Accusations contre l’Iran de recruter des enfants en prévision d’une reprise de la guerre
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montreraient, selon l’opposition, des responsables militaires et sécuritaires iraniens remettant des armes à des enfants lors de rassemblements de soutien au régime.
Des organisations internationales de défense des droits humains et des rapports de l’opposition iranienne accusent les autorités de Téhéran d’élargir le recrutement de mineurs à l’approche de la fin de la trêve avec les États-Unis et dans un contexte de difficultés évoquées quant à la conclusion d’un accord au Pakistan. Ces allégations incluraient l’assignation de tâches sécuritaires susceptibles de placer des enfants au cœur des opérations. Téhéran, pour sa part, nie l’existence d’une politique officielle de recrutement d’enfants et affirme que la mobilisation est volontaire.
Selon le site « Iran International », des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montreraient des responsables militaires et sécuritaires iraniens remettant des armes à des enfants lors de rassemblements pro-régime.
Le site d’opposition indique également que des cas de recrutement d’enfants pour des missions à caractère militaire, notamment à des postes de contrôle, avaient déjà été documentés par le passé.
Des organisations internationales de défense des droits humains avaient auparavant, en particulier pendant la guerre, fait état de données de terrain et de témoignages documentés indiquant une extension du recrutement de mineurs en Iran.
Human Rights Watch a rapporté que le Islamic Revolutionary Guard Corps avait, avant la trêve, mené des campagnes de mobilisation incluant des enfants dont certains n’auraient pas dépassé l’âge de 12 ans, sous des slogans liés à la « défense de la patrie » et à la mobilisation nationale.
De son côté, Amnesty International a indiqué disposer de documents visuels et de témoignages de terrain attestant de la participation de mineurs à des activités à caractère militaire ou paramilitaire, notamment le port d’armes, la présence à des postes de contrôle et la participation à des patrouilles sur le terrain.
L’organisation a estimé que l’implication d’enfants de moins de quinze ans dans de tels rôles pourrait, si elle était confirmée, constituer de graves violations susceptibles d’être qualifiées de crimes de guerre au regard du droit international.
Les rapports précisent que les rôles attribués aux mineurs ne se limiteraient pas aux affrontements directs, mais s’étendraient à des tâches de soutien logistique, telles que le transport de fournitures, la prestation de services de premiers secours, l’assistance au sein de sites militaires ou sécuritaires, ainsi que l’accompagnement d’éléments armés dans certaines installations. Les organisations soulignent toutefois que la présence d’enfants dans ces environnements les expose directement aux dangers des opérations de combat, même sans participation active aux combats.
Dans leur analyse, ces rapports établissent un lien entre l’extension du phénomène de recrutement et les pressions militaires croissantes exercées sur l’Iran, estimant que les autorités pourraient recourir à une mobilisation élargie pour compenser un déficit en effectifs et renforcer le dispositif sécuritaire intérieur, au détriment des mineurs.
En réponse, Téhéran rejette l’existence d’une politique officielle de recrutement d’enfants et affirme que ce qui est présenté dans ce contexte relève de la mobilisation populaire à travers les forces du Basij, insistant sur le caractère volontaire et non nécessairement combattant de cette participation. Le dossier demeure ainsi l’objet d’un vif débat entre accusations d’organisations de défense des droits humains et position officielle iranienne.
Les cas de recrutement d’enfants ne sont toutefois pas inédits parmi les alliés régionaux de l’Iran, à l’image des Houthi movement, qui ont eu recours au recrutement de mineurs au cours de leurs conflits.
