unis, Donald Trump a menacé de reprendre les attaques contre l’Iran si celui-ci ne parvenait pas à maîtriser ses alliés régionaux.

Toutefois, alors même que Trump adressait ces avertissements à Téhéran, Vance a déclaré aux journalistes que le président américain « nous a demandé d’ouvrir une nouvelle page afin de transformer notre relation avec le peuple iranien ».

Tard dimanche soir, un diplomate américain a indiqué que les discussions avaient porté sur « la clarification de certains messages contradictoires émanant de l’Iran concernant le détroit, ainsi que sur la mise en place de mécanismes destinés à mettre fin au conflit afin de garantir que le détroit demeure entièrement ouvert ».

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