Politique

Washington et les négociations de règlement au Liban… La recette du bâton et de la carotte 


Les États-Unis se trouvent à un moment historique, disposant d’une opportunité de mettre fin à un conflit qui dure depuis des décennies entre Israël et le Liban, à condition de tenir leurs promesses de « soutien ».

Selon le magazine américain The National Interest, le président Donald Trump a l’occasion de réaliser ce qu’aucun président américain n’a réussi à accomplir depuis près d’un demi-siècle : mettre définitivement fin à la guerre entre Israël et le Liban.

Washington a déjà pris l’initiative diplomatique en réunissant les ambassadeurs israélien et libanais à la Maison-Blanche afin de prolonger le cessez-le-feu temporaire.

L’attention de haut niveau que Washington accorde au Liban, y compris les efforts actifs déployés par le président des États-Unis pour amener à la Maison-Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le président libanais Joseph Aoun, constitue un signal clair que Washington voit dans le Liban une opportunité stratégique.

Deux réalités

Le magazine indique : « Si cette initiative veut réussir là où l’administration de Joe Biden a échoué en 2024 et faire de cette guerre la dernière entre Israël et le Liban, elle doit affronter deux réalités dérangeantes que les deux parties, ainsi que Washington, ont jusqu’à présent évitées. »

La première réalité est que la « zone de sécurité » israélienne, qui ne cesse de s’étendre dans le sud du Liban, déchire le pays. Un Libanais sur cinq a été déplacé. Des villages entiers ont été réduits en ruines.

Parmi plus de 2 100 personnes tuées dans cette guerre, 172 étaient des enfants.

Le magazine poursuit : « La seconde réalité est que le gouvernement libanais a sapé sa crédibilité en ne mettant pas en œuvre ses propres décisions. »

Il ajoute : « Fondamentalement, la décision de désarmer le Hezbollah n’était pas une imposition internationale ; c’est le Liban qui l’a demandée, et il appartient au Liban de l’appliquer. Aoun a promis à son peuple que l’État détiendrait le monopole de l’usage de la force lorsqu’il a pris ses fonctions, et le Premier ministre libanais Nawaf Salam a précisé que cette décision est enracinée dans la souveraineté du Liban. »

Bien que le gouvernement libanais ait pris des mesures importantes pour criminaliser les activités militaires du Hezbollah et s’engager à désarmer les milices, il n’a pas tenu ses promesses.

Il y a quelques mois, ses dirigeants civils et militaires ont annoncé au peuple libanais et au monde qu’ils avaient purgé le sud du Liban des armes du Hezbollah et que le Liban n’entrerait pas dans le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran.

Cependant, le Hezbollah a pris cette décision et s’est engagé dans la dernière guerre.

Une opportunité

Selon le magazine, Washington dispose de la crédibilité et de l’influence nécessaires pour avancer dans un processus graduel visant à restaurer la confiance indispensable à la réalisation des objectifs communs : le désarmement du Hezbollah et le retrait d’Israël.

À la table des négociations, le cessez-le-feu a mis les événements en mouvement, et la première étape commence déjà à prendre forme. Le Premier ministre libanais a appelé à faire de Beyrouth une capitale démilitarisée, un point de départ simple mais profond : le cœur politique et économique du pays doit appartenir à l’État, et non aux milices.

Il revient désormais au gouvernement et aux forces armées libanaises d’honorer cette promesse. S’ils y parviennent, le cessez-le-feu pourrait commencer à transformer la réalité sur le terrain.

Selon The National Interest, l’existence d’une capitale solidement placée sous l’autorité de l’État indiquerait que le Liban est sérieux dans l’accomplissement de cette mission après des années de faux départs. Cela offrirait à Washington une marge plus large pour encourager les deux parties à poursuivre les mesures difficiles mais nécessaires afin d’atteindre l’objectif essentiel : un État libanais exerçant une souveraineté totale sur son territoire, sa sécurité et ses décisions relatives à la guerre et à la paix.

En revanche, le Hezbollah et ses soutiens iraniens s’efforceront de saboter ce progrès. L’Iran souhaitait négocier un cessez-le-feu temporaire au Liban afin de préserver ce qui reste du joyau de son réseau de mandataires.

Mais l’Iran comme le Hezbollah ont été affaiblis par cette guerre. Plus important encore, ils ont perdu la confiance du peuple libanais après avoir entraîné le pays dans une guerre qu’il n’avait pas choisie.

La recette de la solution

Ainsi, Washington est la seule partie capable d’offrir aux Libanais, dans ce contexte, une chance de négocier la fin du conflit avec Israël selon les conditions de Beyrouth et non celles de Téhéran, et un avenir défini par le gouvernement libanais et son peuple, et non par l’Iran.

Dans ce cadre, le magazine propose une « recette » à l’administration américaine pour le processus de négociation : elle doit agir simultanément sur deux axes, soutenir l’État libanais et accroître le coût de ceux qui le sapent.

En pratique, cela signifie adopter une approche du « bâton et de la carotte » : un soutien américain décisif aux institutions libanaises, à l’économie libanaise et aux forces armées libanaises d’une part, et une pression implacable sur ceux qui entravent l’État de l’intérieur, notamment par l’imposition de sanctions contre les acteurs corrompus qui empêchent l’État de mettre en œuvre ses décisions, au premier rang desquels le Hezbollah.

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