Moyen-Orient

Médias hébreux : Israël trace trois lignes de terrain au sud du Liban


L’armée israélienne se prépare, à travers le tracé de ces lignes, à un maintien durable dans les zones qu’elle contrôle, appelant les habitants du Sud à éviter des secteurs déclarés interdits.

Les indices se multiplient indiquant que la division des zones sous contrôle israélien au sud du Liban en trois périmètres de terrain ne répond pas uniquement à des considérations sécuritaires temporaires, mais reflète une orientation vers l’ancrage d’une présence de long terme dans ces zones, selon des médias hébreux à la suite de l’accord de cessez-le-feu avec Beyrouth. L’avertissement lancé par les forces israéliennes aux Libanais de ne pas s’approcher de zones qualifiées d’interdites constitue, selon ces sources, un indice de cette démarche.

Selon ce qu’a rapporté Yedioth Ahronoth, l’armée israélienne a réorganisé son déploiement en trois strates géographiques s’étendant de la bande frontalière vers l’intérieur du territoire libanais. Le premier périmètre, désigné comme la « ligne rouge », comprend les villages directement adjacents à la frontière, où des infrastructures et des bâtiments ont subi d’importantes destructions lors des dernières opérations, tandis que les forces israéliennes ont établi des positions fixes en plusieurs points.

La « ligne jaune », quant à elle, se situe entre six et dix kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, où une présence militaire se poursuit avec des frictions intermittentes, notamment autour de la localité de Bint Jbeil, considérée comme l’un des principaux bastions du Hezbollah. Ce déploiement traduit, selon les estimations, une volonté d’imposer un contrôle de terrain empêchant toute menace directe vers le nord d’Israël.

Le troisième périmètre s’étend jusqu’au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière, où l’armée israélienne s’appuie sur des postes d’observation denses et sur l’usage de la puissance de feu pour consolider sa présence sans déploiement terrestre massif.

Bien qu’aucun commentaire officiel immédiat n’ait été publié par l’armée israélienne, les données indiquent que la largeur de la zone de déploiement pourrait atteindre environ dix kilomètres et inclure des dizaines de villages. Ces dispositions sont perçues comme faisant partie d’une stratégie visant à empêcher les tirs de roquettes vers le nord d’Israël.

L’armée israélienne a averti lundi les habitants du sud du Liban de ne pas se déplacer au sud d’une ligne de villages déterminés ni de s’approcher des zones proches du Litani, affirmant que ses forces demeurent déployées dans la région durant la période de cessez-le-feu en raison de ce qu’elle décrit comme la poursuite des activités du Hezbollah.

Dans un communiqué, le porte-parole de l’armée, Avichay Adraee, a exhorté les civils libanais à ne pas retourner dans plusieurs villages frontaliers jusqu’à nouvel ordre, évoquant des risques sécuritaires.

Le Hezbollah a annoncé lundi matin avoir détruit quatre chars israéliens dans le sud du Liban, en réponse à ce qu’il qualifie de violations du cessez-le-feu déclaré depuis jeudi dernier par Tel-Aviv.

Dans un communiqué, le parti a indiqué que les « forces d’occupation israéliennes » avaient commis dimanche une nouvelle violation s’ajoutant à « une série de violations flagrantes et documentées » du cessez-le-feu, précisant qu’un convoi de l’armée israélienne composé de huit véhicules blindés se déplaçait de la localité de Taybeh vers l’ancien site d’Al-Sallaa dans la localité de Deir Seryan, lorsqu’il a été touché par l’explosion d’engins explosifs placés à l’avance par ses combattants.

Il a ajouté que l’explosion s’est produite en deux temps et a conduit à la « destruction de quatre chars Merkava, dans lesquels des flammes ont été observées, avant que l’ennemi ne procède à leur retrait du lieu de l’incident ».

Dans le même contexte, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait évoqué l’établissement d’une « zone de sécurité renforcée » s’étendant de la mer Méditerranée à la frontière syrienne, ce qui renforce les spéculations selon lesquelles les dispositions actuelles pourraient devenir une réalité durable dépassant le cadre du cessez-le-feu temporaire.

Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a pour sa part affirmé que les éléments du parti resteraient sur le terrain « la main sur la détente », laissant entendre la possibilité d’une reprise des combats, et appelant au retrait de l’armée israélienne des zones qu’elle a prises lors du dernier cycle de guerre.

Le président américain Donald Trump avait annoncé jeudi soir la conclusion d’un accord de cessez-le-feu au Liban pour une durée de dix jours, prenant effet à minuit dans la nuit de jeudi à vendredi, heure de Tel-Aviv et de Beyrouth.

Cela intervient après 45 jours d’attaque israélienne contre le Liban, entamée le 2 mars dernier, qui a fait, selon les dernières données officielles, plus de 2 294 morts et 7 544 blessés, ainsi que le déplacement de plus d’un million de personnes.

Israël avait déjà lancé une guerre contre le Liban en octobre 2023, suivie d’un cessez-le-feu annoncé en novembre de l’année suivante, que Tel-Aviv a toutefois violé à plusieurs reprises, avant d’élargir de nouveau ses opérations militaires le 2 mars dernier.

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