Politique

L’Iran annonce l’arrivée d’un navire de marchandises malgré une annonce américaine de son interception


L’agence Fars News Agency a indiqué qu’un navire de commerce iranien est arrivé dans le pays via la mer d’Oman, malgré une tentative de la marine américaine de s’en emparer dans le cadre du blocus qu’elle impose aux ports iraniens et que Téhéran rejette.

L’agence iranienne a précisé qu’un vraquier transportant du riz a pu traverser la mer d’Oman sans incident. Elle a ajouté que le navire, que la marine américaine aurait tenté de retenir, est parvenu en Iran après avoir été escorté par des unités des forces navales du Islamic Revolutionary Guard Corps.

Plus tôt jeudi, le président américain Donald Trump a annoncé que la marine de son pays avait pris le contrôle d’un navire iranien nommé « Tosca », après son interception dans le golfe d’Oman, au motif qu’il tentait de briser le blocus maritime.

Le Ministry of Foreign Affairs of the People’s Republic of China a rejeté vendredi une accusation de Trump selon laquelle le navire battant pavillon iranien intercepté par les forces américaines constituait « un cadeau de la Chine ».

Le porte-parole du ministère, Guo Jiakun, a déclaré aux journalistes, en référence au navire iranien, qu’il ne fallait pas perturber le commerce normal entre les pays.

Le 20 avril, le United States Central Command a annoncé que, depuis le début du blocus imposé le 13 du même mois aux navires entrant ou sortant des ports et des zones côtières iraniennes, les forces américaines avaient ordonné à 27 navires de faire demi-tour ou de se diriger vers un port iranien.

Le président américain avait auparavant annoncé, après l’échec du premier cycle de négociations avec l’Iran au Pakistan, le début de l’imposition d’un blocus sur le détroit d’Ormuz. Il a également annoncé mardi la prolongation de la trêve avec l’Iran, à la demande du Pakistan, dans l’attente de la présentation par Téhéran de sa proposition, sans en préciser la durée.

Des réunions militaires de haut niveau se sont tenues à London, rassemblant des planificateurs militaires de plus de 40 pays, dont certains souhaitent rejoindre une initiative menée par le United Kingdom et la France, visant à garantir le maintien de l’ouverture du détroit d’Ormuz après la fin de la guerre avec l’Iran.

Selon l’agence britannique PA Media, des représentants militaires ont participé à une conférence de deux jours au quartier général interarmées permanent des forces britanniques à Northwood Headquarters, où ils ont discuté d’éventuels dispositifs de sécurité pour protéger la navigation internationale dans l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde.

Ces discussions s’inscrivent dans la continuité d’efforts diplomatiques et militaires antérieurs, à la suite de rencontres ayant réuni le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron à Paris la semaine précédente, axées sur l’élaboration d’un cadre de défense commun visant à renforcer la sécurité des routes maritimes et à restaurer la confiance dans le commerce mondial transitant par la région.

Lors de ces réunions, le ministre britannique de la Défense John Healey a souligné l’importance cruciale du détroit, affirmant que la stabilité de ce passage vital affecte la vie de « millions de personnes » dans le monde, compte tenu de la dépendance des marchés internationaux à l’égard des flux énergétiques et du commerce maritime qui y transitent.

L’initiative proposée vise à former une force internationale de coordination capable de sécuriser le passage maritime dans la période d’après-guerre, dans un contexte de craintes persistantes quant aux menaces sécuritaires et aux perturbations de la navigation en l’absence de dispositifs clairs. Ces efforts sont perçus comme une tentative de renforcer la coopération internationale dans l’un des couloirs maritimes les plus sensibles, face aux défis géopolitiques croissants dans la région et afin d’éviter tout vide sécuritaire susceptible de menacer les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Les États-Unis et Israël ont lancé une guerre contre l’Iran le 28 février, qui a fait plus de 3 000 morts, avant que Washington et Téhéran n’annoncent, le 8 avril, une trêve temporaire sous médiation pakistanaise, dans l’espoir de parvenir à un accord mettant fin au conflit.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page