Violents affrontements à l’ouest de Tripoli et évasion de détenus sur fond de couvre-feu non déclaré
Les combats à l’ouest de la capitale libyenne se sont étendus de Zawiya à Sorman, tandis que la municipalité de cette dernière a annoncé la suspension totale de ses activités. De son côté, le Croissant-Rouge a élevé son niveau d’alerte et appelé à l’ouverture de couloirs sécurisés pour l’évacuation des civils.
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De violents affrontements armés ont éclaté mardi à l’ouest de Tripoli. Les combats ont débuté dans la ville de Zawiya avant de s’étendre à la ville voisine de Sorman, dans un contexte marqué par des tirs nourris et une forte détérioration de la situation sécuritaire. Des acteurs locaux ont averti des dangers pesant sur la population civile et appelé les habitants à rester chez eux.
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent d’intenses échanges de tirs dans la ville de Sorman, située à l’ouest de Tripoli, ainsi que des affrontements entre plusieurs groupes armés locaux. D’importantes colonnes de fumée s’élèvent également de différents quartiers de la ville, sans qu’il soit encore possible d’identifier les parties impliquées ni les causes exactes des affrontements.
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Les combats avaient commencé dès l’aube, mardi, dans la ville de Zawiya, située à environ quarante-deux kilomètres à l’ouest de la capitale, avant de se propager à Sorman, localisée à près de soixante kilomètres de Tripoli.
Les services d’ambulance et d’urgence de Zawiya ont annoncé que la route côtière traversant la ville était devenue dangereuse en raison des affrontements armés en cours dans la région, mettant en garde les citoyens contre toute approche des zones de combat.
Les autorités libyennes n’ont, à ce jour, publié aucun bilan officiel concernant le nombre de morts et de blessés, ni révélé l’identité des groupes armés impliqués dans les affrontements.
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Informations faisant état d’une évasion de prisonniers à Sorman
Parallèlement à la poursuite des combats, d’autres vidéos diffusées en ligne montrent ce qui serait l’évasion de plusieurs détenus de la prison de Sorman, dans un contexte marqué par des tirs aux abords de l’établissement pénitentiaire.
Aucune information officielle n’a encore été publiée concernant le nombre exact de prisonniers évadés ni la nature des accusations retenues contre eux.
La branche du Croissant-Rouge libyen à Sorman a annoncé avoir placé ses équipes d’urgence en état d’alerte maximale afin de suivre l’évolution de la situation et de répondre rapidement aux appels des citoyens.
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Efforts onusiens et régionaux pour contenir les tensions à Tripoli
L’organisation a exhorté les parties en conflit à faire preuve de responsabilité et à ouvrir des couloirs humanitaires sécurisés afin de permettre la libre circulation des équipes de secours, de faciliter les opérations d’évacuation et de protéger les civils.
Elle a également appelé les habitants à éviter les rues et les espaces ouverts afin de se prémunir contre les tirs perdus et les éclats d’obus, tout en leur demandant de rester chez eux et de ne sortir qu’en cas d’extrême nécessité jusqu’au rétablissement de la sécurité et à la mise en place de voies d’évacuation sûres.
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La municipalité de Sorman suspend ses activités
De son côté, la municipalité de Sorman a condamné ce qu’elle a qualifié d’« actes contraires à la loi », affirmant suivre « avec une profonde inquiétude » les événements qui secouent la ville et le climat de peur qu’ils ont engendré parmi les habitants.
Dans un communiqué publié sur ses comptes officiels, la municipalité a annoncé la suspension des activités de l’ensemble de ses administrations et services, déclarant la journée de mardi jour férié exceptionnel, tout en maintenant les services essentiels et les équipes d’urgence opérationnels selon les besoins.
Les autorités municipales ont également appelé les habitants à rester sur place, à ne quitter leur domicile qu’en cas de nécessité absolue, à éviter les zones de combat et à contacter les équipes d’urgence du Croissant-Rouge libyen en cas de besoin.
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Une situation sécuritaire tendue dans l’ouest de la Libye
Ces événements surviennent dans une région régulièrement marquée par des tensions sécuritaires liées à la présence de nombreux groupes armés rivaux, en particulier dans les villes du littoral occidental libyen.
Les villes de Zawiya et de Sorman revêtent une importance stratégique en raison de leur proximité avec Tripoli, mais aussi de la présence d’infrastructures vitales à Zawiya, notamment la raffinerie pétrolière de la ville. Toute dégradation de la sécurité dans cette région suscite donc des inquiétudes quant aux transports et aux approvisionnements énergétiques.
La Libye demeure divisée entre deux gouvernements rivaux. Le premier est le Gouvernement d’unité nationale, dont le mandat a expiré, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et basé à Tripoli, qui contrôle l’ouest du pays. Le second, désigné par la Chambre des représentants au début de l’année 2022, est actuellement dirigé par Oussama Hammad et installé à Benghazi ; il administre l’est de la Libye ainsi qu’une grande partie du sud du pays.
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