Au profit de l’Iran : les Houthis embrasent le front de la côte ouest, avec le détroit de Bab el-Mandeb pour objectif
Les milices houthies ont ouvert un nouveau front de guerre au Yémen, en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb, au profit de l’Iran et dans le but de faire pression sur Washington, selon des observateurs.
Au cours des derniers jours, les Houthis ont lancé leurs attaques les plus importantes à ce jour au moyen de missiles et de drones contre plusieurs zones de la côte ouest du Yémen, parallèlement au déploiement de renforts considérables sur les fronts donnant sur la mer Rouge.
Au cours des quatre derniers jours, les milices houthies ont utilisé plus de 60 missiles et drones, parallèlement au lancement de plusieurs embarcations piégées qui ont ciblé le port historique de Mokha ainsi que des navires commerciaux dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Selon des observateurs, les attaques houthies, qui ont mis fin à la trêve, visent à redessiner la carte du contrôle militaire sur le terrain et à élargir l’étendue de la menace maritime, dans le cadre d’une stratégie iranienne visant à contrôler le détroit de Bab el-Mandeb.
À travers cette escalade, les milices houthies chercheraient à servir les intérêts stratégiques de l’Iran afin d’influencer le cours des négociations avec Washington et la communauté internationale, selon des observateurs.
Escalade sur le terrain
Sur le terrain, « Al-Ain News » a appris de sources sécuritaires que les milices houthies avaient procédé, au cours des dernières heures, au déploiement et à la répartition de forces d’intervention rapide et de réserve connues sous le nom de « Brigades Al-Badr », dans le district d’Al-Jarahi, au sud de Hodeïda, dans le cadre de préparatifs intensifs en vue d’une escalade sur les fronts de Hays, dans la même province côtière.
Le groupe a également fait venir des renforts humains de la province de Dhamar vers Hodeïda. D’autres renforts en provenance de Dhamar et de Sanaa sont arrivés dans un établissement d’enseignement du district d’Al-Salafiya, dans la province voisine de Raymah, afin de redéployer ces groupes combattants vers les fronts de Hodeïda sur la mer Rouge, selon les sources.
Parallèlement, les sources ont confirmé que les milices houthies avaient déployé des lance-roquettes Grad, de l’artillerie lourde et des systèmes de défense antiaérienne dans des exploitations agricoles et des positions stratégiques à Al-Jarahi. Elles ont également mené des mouvements militaires et préparatifs offensifs, notamment la mise en place de plateformes de lancement de missiles et de drones dans les zones d’Al-Jabbin et d’Al-Salafiya, dans la province de Raymah, caractérisée par ses reliefs surplombant la mer Rouge.
Le groupe a également déployé des dizaines de plateformes de lancement de missiles et de drones dans la province d’Ibb ainsi que dans les districts de Maqbanah, d’Al-Taizia, de Mawiyah et de Dimnat Khadir, à l’ouest et à l’est de Taëz. Les milices les ont effectivement utilisées au cours des derniers jours pour bombarder Mokha et des navires de transport dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Les renforts houthies envoyés sur les fronts de Hodeïda, ainsi que le déploiement de plateformes de missiles à Raymah, Taëz et Ibb, révèlent, selon les sources, la volonté du groupe de garantir l’existence d’une base arrière permettant de soutenir la campagne d’attaques menée depuis Hodeïda et de conserver la capacité de cibler le trafic maritime en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Plans offensifs
Dans ce contexte, une source sécuritaire à Hodeïda a déclaré que les milices houthies avaient élaboré des plans en vue de lancer une vaste attaque maritime contre les îles de la mer Rouge, notamment Zuqar, située au large de la côte sud de Hodeïda. Cette île constitue une ligne de défense avancée destinée à protéger le détroit de Bab el-Mandeb contre les attaques houthies, tout en représentant un front maritime avancé en direction de Hodeïda.
La source a expliqué que les plans des Houthis prévoyaient de coordonner une attaque maritime contre les îles contrôlées par les garde-côtes yéménites et la Résistance nationale, en coopération avec les Chabab, branche somalienne d’Al-Qaïda, dans le but de prendre le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb.
Une autre source sécuritaire présente sur la côte ouest a minimisé l’efficacité de toute éventuelle attaque houthie contre les îles, affirmant qu’une telle opération constituerait un véritable acte suicidaire. Selon elle, Zuqar est une position fortement fortifiée des forces navales de la Résistance nationale, dirigées par Tarek Saleh, membre du Conseil présidentiel.
La source a également indiqué que les attaques menées ces derniers jours par les Houthis contre des îles telles que Zuqar et Al-Urdi, sur l’île de Mayyun, au moyen de drones suicides, de missiles balistiques et d’embarcations piégées, s’inscrivent dans une escalade plus large visant les zones de la côte ouest. Elle a toutefois affirmé que le groupe était totalement incapable de réaliser la moindre percée terrestre ou maritime.
