Politique

La reprise des affrontements avec l’Iran réalise le souhait de Netanyahou


La reprise de l’escalade soutient les orientations de Netanyahou, qui a tenté à plusieurs reprises de raviver la guerre et a constamment mis en doute la capacité de l’accord en discussion entre les États-Unis et Téhéran à freiner le programme nucléaire iranien.

Les médias israéliens ont indiqué que la reprise de la confrontation militaire entre Israël et l’Iran représente l’accomplissement d’un « souhait » du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui s’est efforcé, tout au long des derniers mois, de relancer le conflit afin de servir ses objectifs politiques, tant sur le plan intérieur qu’extérieur.

Le principal analyste militaire du quotidien hébreu Haaretz, Amos Harel, a déclaré lundi que « la reprise de la guerre entre Israël et l’Iran intervient après deux mois de calme ayant suivi le cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran au début du mois d’avril dernier ». Il a souligné que ce regain de tensions correspond aux orientations de Netanyahou, qui a cherché à plusieurs reprises à attiser le conflit et a continuellement exprimé ses doutes quant à la capacité de l’accord actuellement examiné entre Washington et Téhéran à limiter le programme nucléaire iranien ou à répondre aux attentes israéliennes.

Il a ajouté que cette escalade survient « à un moment où Israël se prépare à des élections générales qui semblent décisives pour l’avenir politique de Netanyahou », prévues en septembre ou octobre prochains. Selon lui, le Premier ministre met particulièrement en avant l’idée qu’il a « transformé le Moyen-Orient » à travers les guerres menées à Gaza, contre l’Iran, au Liban et au Yémen.

À l’inverse, plusieurs analystes israéliens ainsi que des responsables de l’opposition affirment que ces conflits n’ont permis d’obtenir aucune victoire décisive sur aucun des fronts concernés.

Les affrontements entre l’Iran et Israël ont repris dimanche soir après deux mois de calme, à la suite d’un bombardement israélien visant la banlieue sud de Beyrouth, auquel l’Iran a répondu par des tirs de missiles en direction du nord d’Israël.

Cette reprise intervient alors qu’Israël se prépare à des élections générales attendues dans les prochains mois, dans un contexte de débat interne sur les résultats des guerres menées par le gouvernement de Netanyahou sur plusieurs fronts.

Jeudi, les résultats d’un sondage d’opinion ont montré que l’ancien chef d’état-major israélien Gadi Eisenkot devançait pour la première fois Netanyahou comme personnalité jugée la plus apte à diriger le gouvernement, un indicateur supplémentaire du recul de la popularité de ce dernier.

L’actuel Premier ministre fait par ailleurs l’objet, depuis 2024, d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale pour des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis à l’encontre des Palestiniens dans la bande de Gaza. Il est également confronté à des accusations de corruption, de pots-de-vin et d’abus de confiance, pour lesquelles un acte d’accusation a été déposé à la fin du mois de novembre 2019.

Concernant le front libanais, Harel a estimé que les opérations militaires israéliennes « n’ont pas atteint les résultats escomptés », ajoutant que « malgré les frappes intensives visant des positions et des dépôts d’armes du Hezbollah dans le sud du Liban, l’armée n’est toujours pas parvenue à atteindre ses objectifs ».

Il a poursuivi en affirmant que le Hezbollah continue « d’utiliser efficacement des drones explosifs, provoquant des pertes importantes dans les rangs israéliens ».

Il a également minimisé l’importance de ce qu’il a qualifié de « tentatives de l’armée israélienne de présenter la prise de contrôle de positions et de caches appartenant au Hezbollah dans le sud du Liban comme des succès stratégiques », estimant que ces tentatives « reflètent davantage les difficultés rencontrées par l’opération militaire israélienne au Liban que l’atteinte réelle de ses objectifs ».

Selon lui, « présenter ces développements comme des succès décisifs rappelle la manière dont Israël avait mis en avant les positions et les caches de l’Organisation de libération de la Palestine dans le sud du Liban pendant la guerre du Liban de 1982 ».

L’offensive israélienne contre le Liban se poursuit depuis le 2 mars dernier, malgré l’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu fragile depuis le 17 avril, prolongé jusqu’au début du mois de juillet prochain.

Cette offensive a causé la mort de 3 613 personnes et blessé 11 072 autres jusqu’à dimanche, en plus de provoquer le déplacement de plus d’un million de personnes.

De son côté, le Hezbollah continue de cibler les forces et les véhicules militaires israéliens dans le sud du Liban et le nord d’Israël au moyen de missiles et de drones, en réponse aux attaques israéliennes et aux violations répétées de l’accord de cessez-le-feu.

Selon le journal Haaretz, le nombre de soldats et d’officiers israéliens tués sur le front libanais depuis le 2 mars s’élève à 30.

Israël occupe par ailleurs plusieurs zones du sud du Liban, certaines depuis des décennies, d’autres depuis la guerre précédente de 2023-2024. Au cours de l’offensive actuelle, les forces israéliennes ont avancé à plus de dix kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, soit leur progression la plus profonde depuis plus de vingt-cinq ans, après leur retrait du sud du Liban en 2000.

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