L'Europe

Le train de l’interdiction des Frères musulmans poursuit sa progression en Autriche : large soutien et tolérance zéro


L’interdiction des Frères musulmans et de l’islam politique bénéficie d’un large soutien en Autriche, alors qu’un projet de loi que la Chancellerie devrait proposer à ce sujet est attendu.

Ernst Gödl, chef du groupe parlementaire du Parti populaire autrichien au pouvoir et porte-parole du parti pour les questions de sécurité, a déclaré : « L’interdiction de l’islam politique protège la démocratie et les fondements axiologiques de notre société libre. »

Il a poursuivi : « Pour nous, le Parti populaire autrichien, l’intégration est un devoir et non un choix : toute personne qui vient chez nous doit apprendre l’allemand, travailler et s’adapter à notre mode de vie. Il doit y avoir une tolérance zéro et de lourdes conséquences pour quiconque refuse notre mode de vie et glorifie l’extrémisme. »

Il a ajouté que l’islam politique, avec son idéologie extrémiste, constituait un grave danger pour notre coexistence pacifique et notre société libre, et que l’interdiction constitutionnelle de l’islam politique proposée par le chancelier Christian Stocker était une mesure juste et nécessaire pour protéger notre pays.

Avant d’ajouter : « Dans la lutte contre l’islamisme, nous utiliserons avec toute la détermination nécessaire tous les moyens dont nous disposons, en les exploitant pleinement. Parallèlement à l’interdiction constitutionnelle de l’islam politique, nous procéderons avec fermeté à l’expulsion des personnes dangereuses et des terroristes qui n’ont pas le droit de rester ici. »

Le Parti populaire autrichien au pouvoir entend présenter dans les meilleurs délais un projet de loi visant à interdire l’islam politique, après la révélation de l’existence de ramifications clandestines des Frères musulmans dans le pays.

Le chancelier Christian Stocker (Parti populaire) s’est prononcé en faveur de l’interdiction de l’islam politique, tandis que la Direction de la sécurité de l’État a accueilli favorablement cette initiative dans un communiqué de presse.

La ministre de l’Intégration, Claudia Bauer (Parti populaire), avait récemment annoncé son intention de transmettre prochainement à ses partenaires de coalition une première version d’un projet portant sur l’interdiction constitutionnelle de l’islam politique.

Cette interdiction couvrirait plusieurs domaines de la législation. Le ministre de l’Intérieur, Gerhard Karner (Parti populaire), a précisé que le gouvernement souhaitait notamment rendre certaines dispositions, par exemple celles de la loi sur les associations et les rassemblements ainsi que de la loi sur les symboles, plus claires et plus strictes.

De son côté, Yannick Shetty, chef du groupe parlementaire du parti NEOS, partenaire de la coalition au pouvoir, a également souligné que toute interdiction nécessitait une définition juridique claire et « devait être juridiquement valable ».

Shetty a déclaré qu’ils attendaient du Parti populaire « une proposition juridiquement applicable ».

Le Parti social-démocrate a lui aussi rejoint le mouvement en faveur de l’interdiction. Worfgang Leichtfried, figure de premier plan du Parti social-démocrate autrichien, a déclaré : « La religion est instrumentalisée pour attaquer l’État de droit et la démocratie », en référence à l’islam politique.

Il a ajouté qu’ils seraient heureux de discuter des propositions de leur partenaire de coalition « puis de prendre une décision commune dans cette direction ».

Une étape préalable

Vendredi dernier, les services de renseignement autrichiens ont établi l’existence de liens entre une organisation active dans les milieux de la prévention de l’extrémisme et les Frères musulmans.

Il s’agit d’une association connue sous le nom de « DERAD », qui fait partie du « Réseau national pour la prévention et la déradicalisation » en Autriche.

En outre, l’association « DERAD » s’est vu confier par plusieurs ministères diverses missions dans les domaines de la déradicalisation, de la lutte contre les idéologies extrémistes et de l’accompagnement des personnes se retirant de groupes extrémistes.

À titre d’exemple, elle a été mandatée par le ministère de la Justice dans le domaine de la déradicalisation fondée sur des convictions religieuses. Dans ce cadre, l’association a notamment travaillé avec des personnes condamnées ainsi qu’avec des personnes après leur sortie de prison.

Toutefois, la Direction de la protection de l’État et du renseignement, le service de renseignement intérieur autrichien, a découvert, à l’issue d’un contrôle approfondi, l’existence de liens entre cette association et les Frères musulmans.

Selon l’évaluation des services de renseignement intérieur, certains éléments remettent en question l’hypothèse jusque-là admise selon laquelle l’association ne présenterait aucun caractère suspect. Les services de renseignement ont notamment relevé des éléments attestant de l’influence des Frères musulmans sur l’association « DERAD ».

Dans ces circonstances, les services de renseignement intérieur ont décidé de demander l’exclusion de l’association « DERAD » du Réseau national pour la prévention et la déradicalisation.

Un rapport a également été transmis au ministère fédéral de la Justice. À la suite de cette démarche, le ministère fédéral de la Justice a décidé de mettre fin à sa coopération avec l’association, selon des informations rapportées par l’agence de presse officielle autrichienne.

Par ailleurs, les services de renseignement intérieur informent les autres autorités qui ont coopéré par le passé avec l’association DERAD, ou qui coopèrent actuellement avec elle, des informations dont ils disposent.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page