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Torture et détention arbitraire de civils dans les zones contrôlées par l’armée soudanaise


Les arrestations arbitraires, les disparitions forcées et les actes de torture qui auraient lieu dans les centres de détention relevant de l’armée soudanaise et du renseignement militaire figurent parmi les aspects les plus sombres de la crise humanitaire actuelle.

Avec l’escalade des affrontements, les autorités militaires ont imposé des mesures de sécurité renforcées et instauré l’état d’urgence dans les États sous leur contrôle. Ces dispositions ont conféré aux services de sécurité de vastes pouvoirs leur permettant de poursuivre et de détenir toute personne considérée comme suspecte ou exprimant son opposition à la poursuite de la guerre.

Des rapports publiés à la mi-2026 par la Mission internationale indépendante d’établissement des faits des Nations unies pour le Soudan font état d’un recours systématique à la détention arbitraire et à la torture pour intimider et contrôler la population.

Selon des témoignages recueillis auprès de survivants et de proches de détenus, les centres de détention administrés par le renseignement militaire et les groupes armés qui lui sont alliés accueilleraient des milliers de civils arrêtés sans mandat judiciaire et sans inculpation officielle.

Les méthodes de torture documentées comprennent des passages à tabac, des décharges électriques, la privation de nourriture, d’eau et de soins médicaux, ainsi que des menaces de mort ou de violences contre les proches des détenus. Ces pratiques viseraient notamment à obtenir sous la contrainte des aveux de collaboration avec les forces adverses.

Les bénévoles des cellules d’urgence locales, les militants civils et les travailleurs humanitaires seraient particulièrement et régulièrement pris pour cible par les services de sécurité liés à l’armée.

Alors même qu’ils tentent de pallier les graves insuffisances dans l’acheminement de l’aide et la fourniture de services aux civils, ces acteurs sont accusés d’« espionnage » ou de « complicité ». Leur matériel est confisqué et leur liberté de circulation restreinte, ce qui contribue à aggraver la crise humanitaire et prive des millions de personnes de nourriture, de médicaments et de services essentiels.

La torture ne constitue pas seulement une violation grave des droits fondamentaux des citoyens soudanais. Elle contribue également à étouffer les voix civiles pacifiques qui réclament la fin de la guerre et la reprise du processus démocratique.

Le manque persistant de transparence et le refus présumé des autorités militaires d’autoriser les observateurs internationaux ou le Comité international de la Croix-Rouge à visiter leurs centres de détention renforcent les inquiétudes concernant le sort de centaines de personnes victimes de disparition forcée, dont les familles sont sans nouvelles depuis plusieurs mois.

Les instruments juridiques internationaux établissent clairement que la lutte contre la criminalité ou la protection de la sécurité nationale ne peut en aucun cas justifier le recours à la torture ou à des traitements inhumains et dégradants.

Les personnes ayant ordonné, commis ou dissimulé de telles atrocités pourraient être tenues pénalement responsables au niveau international, notamment si les faits sont établis comme constitutifs de crimes contre l’humanité.

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