Politique

Techniques avancées et force de frappe : ainsi les États-Unis assiègent l’Iran et nettoient le détroit d’Hormuz


Six semaines après le déclenchement de la guerre avec l’Iran, le président Donald Trump a confié à la marine américaine une mission considérée comme la plus difficile et la plus dangereuse de ce conflit à ce stade.

Selon CNN, cette mission consiste à imposer un blocus naval complet à l’Iran, ainsi qu’à dépolluer le stratégique détroit d’Hormuz des mines posées par Téhéran.

Le United States Central Command (CENTCOM) a annoncé que le blocus est entré en vigueur à 10 heures du matin (heure de la côte Est des États-Unis) lundi, couvrant l’ensemble des ports iraniens à l’intérieur et à l’extérieur du détroit, ce passage vital que l’Iran contrôle depuis le début de la guerre.

Donald Trump a indiqué que le périmètre de la mission pourrait s’étendre au-delà du golfe Arabo-Persique, affirmant que la marine inspectera et arrêtera tout navire, dans les eaux internationales, ayant versé des redevances illégales à l’Iran, selon le reportage de CNN.

Techniques avancées

Dans une interview accordée à l’émission « Sunday Morning » sur Fox News, Donald Trump a confirmé que les États-Unis ont déjà commencé à déployer leurs capacités de lutte contre les mines, déclarant : « Nous avons des dragueurs de mines sur place ». Il a ajouté que son pays s’appuie sur une combinaison de systèmes avancés et traditionnels, avec le soutien de pays alliés, dont le Royaume-Uni, qui a également envoyé des dragueurs de mines pour participer à l’opération.

Le CENTCOM a, pour sa part, annoncé samedi le lancement des opérations de déminage du détroit, à la suite du passage de deux destroyers américains – l’USS Michael Murphy et l’USS Frank E. Petersen – dans le passage maritime pour la première fois depuis le début des affrontements.

Les experts estiment toutefois que ces destroyers ne sont pas les plus adaptés à la lutte contre les mines et que leur traversée visait probablement à démontrer la navigabilité du chenal principal et l’absence de mines sur cette route.

Drones sous-marins

Le CENTCOM a précisé que le plan de déminage comprend le déploiement, dans les prochains jours, de drones sous-marins destinés à détecter les mines iraniennes et à localiser leur position en vue de leur neutralisation.

De son côté, le New York Post a indiqué que la marine américaine s’appuie, dans cette mission, sur des technologies avancées, notamment le drone sous-marin « Knifefish », développé par General Dynamics, qui pèse environ 17 000 livres et se distingue par sa capacité à détecter les mines enfouies ainsi que celles situées dans des environnements marins complexes.

Le dispositif comprend également le drone sous-marin « Kingfish 2 », un véhicule de forme cylindrique équipé de systèmes sonar avancés destinés à cartographier les fonds marins et à repérer les objets suspects susceptibles d’être des mines.

Parallèlement, la marine américaine utilise des hélicoptères MH-60S, équipés d’un système aéroporté de détection laser des mines et d’un système de neutralisation, permettant une détection rapide suivie de leur destruction au moyen de charges de précision.

Les analystes estiment que le déminage effectif sera principalement assuré par ces drones sous-marins, appuyés par des navires de combat côtiers dotés de systèmes antimines et par des hélicoptères spécialisés.

Les défis du blocus

Outre la mission de déminage, l’imposition du blocus naval pose d’importants défis logistiques et militaires. Les analystes jugent la mission procéduralement complexe mais réalisable, compte tenu de la supériorité navale américaine.

Évaluant les forces nécessaires, l’amiral à la retraite James Stavridis a déclaré que le Pentagone aura besoin de deux groupes aéronavals articulés autour de porte-avions et d’environ douze navires de surface en dehors du golfe pour patrouiller à l’entrée du détroit.

À l’intérieur du golfe, au moins six destroyers américains seraient nécessaires, ainsi que des forces navales chargées « d’encercler le détroit des deux côtés ».

De son côté, l’analyste Carl Schuster, ancien capitaine de la marine américaine, a expliqué que, parmi ces six destroyers, deux seraient affectés aux opérations d’arraisonnement de navires marchands, tandis que les quatre autres seraient chargés de contrer toute tentative iranienne d’entraver les opérations.

Il a ajouté que chaque destroyer est capable de mener six opérations de saisie de navires par jour, sachant qu’environ 130 navires traversaient quotidiennement le détroit avant la guerre.

Le « droit des prises »

Selon CNN, la marine américaine entraîne des équipes spécialisées dans l’arraisonnement de navires marchands, composées de 10 à 14 membres, incluant un officier de pont chargé de conduire le navire saisi vers un port de détention.

Plutôt qu’un blocus traditionnel, la chercheuse Jennifer Parker estime que Washington pourrait recourir à la saisie en vertu du « droit des prises » en droit international, qui autorise les belligérants à capturer les navires et cargaisons commerciales ennemis, ainsi qu’à inspecter les navires neutres et à les saisir s’ils transportent de la contrebande ou contribuent à l’effort de guerre adverse.

Types de mines iraniennes

Les mines que l’Iran pourrait déployer comprennent des mines de contact, des mines à influence électrique, des mines magnétiques, des mines acoustiques et des mines à pression déclenchées par les variations de pression de l’eau.

Les analyses indiquent que certaines mines complexes combinent plusieurs de ces mécanismes et que certaines sont dotées de dispositifs permettant le passage d’un certain nombre de navires avant l’explosion, ce qui rend extrêmement difficile la vérification de la neutralisation complète d’un champ de mines.

La lutte contre les mines repose sur deux méthodes : le dragage (pour couper les câbles des mines ancrées) et la recherche par sonar ou laser pour détruire les mines de fond. Toutefois, les techniques de dragage sont inefficaces contre les mines complexes et les mines à pression.

Les analystes soulignent que la capacité des États-Unis à procéder seuls au déminage reste limitée, d’autant que la marine américaine a retiré du service l’an dernier quatre dragueurs de mines spécialisés.

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