Moyen-Orient

Le Liban aujourd’hui : frappes israéliennes sur Beyrouth, incursion terrestre et plus d’un million de déplacés


Frappes israéliennes sur Beyrouth et sa banlieue ainsi que dans le sud, incursion terrestre et plus d’un million de déplacés : tel est le tableau aujourd’hui au Liban.

Depuis les premières heures de ce mardi matin, des frappes aériennes israéliennes intensives ont visé trois quartiers de la banlieue sud de la capitale libanaise, Beyrouth.

Parallèlement, une incursion terrestre israélienne s’intensifie dans le sud du Liban, tandis que la situation humanitaire se dégrade fortement, le nombre de déplacés enregistrés dépassant le seuil du million de personnes.

Dans le même temps, le Hezbollah a annoncé avoir visé la ville de Nahariya, dans le nord d’Israël, à l’aide de roquettes et de drones ; des secouristes ont fait état d’un blessé.

Le conflit avec l’Iran s’est étendu au Liban après que le Hezbollah a lancé des roquettes contre Israël en réponse à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, survenue lors des premiers jours de l’offensive américano-israélienne.

Selon l’Agence nationale d’information libanaise, l’aviation militaire israélienne a mené deux frappes visant les zones de « Kafaat » et « Haret Hreik » dans la banlieue sud de Beyrouth.

L’agence a également fait état d’une troisième frappe visant un appartement situé dans les étages supérieurs d’un immeuble dans la zone de « Doha Aramoun ».

Elle a précisé qu’une série de frappes et de tirs d’artillerie s’est également concentrée à l’aube sur des localités du sud, blessant une femme de nationalité éthiopienne, selon le ministère libanais de la Santé.

De son côté, Israël a revendiqué la responsabilité de ces attaques, affirmant que ses frappes visaient des sites du Hezbollah à Beyrouth, dans le cadre de ce qu’il présente comme une riposte aux activités du mouvement.

Extension des opérations terrestres

Dans un développement notable sur le terrain, le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a annoncé dans une publication sur la plateforme X que la « 36e division » avait rejoint les opérations terrestres dans le sud du Liban.

Il a précisé que ces forces avaient, ces derniers jours, « mené une activité terrestre ciblée vers un objectif supplémentaire dans le sud du Liban », afin d’élargir le périmètre de la zone de défense avancée.

Il a ajouté que ces forces opèrent aux côtés de la « 91e division » dans le but de « consolider la zone de défense avancée, éliminer les menaces et créer une couche de sécurité supplémentaire pour les habitants du nord ».

Selon cette publication, le déploiement des forces terrestres a été précédé de bombardements intensifs d’artillerie et de frappes aériennes visant des positions du Hezbollah dans la région.

L’armée israélienne a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses opérations contre le Hezbollah, qui a décidé de rejoindre le conflit sous l’égide de l’Iran.

Avant le lancement de ses opérations terrestres, Israël a ciblé plusieurs ponts et axes routiers stratégiques constituant des voies de communication essentielles dans le sud du Liban, notamment un pont sur le fleuve Litani reliant ses rives nord et sud, ainsi qu’une route principale, ce qui a entraîné l’isolement de la zone frontalière de Marjeyoun de celle de Hasbaya, adjacente à la région de la Bekaa à l’est.

Avertissements d’évacuation

Dans ce contexte, l’armée israélienne a émis de nouveaux avertissements d’évacuation à l’intention des civils libanais.

Dans des publications distinctes sur la plateforme X, le porte-parole Avichay Adraee a appelé les habitants du village de « Arab al-Jal » à évacuer en urgence un bâtiment précis indiqué sur une carte ainsi que les bâtiments avoisinants, affirmant que celui-ci « est utilisé par le Hezbollah ».

Les habitants ont été invités à se tenir à une distance d’au moins 300 mètres.

Ces avertissements s’inscrivent dans le cadre d’ordres d’évacuation plus larges émis par Israël pour des zones du sud du Liban, couvrant un périmètre géographique dépassant 40 kilomètres de la frontière.

Une catastrophe humanitaire

L’escalade militaire, l’élargissement des zones bombardées et les avertissements répétés ont provoqué une grave crise humanitaire. Les autorités libanaises ont annoncé que le nombre de déplacés officiellement enregistrés a dépassé un million de personnes en seulement deux semaines de combats.

Plus de 130 000 d’entre eux sont hébergés dans plus de 600 centres d’accueil collectifs, dans des conditions de vie et de santé difficiles.

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a averti lundi que les déplacés libanais ne seraient pas autorisés à regagner leurs domiciles au sud du fleuve Litani avant « d’avoir garanti la sécurité des habitants du nord d’Israël ».

Bilan des victimes

Par ailleurs, le ministère libanais de la Santé a annoncé que le bilan des victimes depuis le début de l’actuelle confrontation militaire s’élève à 886 morts, dont 67 femmes et 111 enfants, ainsi que 2 141 blessés.

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