L’association ZARA et les Frères musulmans : l’Autriche ouvre le dossier du bras caché
Une nouvelle structure soupçonnée d’être liée aux Frères musulmans se retrouve sous le feu des interrogations au Parlement autrichien, en raison des financements publics qu’elle a reçus ainsi que des idées et orientations politiques radicales qui lui sont attribuées.
Selon une demande d’interpellation parlementaire déposée il y a quelques jours par le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) au Parlement autrichien, l’association ZARA (« Courage civique et lutte contre le racisme ») bénéficie de financements publics provenant de plusieurs ministères du gouvernement autrichien.
D’après cette demande d’information, les montants accordés par l’État ont parfois atteint plusieurs centaines de milliers d’euros par an.
Parallèlement, plusieurs éléments nécessitent, selon les auteurs de la demande, un examen politique et administratif plus approfondi. ZARA a notamment collaboré, dans le cadre de ce qui est appelé « l’Alliance contre le racisme antimusulman », fondée en mai 2021, avec des personnes présentées comme liées aux Frères musulmans, parmi lesquelles figure Farid Hafez.
Farid Hafez fait partie des personnalités visées par les perquisitions policières menées contre les Frères musulmans en Autriche en 2020. Son nom est également apparu dans les enquêtes en cours concernant le groupe et ses activités dans le pays.
Selon la demande d’interpellation, Farid Hafez apparaît également comme auteur dans le rapport annuel 2022 de ZARA, ce qui en ferait un contributeur au contenu des travaux de l’organisation.
Dans une résolution adoptée le 29 avril 2021, le Parlement européen avait exprimé ses regrets quant au fait que cette organisation ait bénéficié à plusieurs reprises de financements européens malgré l’existence d’allégations concernant ses liens avec les Frères musulmans.
Organisations liées aux Frères musulmans
Dans le cadre de cette alliance, ZARA a également coopéré avec plusieurs organisations, notamment les « Jeunes musulmans d’Autriche » (MJÖ) ainsi que le « Centre de documentation sur l’islamophobie et le racisme antimusulman », deux structures présentées comme étant liées aux Frères musulmans.
Concernant les Jeunes musulmans d’Autriche, la demande d’interpellation affirme que plusieurs analyses sécuritaires et études académiques les associent régulièrement aux cercles du groupe.
Dans des études réalisées par le chercheur spécialisé dans l’extrémisme, Lorenzo Vidino, cette organisation a été décrite comme étant idéologiquement influencée par l’environnement des Frères musulmans.
Les analyses du Centre de documentation sur l’islam politique, organisme gouvernemental autrichien, ainsi que plusieurs projets universitaires, feraient également état de liens organisationnels et d’interconnexions personnelles entre cette organisation du groupe.
Par ailleurs, l’organisation MJÖ agit depuis plusieurs années comme un acteur militant fortement engagé dans les campagnes de mobilisation contre les mesures prises dans le cadre de la lutte contre l’islam politique.
La coopération entre ZARA et le Centre de documentation sur l’islamophobie et le racisme antimusulman suscite également des inquiétudes particulières. Selon la demande d’interpellation, certains acteurs issus des milieux de l’islam politique utiliseraient la question du racisme antimusulman comme un récit politique destiné à promouvoir leurs propres objectifs.
ZARA a également participé à la coalition « Non à l’interdiction du voile » et pris part à plusieurs campagnes de mobilisation, dont une manifestation organisée le 13 février 2026 à Vienne.
La demande parlementaire exige du gouvernement autrichien qu’il fournisse des informations détaillées concernant les financements accordés à ZARA par les différents ministères depuis 2020 jusqu’à aujourd’hui.
Elle réclame également la transmission au Parlement de données complètes sur les services ou projets spécifiques financés par ces fonds, ainsi que sur les critères ayant justifié l’octroi de ces financements.
Il convient de rappeler qu’environ 1 000 policiers et policières ont participé aux perquisitions menées contre les Frères musulmans en Autriche en novembre 2020.
À l’époque, Karl Nehammer, alors ministre de l’Intérieur et directement impliqué dans le suivi de l’opération, avait qualifié celle-ci de « coup important porté à l’islam politique ».
