Politique

Les dirigeants mondiaux réunis à l’ONU face aux guerres et aux crises internationales


Les dirigeants de la planète se retrouvent cette semaine à New York pour participer aux travaux de l’Assemblée générale des Nations unies, dans un contexte marqué par l’aggravation des crises et des conflits.

Le siège de l’ONU, situé dans le quartier de Manhattan à New York, accueillera près de 130 chefs d’État et de gouvernement, alors que l’ordre international établi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale est soumis à des pressions croissantes.

Les Nations unies s’efforcent de préserver leur rôle malgré de fortes contraintes politiques et financières, ainsi que des tensions grandissantes dans leurs relations avec l’administration du président américain Donald Trump.

Pour la deuxième année consécutive, Trump s’exprimera à la tribune des Nations unies, alors que Washington a réduit ses contributions financières à l’organisation internationale et s’est retiré de plusieurs dizaines d’organismes qui lui sont rattachés.

Le président chinois Xi Jinping, dont la dernière participation à ce rendez-vous diplomatique remonte à une intervention par visioconférence en 2021, ne se rendra pas à New York. Il privilégiera des discussions bilatérales directes avec Trump, prévues jeudi à Washington. Selon des observateurs, cette décision relance les interrogations sur le rôle des Nations unies dans la gestion des crises mondiales.

Les difficultés ne se limitent pas au financement et au poids politique de l’organisation, désormais âgée de 80 ans. Le secrétaire général António Guterres approche de la fin de son mandat, prévue à la fin de l’année 2026, tandis que la course à sa succession reste ouverte et qu’aucun candidat ne s’est encore clairement imposé.

Dans le même temps, Reuters a rapporté, en citant des diplomates, que le Conseil de sécurité, composé de 15 membres, pourrait organiser des réunions de haut niveau consacrées à l’Ukraine, à l’intelligence artificielle et au Moyen-Orient, notamment des discussions avec des dirigeants arabes.

Richard Gowan, de l’International Crisis Group, a déclaré à Reuters que les Nations unies n’étaient plus en « chute libre », mais qu’elles demeuraient enfermées dans une crise dont l’issue reste incertaine.

« L’ONU n’est peut-être plus en soins intensifs comme elle l’était l’année dernière, mais elle semble devoir rester dans un centre de traumatologie pendant encore longtemps », a-t-il ajouté.

Escalade au Moyen-Orient

Le Moyen-Orient revient au premier plan des discussions, alors que la guerre impliquant l’Iran se poursuit et entraîne des répercussions sur l’économie mondiale et la stabilité régionale. Les menaces que représentent les attaques des Houthis dans le détroit de Bab el-Mandeb devraient également occuper une place importante dans les débats.

Les négociations de paix restent dans l’impasse, sur fond de poursuite des frappes entre l’Iran et les États-Unis et de menaces de Donald Trump concernant une escalade majeure du conflit.

Le président iranien Massoud Pezeshkian doit prononcer un discours devant l’Assemblée générale mercredi.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou prendra, quant à lui, la parole jeudi. Il est recherché par la Cour pénale internationale pour des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité à Gaza, des accusations rejetées par Israël.

Le président palestinien Mahmoud Abbas n’assistera pas personnellement aux réunions de l’Assemblée générale pour la deuxième année consécutive, les États-Unis ayant refusé de lui délivrer un visa d’entrée.

Jeudi, l’Assemblée générale a voté en faveur d’une participation de Mahmoud Abbas par visioconférence.

Une réunion de haut niveau consacrée au conflit au Soudan devrait également se tenir en marge de l’Assemblée générale, même si des diplomates estiment peu probable qu’elle débouche, à ce stade, sur une avancée diplomatique majeure.

Ukraine et sécurité alimentaire

La guerre menée par la Russie en Ukraine, qui dure depuis plus de quatre ans, figurera également parmi les principaux sujets à l’ordre du jour.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov doivent tous deux s’exprimer devant l’Assemblée générale.

Zelensky devrait chercher à consolider la position de son pays, alors que l’Ukraine se prépare à affronter ce qui pourrait être un nouvel hiver particulièrement difficile.

Au Conseil de sécurité, l’organisation reste incapable de prendre des mesures permettant de mettre fin à la guerre, en raison du droit de veto dont dispose la Russie en sa qualité de membre permanent.

À plusieurs reprises, Donald Trump a exprimé sa frustration face à son incapacité à obtenir la fin du conflit, un objectif qu’il avait présenté comme prioritaire depuis le début de son second mandat, en janvier de l’année dernière.

Le président américain s’est entretenu avec son homologue russe Vladimir Poutine au début du mois, mais il n’est pas encore établi s’il prévoit de rencontrer Volodymyr Zelensky à New York.

António Guterres a également attiré l’attention sur les conséquences de la guerre pour les populations civiles, ainsi que sur ses répercussions sur la sécurité alimentaire et les prix de l’énergie.

Intelligence artificielle

Parallèlement aux enjeux politiques, l’intelligence artificielle occupera une place centrale dans les travaux de l’Assemblée générale. Plusieurs dirigeants du secteur technologique ont appelé à un ralentissement coordonné du développement de cette technologie, avertissant qu’elle pourrait atteindre un stade où elle serait capable de se perfectionner elle-même et d’échapper au contrôle humain.

Le secrétaire général des Nations unies a déclaré que l’intelligence artificielle constituerait l’un des principaux thèmes des discussions. Il a ajouté que les pays repoussant les limites de cette technologie devaient établir « des garde-fous communs afin d’éviter cette course vers l’abîme, qui pourrait un jour provoquer une catastrophe majeure à l’échelle mondiale ».

António Guterres plaide depuis longtemps en faveur de la mise en place d’une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle. En 2023, les Nations unies ont créé un organe consultatif consacré à cette technologie, réunissant des dirigeants du secteur technologique, des responsables gouvernementaux et des universitaires.

Ces mises en garde placent toutefois Guterres en désaccord avec Trump, qui a minimisé les risques liés à l’intelligence artificielle, les qualifiant de « canular » et affirmant qu’une « conspiration » visait cette technologie.

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