L'Europe

Nouvelle initiative contre les Frères musulmans au Parlement allemand


Une nouvelle initiative contre les Frères musulmans en Allemagne met en lumière les tentatives du groupe et d’autres courants islamistes d’infiltrer les partis politiques et de créer en leur sein des « cercles d’influence et de radicalisation ».

Le groupe parlementaire du parti Alternative pour l’Allemagne a déposé, il y a quelques jours, une interpellation au Parlement, concernant l’infiltration des organisations islamistes, en particulier les Frères musulmans, au sein des partis du centre politique allemand.

Le préambule de l’interpellation indique : « L’infiltration discrète de notre société constitue l’un des plus grands dangers menaçant la démocratie dans notre pays », ajoutant : « Cette infiltration ne se limite pas aux islamistes extrémistes, mais s’étend également à une vision hostile à l’Occident adoptée par certains courants de gauche ».

Le texte poursuit : « Il existe déjà un terme en France pour désigner ce phénomène : l’islamo-gauchisme, qui désigne une alliance néfaste entre certaines composantes de l’extrême gauche et des acteurs islamistes, où toute critique de l’islam politique est présentée comme étant de droite ».

En Allemagne également, de tels cas se multiplient. Le président du Parti social-démocrate à Berlin, Martin Hikel, s’est retiré de sa candidature au poste de maire de l’arrondissement de Neukölln il y a quelques mois, après avoir été visé par des accusations émanant de cercles de l’aile radicale du parti, en raison de sa position sur l’islam politique.

À la suite de cela, il a déclaré : « Cette journée m’a montré de manière effrayante à quel point l’influence de l’islamisme est profondément enracinée dans les discours du Parti social-démocrate à Berlin ».

Il a ajouté : « Nous avons un problème avec l’islam politique, que nous ne pouvons plus ignorer ».

Selon le préambule du rapport, des avertissements similaires ont émergé au sein du Parti social-démocrate à Berlin, certains responsables estimant que le silence favorise l’expansion de l’influence des Frères musulmans au sein du parti.

Exemples

Sans citer de noms, l’interpellation a fourni des exemples précis de l’influence des organisations islamistes, notamment des Frères musulmans, au sein du Parti social-démocrate, en particulier le président du centre « Taiba » (en référence à Farid Haidar), dont le centre culturel a été mentionné dans un rapport de l’Office fédéral de protection de la Constitution comme faisant partie du réseau du groupe.

Des responsables du Parti social-démocrate ont également participé à des événements organisés par la « Plateforme de rencontres de Neukölln » (NBS), une organisation mentionnée dans le rapport de l’Office de protection de la Constitution en raison de ses liens avec l’Organisation de la communauté musulmane allemande, considérée comme le bras des Frères musulmans dans le pays, selon l’interpellation.

L’interpellation a adressé des questions précises au gouvernement, notamment : le gouvernement fédéral est-il au courant de l’infiltration d’islamistes dans les structures des partis politiques représentés au Bundestag, et quelle est la gravité de ce phénomène ?

Elle poursuit : « Le gouvernement fédéral considère-t-il que certains partis actuellement représentés au Parlement sont particulièrement exposés au risque d’infiltration par des islamistes, et lesquels ? »

Elle ajoute : « Les services de sécurité fédéraux ont-ils, au cours des cinq dernières années, adressé des avertissements spécifiques aux partis représentés au Bundestag concernant d’éventuelles tentatives d’infiltration ou d’influence de la part d’organisations islamistes, notamment les Frères musulmans ? »

Le gouvernement devrait répondre à cette interpellation et à ses questions dans les semaines à venir.

Avertissements et éléments probants

La responsable de l’intégration dans l’arrondissement de Neukölln à Berlin, et membre du Parti social-démocrate, Güner Balci, avait évoqué en novembre dernier le risque d’infiltration des courants de l’islam politique au sein du parti.

Cette déclaration est intervenue après la démission du maire de l’arrondissement, issu du Parti social-démocrate, Martin Hikel, à la suite d’un différend avec ses collègues concernant l’influence de l’extrémisme et de réseaux criminels liés à des clans d’origine arabe dans le quartier.

Les propos de Balci sur l’influence des Frères musulmans au sein de son parti confirment des indications plus anciennes, les tentatives du groupe pour infiltrer ce parti de centre-gauche se poursuivant depuis un certain temps.

Dans un rapport précédent, des figures affiliées aux Frères musulmans occupent des positions importantes au sein du parti.

En 2014, l’activiste liée aux Frères musulmans, Lydia Nofal, a participé à la fondation du groupe de travail islamique au sein du Parti social-démocrate, permettant ainsi au mouvement d’infiltrer le deuxième plus grand parti d’Allemagne.

Ce groupe compte également parmi ses membres Mohamed Hajjaj, l’un des principaux dirigeants des Frères musulmans en Allemagne.

Nofal entretient des liens personnels avec les Frères musulmans, participant à des activités de l’Organisation de la jeunesse musulmane, une structure affiliée au mouvement, qui a été surveillée pendant une période par l’Office de protection de la Constitution.

Les Frères musulmans disposent d’une présence significative en Allemagne à travers l’Organisation de la société islamique et de nombreuses petites organisations et mosquées réparties sur l’ensemble du territoire.

Les institutions et les dirigeants des Frères musulmans en Allemagne sont placés sous la surveillance de l’Office de protection de la Constitution, qui les considère comme une menace pour l’ordre constitutionnel.

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