Washington cherche à former une coalition internationale pour sécuriser le détroit d’Ormuz
Une dépêche du département d’État américain révèle que la mise en place de ce qui est appelé « Construction de la liberté maritime » constitue une première étape cruciale pour établir une architecture de sécurité maritime au Moyen-Orient dans la phase post-conflit.
Une dépêche du département d’État américain montre que l’administration du président Donald Trump cherche à impliquer d’autres pays afin de former une coalition internationale destinée à rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, dans un contexte de divergences entre Washington et plusieurs pays européens et occidentaux au sujet de la guerre.
La dépêche, datée du 28 avril, indique que le secrétaire d’État américain Marco Rubio a approuvé la formation de « Construction de la liberté maritime », qualifiée d’initiative conjointe entre le département d’État et le département de la Défense.
Elle précise que « Construction de la liberté maritime » représente une première étape décisive pour poser les bases d’une architecture de sécurité maritime au Moyen-Orient dans la période post-conflit. Ce cadre est jugé essentiel pour garantir la sécurité énergétique à long terme, protéger les infrastructures maritimes vitales et préserver les droits et libertés de navigation dans les voies maritimes stratégiques.
La dépêche explique que la composante dirigée par le département d’État agira comme un centre diplomatique entre les pays partenaires et le secteur du transport maritime, tandis que la composante relevant du département de la Défense, opérant depuis le siège du commandement central américain en Floride, assurera la coordination en temps réel du trafic maritime et la communication directe avec les navires traversant le détroit.
Le journal The Wall Street Journal a été le premier à faire état de cette initiative américaine.
La dépêche indique que les ambassades américaines doivent présenter cette initiative verbalement aux pays partenaires avant le 1er mai, à l’exclusion de la Russie, de la Chine, de la Biélorussie, de Cuba et « d’autres adversaires des États-Unis ».
Elle souligne que la participation peut prendre des formes diplomatiques, l’échange d’informations, l’application des sanctions, une présence navale, ou d’autres formes de soutien.
La dépêche ajoute : « Nous accueillons favorablement tous les niveaux de participation et nous n’attendons pas de votre pays qu’il détourne ses moyens et ressources navales des structures et organisations maritimes régionales existantes », précisant que cette initiative n’a aucun lien « avec la campagne de pression maximale adoptée par le président ni avec les négociations en cours ».
Pendant la guerre, Trump a appelé les pays dépendant du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz à assumer la responsabilité de la sécurisation de cette voie maritime stratégique, dans des déclarations reflétant une orientation américaine visant à inciter les partenaires de Washington à jouer un rôle accru dans la protection des routes énergétiques mondiales dans un contexte d’escalade militaire continue dans la région.
Des pays tels que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont refusé de participer à la guerre contre l’Iran, mais s’efforcent depuis un certain temps de contribuer à la sécurisation de la navigation dans le détroit d’Ormuz, à la suite des menaces proférées par le Corps des gardiens de la révolution islamique dans un passage par lequel transite 20 % du pétrole et du gaz mondiaux.
De nombreux pays européens et occidentaux ont été affectés par la persistance du blocus dans le détroit d’Ormuz, tout en appelant à la réussite des négociations entre l’Iran et les États-Unis, sous médiation pakistanaise, afin de surmonter la crise.
