Téhéran agite l’option nucléaire économique à Hormuz
Ali Larijani affirme que le détroit d’Hormuz doit soit rester un passage d’ouverture pour tous, soit devenir un point d’étranglement pour ceux qui rêvent de guerre.
Le ton des avertissements émanant de Téhéran s’est nettement durci, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, ayant évoqué la possibilité de transformer le détroit d’Hormuz en un « point d’étranglement » mondial. Cette menace vise à exercer une pression sur l’alliance américano-israélienne afin qu’elle mette fin aux opérations militaires en cours contre l’Iran.
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Dans une publication sur la plateforme X, Larijani a placé la communauté internationale face à deux options difficiles, déclarant que « le détroit d’Hormuz doit soit être un passage d’ouverture pour tous, soit devenir un passage d’étranglement pour ceux qui rêvent de guerres ».
Cette déclaration constitue une reconnaissance implicite que Téhéran a commencé à utiliser ce que certains analystes appellent « l’arme de la géographie » en réponse aux frappes visant ses dirigeants. Ce corridor maritime, par lequel transite environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole, se trouve désormais dans un état de quasi-paralysie à la suite d’attaques iraniennes ayant ciblé des navires pétroliers. Ces incidents ont poussé les compagnies d’assurance maritime à augmenter leurs primes à des niveaux record et à modifier les itinéraires de navigation.
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Les messages de Larijani ne se sont pas limités à des menaces concernant la navigation maritime. Ils ont également pris une dimension personnelle et existentielle en réponse aux déclarations du président Donald Trump, qui avait menacé de rendre « presque impossible » la reconstruction de l’Iran.
Larijani a qualifié les propos de Trump de « creux ». Il a également invoqué la symbolique religieuse du jour d’Achoura, s’adressant aux États-Unis en affirmant que « le peuple iranien ne craint pas vos menaces. Des puissances plus grandes que vous ont échoué à l’effacer, alors prenez garde à ne pas être ceux qui disparaîtront ».
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Cette rhétorique laisse entendre que Téhéran est passé d’une phase de « défense du régime » à une phase de « guerre de survie », dans laquelle la mobilisation populaire est encouragée à travers des références à l’injustice historique et à la résistance.
Cette escalade intervient après l’attaque majeure lancée le 28 février dernier, considérée comme un tournant historique au Moyen-Orient. Les frappes israélo-américaines ont entraîné la mort du guide suprême Ali Khamenei ainsi que de plusieurs hauts responsables sécuritaires, plaçant Larijani et le Conseil suprême de sécurité nationale au premier plan dans la gestion de la phase de transition et de la confrontation en cours.
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L’Iran ne s’est pas limité à des frappes directes de missiles contre Israël, mais a également étendu ses opérations aux « intérêts américains » dans plusieurs pays arabes voisins. Ces attaques ont provoqué des victimes civiles et suscité une vague de condamnations régionales, étant perçues comme une violation de la souveraineté de ces États.
Téhéran est conscient que la fermeture du détroit d’Hormuz constitue ce que certains qualifient d’« option nucléaire économique ». Le pays semble parier sur le fait que les grandes puissances importatrices d’énergie, notamment la Chine et l’Inde, ne pourraient supporter une interruption prolongée des flux pétroliers, ce qui pourrait les conduire à exercer des pressions sur Washington afin de freiner les opérations militaires israéliennes.
Dans ce contexte, un haut responsable du secteur énergétique dans le Golfe a déclaré mardi que la seule solution pour rouvrir le détroit d’Hormuz aux expéditions de pétrole et de gaz consistait à mettre fin à la guerre avec l’Iran, répondant ainsi à une question posée sur ce sujet.
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