Politique

L’Amérique conditionne son soutien au Liban à la tenue d’une rencontre directe entre Aoun et Netanyahou


L’ambassade des États-Unis à Beyrouth affirme qu’un rapprochement entre le Liban et Israël pourrait constituer le début d’une renaissance nationale libanaise.

L’ambassade américaine à Beyrouth a subordonné l’obtention par le Liban de « garanties pour sa pleine souveraineté » à l’organisation d’une rencontre entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Il apparaît ainsi que Washington exerce une forte pression en faveur d’une normalisation des relations libano-israéliennes, objectif figurant parmi ceux fixés par l’administration du président américain Donald Trump malgré la fragilité de l’accord de trêve.

Dans un communiqué, l’ambassade a indiqué que « la tenue d’une rencontre directe entre Aoun et Netanyahou, sous l’égide du président Trump, offrirait au Liban l’opportunité d’obtenir des garanties concrètes pour sa pleine souveraineté, d’assurer le soutien humanitaire et la reconstruction, ainsi que le rétablissement complet de l’autorité de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire, avec la garantie des États-Unis ».

Le communiqué estime que le Liban « se trouve à un carrefour et que son peuple dispose d’une occasion historique de reprendre son pays en main et de façonner son avenir en tant qu’État véritablement souverain et indépendant », soulignant que « un engagement direct entre le Liban et Israël, deux États voisins qui n’auraient jamais dû être en guerre à l’origine, pourrait constituer le début d’une renaissance nationale ».

Il ajoute que « la prolongation de la cessation des hostilités, obtenue à la suite d’une demande personnelle du président Trump, a offert au Liban l’espace et l’occasion de présenter toutes ses revendications légitimes, avec toute l’attention du gouvernement des États-Unis ».

Le communiqué poursuit : « C’est le moment pour le Liban de décider de son destin par lui-même, un destin qui concerne tous ses citoyens », exprimant la disposition des États-Unis à se tenir aux côtés du Liban alors qu’il saisit ce que le communiqué qualifie d’« opportunité », ajoutant : « Le temps de l’hésitation est révolu ».

Le 17 avril, une trêve de dix jours a débuté au Liban, puis a été prolongée jusqu’au 17 mai. Toutefois, Israël la viole quotidiennement par des bombardements meurtriers et des destructions massives d’habitations dans des dizaines de villages du sud du Liban.

Le 23 avril, le deuxième cycle de négociations entre le Liban et Israël s’est tenu à Washington, au niveau de l’ambassadrice du Liban Nada Hamadeh et de l’ambassadeur d’Israël Yehiel Leiter, à l’instar de la première réunion organisée entre les deux parties au siège du département d’État américain le 14 avril, première rencontre de ce type depuis 43 ans.

Avant la trêve, le 2 mars dernier, Israël a lancé une attaque contre le Liban, faisant au total 2 586 morts, 8 020 blessés et plus de 1,6 million de déplacés, soit un cinquième de la population, selon les données officielles les plus récentes.

La semaine dernière, il a été annoncé l’intention d’inviter prochainement Netanyahou et Aoun à Washington, malgré le rejet catégorique par le Hezbollah de toute implication de l’État libanais dans des négociations directes avec l’État hébreu, sans parler d’une normalisation des relations.

Le 15 avril, le président américain a déclaré que les dirigeants d’Israël et du Liban s’entretiendraient le lendemain, pour la première fois à ce niveau depuis plus de trois décennies, sans fournir davantage de détails.

Cependant, l’entretien n’a pas eu lieu. Le 23 avril, Aoun a affirmé qu’un contact avec Netanyahou n’avait jamais été envisagé de sa part.

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