Les mouvements d’Al-Ebary : des contacts des Frères musulmans avec les Gardiens de la révolution et le Hezbollah
Un aspect controversé des activités du dirigeant des Frères musulmans Mahmoud Al-Ebary a été révélé, notamment ses contacts avec des parties liées à l’axe iranien.
Le mois dernier, les États-Unis ont inscrit Mahmoud Al-Ebary, secrétaire général de l’organisation internationale des Frères musulmans, sur la liste des sanctions liées au terrorisme, alors que des informations font état de la désignation provisoire de l’Irakien Ahmed Al-Rawi pour lui succéder, dans l’attente de la tenue des élections prévue plus tard cette année.
Al-Ebary, qui réside au Royaume-Uni, a effectué au cours de l’année écoulée une série de déplacements et d’activités à l’étranger, notamment au Nigeria, en Afrique du Sud, en Tanzanie et au Liban, avant d’orienter par la suite ses déplacements vers le Pakistan.
Au Pakistan, il a participé à la réunion de Lahore organisée par l’organisation internationale des Frères musulmans en marge d’un événement de la Jamaat-e-Islami pakistanaise, branche locale des Frères musulmans dans le pays.
Rencontres avec les Gardiens de la révolution
Au cours de ces déplacements, Al-Ebary a rencontré, selon les sources, différentes personnalités, parmi lesquelles des membres des Gardiens de la révolution iraniens, du Hezbollah et de la Jamaat-e-Islami au Liban, branche locale des Frères musulmans, qui a été inscrite par décision du président américain Donald Trump sur les listes liées au terrorisme au début de l’année en cours, aux côtés des branches égyptienne et jordanienne.
Les sources ajoutent que les rencontres et les contacts extérieurs d’Al-Ebary figuraient parmi les dossiers faisant l’objet d’un suivi particulièrement attentif, notamment en raison de l’extension de ses activités en dehors de l’Europe et des responsabilités influentes qu’il exerçait parallèlement au sein de l’organisation internationale des Frères musulmans.
Les déplacements d’Al-Ebary à l’étranger ne s’inscrivaient pas indépendamment d’un dispositif plus large de surveillance de ses activités. Selon les mêmes sources, des services de sécurité et de renseignement suivaient ses déplacements et ses contacts avant même son inscription sur la liste américaine des sanctions.
Outre son activité organisationnelle et financière, cette surveillance portait également sur son réseau de relations à l’étranger et sur les parties qu’il avait rencontrées au cours de ses voyages, ce qui a conféré à certains de ces contacts un intérêt particulier.
Ces informations interviennent à la suite des sanctions américaines visant Al-Ebary, que des sources informées ont qualifiées de coup porté à ses ambitions au sein de l’organisation internationale, alors qu’il cherchait à renforcer sa position dirigeante au sein du mouvement.
Une influence dépassant la fonction de secrétaire général
L’influence d’Al-Ebary au sein de l’organisation internationale ne reposait pas uniquement sur sa fonction de secrétaire général. Selon les sources, il était également chargé de dossiers financiers, économiques et organisationnels importants et suivait plusieurs dossiers liés aux réseaux du mouvement ainsi qu’à ses entités économiques.
Les sources indiquent que cette influence, conjuguée à ses contacts et à ses déplacements à l’étranger, a fait d’Al-Ebary une personnalité faisant l’objet d’une surveillance croissante, notamment avec l’intensification des pressions américaines visant les réseaux liés aux Frères musulmans et aux organisations qui leur sont alliées.
