Iran

Le Corps des Gardiens de la Révolution critique violemment Araqchi


Le Corps des Gardiens de la Révolution iranienne lance une attaque virulente contre le ministre des Affaires étrangères, en raison de son non démenti des accusations de Trump selon lesquelles Téhéran aurait diffusé des informations « fabriquées » sur l’accord.

Des médias proches du Corps des Gardiens de la Révolution ont mené une attaque sévère contre le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi vendredi, à propos de ses déclarations concernant la proximité d’un accord avec les États-Unis. Cette évolution reflète l’augmentation de l’influence des Gardiens de la Révolution après la guerre américano-israélienne contre l’Iran, ainsi que leur transformation en centre de gravité principal dans la gestion des dossiers stratégiques et l’orientation des décisions politiques et étrangères.

Araqchi avait appelé les médias à éviter les spéculations concernant le contenu du mémorandum d’entente avec les États-Unis, affirmant que l’accord était plus proche que jamais de sa mise en œuvre et que ses détails seraient annoncés en temps voulu.

L’agence « Fars », proche des Gardiens de la Révolution, a estimé que la position du ministre des Affaires étrangères était marquée par l’ambiguïté, soulignant qu’il n’avait pas démenti de manière directe les accusations du président américain Donald Trump concernant la diffusion d’informations « fabriquées » sur l’accord. Elle a considéré que ses déclarations pouvaient être interprétées comme un soutien indirect au récit américain.

L’agence est allée plus loin en se demandant si l’approche d’Araqchi reflétait un recul de la position iranienne ou une forme de coordination avec le discours promu par Trump, estimant que le flou des déclarations officielles pourrait être interprété comme une approbation implicite des allégations de Washington.

Cette escalade médiatique intervient alors que l’Iran connaît de vifs débats internes sur la version finale de l’entente avec les États-Unis, dans un contexte de multiplicité des centres de décision et de sensibilité particulière de ce dossier pour les institutions sécuritaires et militaires.

Bien qu’Araqchi ait lui-même servi dans les rangs des Gardiens de la Révolution dans les années 1980 avant de rejoindre la diplomatie, les critiques dont il fait l’objet reflètent, selon des observateurs, la montée en puissance du courant sécuritaire et la réduction de la marge de manœuvre de la diplomatie traditionnelle, dans une phase post-guerre qui a redéfini les priorités au sein du système iranien.

Parallèlement, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ismaïl Baqaei, a affirmé que les discussions sur une proximité d’accord avec Washington n’étaient pas nouvelles, précisant que le texte final de l’accord fait encore l’objet de révisions internes et que les réunions entre les institutions concernées se poursuivent.

Il a ajouté que les déclarations contradictoires du côté américain ont constitué le principal obstacle au cours de la période récente, niant toute intention de dissimuler des informations à l’opinion publique, tout en soulignant que la sensibilité du processus diplomatique impose une certaine retenue concernant ses détails.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avait annoncé auparavant l’obtention d’une formule finale convenue pour un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, tandis que Donald Trump a prévu la signature du mémorandum avec Téhéran d’ici la fin de la semaine ou le début de la semaine prochaine, affirmant que l’Iran avait présenté des « excuses secrètes » concernant ce qu’il a qualifié de diffusion de fausses informations sur les clauses de l’accord.

Le débat au sein de la République islamique indique que la phase post-guerre n’a pas seulement renforcé la position des Gardiens de la Révolution sur les plans militaire et sécuritaire, mais a également consolidé leur présence croissante dans la définition des orientations de la politique étrangère, dans un contexte où l’institution militaire cherche à garantir que tout accord avec Washington ne contredise pas ses calculs stratégiques et ses intérêts au sein du système.

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