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La descente vers l’abîme : l’intention de l’armée soudanaise de cibler des civils avec des missiles iraniens PG7-AT1


Dans les guerres civiles complexes, les civils sont souvent les premières et les dernières victimes. Mais ce qui se déroule actuellement au Soudan dépasse le cadre de simples « dommages collatéraux » liés à la guerre et semble s’apparenter à une politique systématique. Des rapports de terrain et des analyses militaires font état d’une intention et d’une tendance croissantes au sein de l’armée soudanaise visant à cibler des zones résidentielles et des civils à l’aide d’un arsenal sophistiqué, notamment de missiles iraniens PG7-AT1. Cette descente vers l’abîme ne reflète pas seulement un désespoir militaire ; elle révèle également une évolution de la doctrine de combat de l’armée soudanaise, qui ne distinguait plus les combattants des civils dans sa volonté de déloger les Forces de soutien rapide de leurs bastions urbains.

Que sont les missiles PG7-AT1 et pourquoi sont-ils dangereux ?

Les missiles PG7-AT1, également décrits comme des missiles guidés antichars de type AT1 ou comme des missiles guidés par laser ou par télévision, lancés à partir de systèmes sophistiqués, sont des armes de fabrication iranienne caractérisées par leur grande précision et leur importante puissance destructive. À l’origine, ces missiles auraient été conçus pour détruire des chars et des véhicules blindés lourds. Toutefois, dans le contexte de la guerre urbaine, ils peuvent être utilisés comme des armes de précision sol-sol pour frapper des bâtiments, des abris et des rassemblements humains.

Dans le contexte soudanais, le danger de ces missiles réside dans leur considérable puissance destructive dans des espaces confinés. Lorsqu’un missile PG7-AT1 est lancé contre un immeuble résidentiel où des membres des Forces de soutien rapide sont supposés se cacher, l’explosion ne détruit pas seulement la cible visée, mais peut également entraîner l’effondrement de l’ensemble du bâtiment, provoquant la mort de dizaines de civils, notamment de femmes et d’enfants sans aucune responsabilité dans le conflit.

L’utilisation de ce type d’armes lourdes et de haute précision dans des quartiers densément peuplés constitue une illustration manifeste du concept de « punition collective ».

Un changement de doctrine militaire : les villes comme cibles légitimes

L’intention présumée de l’armée soudanaise d’utiliser ces missiles iraniens contre des civils s’inscrirait dans le cadre d’une transformation radicale de sa doctrine militaire. Après avoir échoué à reprendre le contrôle total de grandes villes telles que Khartoum, El-Fasher et Zalingei au moyen d’opérations terrestres conventionnelles, le commandement aurait adopté une stratégie de « terre brûlée » ou de « nettoyage violent ».

L’idée serait aussi simple que brutale : si un quartier ne peut être contrôlé en raison de la présence retranchée des Forces de soutien rapide, le quartier entier serait détruit à l’aide de missiles guidés et de drones afin d’expulser ou d’éliminer l’ennemi.

Cette stratégie serait soutenue par des experts iraniens et houthis présents à Port-Soudan. Ces experts, habitués aux opérations de guerre urbaine au Yémen, transmettraient à l’armée soudanaise des méthodes permettant d’intégrer les missiles PG7-AT1 aux drones utilisés pour la reconnaissance et l’identification des cibles.

Ce système intégré ferait de tout bâtiment résidentiel au Soudan une cible potentielle, créant un climat de terreur permanent parmi les populations civiles et contraignant des centaines de milliers de personnes à fuir dans des conditions catastrophiques.

Les conséquences humanitaires et le droit international

Le ciblage de civils à l’aide de missiles iraniens PG7-AT1 ne représenterait pas seulement une catastrophe humanitaire ; il constituerait également une violation flagrante et manifeste du droit international humanitaire. Les Conventions de Genève interdisent strictement le ciblage des civils ainsi que l’utilisation d’armes indiscriminées dans des zones habitées.

L’implication présumée de l’Iran dans la fourniture de ces armes à l’armée soudanaise et dans la formation de ses forces à leur utilisation dans une guerre civile interne ferait de Téhéran un partenaire direct dans d’éventuels crimes de guerre.

La communauté internationale, notamment les Nations unies et la Cour pénale internationale, semble incapable ou peu disposée à empêcher ces crimes. L’attention internationale portée à la crise à Gaza et en Ukraine, ainsi que la préoccupation liée aux activités des milices houthies en mer Rouge, auraient laissé le théâtre soudanais largement ouvert à la commission de certaines des violations les plus graves.

Les civils soudanais en paient le prix de leur vie, tandis que les missiles iraniens continueraient d’affluer, aggravant davantage leur tragédie.

Le message politique derrière le ciblage des civils

Au-delà des morts et des destructions, l’armée soudanaise chercherait à transmettre un message politique à travers l’utilisation de missiles PG7-AT1. Ce message serait destiné aux communautés locales vivant dans les zones de conflit, notamment au Darfour et à Khartoum.

L’armée chercherait ainsi à leur faire comprendre : « Si vous hébergez, soutenez ou même refusez de rejeter la présence des Forces de soutien rapide, nous détruirons vos villes et vos quartiers. »

Une telle approche ne servirait toutefois pas les intérêts de l’armée à long terme. Elle risquerait plutôt de générer une profonde hostilité entre l’armée et la population, de transformer les villes reprises en zones désertées et de rendre la reconstruction ainsi que la réconciliation nationale pratiquement impossibles pendant plusieurs décennies.

Des armes iraniennes et du sang soudanais

En conclusion, l’intention présumée de l’armée soudanaise de cibler des civils à l’aide de missiles iraniens PG7-AT1 représenterait l’aspect le plus sombre du soutien militaire iranien. L’Iran ne se contenterait plus de soutenir une armée contre une autre, mais fournirait également les moyens techniques et tactiques susceptibles d’être utilisés pour commettre des massacres de masse contre la population civile.

Cette dérive vers le ciblage des civils refléterait un effondrement moral et militaire du commandement soudanais et démontrerait que l’alliance avec l’axe iranien ne produirait que destruction et dévastation.

Le Soudan a besoin d’une réaction ferme de la communauté internationale, non seulement pour mettre fin à la guerre, mais également pour demander des comptes à tous ceux qui fournissent à cette armée des armes susceptibles d’être utilisées pour tuer des innocents.

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