Une mesure française contre les Frères musulmans : le Parlement s’oriente vers l’adoption d’une loi pour lutter contre le mouvement
Un an après la publication d’un rapport gouvernemental mettant en lumière le rôle joué par les Frères musulmans en France,
le Parlement français a adopté une proposition de loi présentée par l’ancien ministre de l’Intérieur et chef du parti Bruno Retailleau, visant à lutter contre ce qui est qualifié d’« infiltration de l’islam politique ».
Le texte prévoit la création d’une nouvelle infraction liée à « l’atteinte aux principes de la République ».
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Le site officiel du Parlement français, Sénat Public, indique que « il y a environ un an, à la même date, Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, avait reçu un rapport intitulé : “Les Frères musulmans et l’islam politique en France” ».
Ce rapport, composé de 73 pages, faisait état de 139 lieux de culte musulmans liés aux Frères musulmans, de 68 lieux « considérés comme proches de l’Union », ainsi que de 21 institutions identifiées comme rattachées au « courant frériste ».
Retailleau avait averti que cela constituait « une menace pour la République et pour notre cohésion nationale », considérant la lutte contre l’islam politique des Frères comme l’une de ses « priorités majeures ».
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Le site du Parlement précise qu’après son retour à ses fonctions de sénateur, et en tant que candidat officiel du parti Les Républicains à la prochaine élection présidentielle, Retailleau a traduit ses propos en actes en déposant, il y a deux mois, cette proposition de loi visant à contrer cette infiltration.
Le texte a été adopté mercredi en commission des lois, après avoir été partiellement remanié par la rapporteure Agnès Canayer, par l’adoption de plusieurs amendements.
Canayer a déclaré : « Le texte a été élaboré en collaboration avec différentes parties, notamment les services de renseignement et le ministère des Finances… Ces services avaient informé Bruno Retailleau, lorsqu’il était ministre, de leur manque d’outils concrets pour faire face à cette menace diffuse. »
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Elle a ajouté que « la proposition de loi constitue une première ébauche destinée à apporter des solutions pratiques à ce phénomène. Notre rôle a été de l’améliorer, de le rendre applicable, tout en veillant au respect des libertés individuelles ».
Selon la nouvelle rédaction proposée par la rapporteure, l’infraction vise désormais « les actions menées de manière coordonnée et contraignante dans le but d’amener une entité publique ou privée, ou un groupe informel, à prendre des décisions ou à adopter des pratiques contraires aux règles juridiques en vigueur, avec l’intention de porter une atteinte grave aux principes de la République définis par la Constitution ».
Ces principes comprennent : « le caractère indivisible, laïque, démocratique et social de la République, l’égalité devant la loi de tous les citoyens, le respect de toutes les croyances, ainsi que l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’accès aux responsabilités ».
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Accord du préfet requis pour la construction de lieux de culte
En commission, les sénateurs ont ajouté, à l’exigence de l’accord du préfet, l’obligation de respecter les mêmes critères appliqués dans les cas de fermeture de lieux de culte, notamment la possibilité de dissoudre administrativement l’entité porteuse du projet si elle fait l’objet de procédures judiciaires liées à des actes de terrorisme ou à l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination.
La proposition de loi prévoit également l’extension du délai de prescription des délits de presse à trois ans, une mesure visant en particulier les publications destinées aux mineurs.
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À un an de l’élection présidentielle, ce projet prend une dimension politique, d’autant que le successeur de Bruno Retailleau, Laurent Nunez, travaille lui aussi sur un texte similaire concernant l’infiltration, en attente de l’avis du Conseil d’État avant sa présentation en Conseil des ministres.
Le texte de Bruno Retailleau doit être examiné en séance publique les 5 et 6 mai prochains.
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