Le 26-Septembre, hantise des Houthis : les milices répliquent par des mesures répressives
Dans un vaste mouvement populaire ayant défié les restrictions sécuritaires et suscité l’inquiétude des Houthis, les Yéménites célèbrent aujourd’hui le 64e anniversaire de la révolution du 26 septembre 1962.
Cette révolution, menée contre le régime de l’imamat — dont les milices houthies constituent, selon leurs adversaires, le prolongement dynastique — occupe une place particulière dans le cœur des Yéménites et leur mémoire collective. Elle est considérée comme l’événement ayant mis fin à près de mille ans de pouvoir autoritaire.
La simple célébration de cet anniversaire par les citoyens est perçue par les milices comme un référendum populaire contre leur mouvement et leur mainmise sur le pouvoir, l’État et la République au Yémen, entamée après la prise de la capitale, Sanaa, en septembre 2014.
Cette perception expliquerait le durcissement des mesures prises chaque année à l’approche de l’anniversaire de la révolution du 26-Septembre. Les milices houthies s’en prennent à toute personne qui célèbre l’événement, hisse le drapeau yéménite sur son domicile ou tire des feux d’artifice.
Ces mesures comprennent des restrictions et une surveillance étroite visant à empêcher les célébrations populaires spontanées à Sanaa et dans les autres territoires contrôlés par les Houthis. Elles témoigneraient du climat de tension régnant au sein de l’appareil sécuritaire et des services de renseignement des milices.
Dispositif sécuritaire renforcé
Des sources locales ont indiqué que les milices houthies avaient intensifié leurs mesures de sécurité à Sanaa ainsi que dans les autres gouvernorats placés sous leur contrôle, afin de réprimer toute manifestation célébrant l’anniversaire de la révolution du 26-Septembre.
À l’approche de cette date, le Service de sécurité et de renseignement affilié aux milices aurait adopté une série de mesures répressives. Il aurait notamment demandé aux postes de police, aux centres de sécurité et aux responsables de quartier de Sanaa de prendre plusieurs dispositions préventives contre tout rassemblement ou signe de célébration.
Selon ces sources, les services de renseignement houthis auraient ordonné à leurs représentants locaux et à leurs agents de sécurité de se déployer dans les quartiers les soirs des 25 et 26 septembre, de surveiller tout mouvement et d’arrêter toute personne hissant le drapeau yéménite ou tirant des coups de feu pour marquer l’occasion.
Des sources médiatiques rapportent également que les milices auraient affecté trois membres du Service de sécurité et de renseignement à chaque quartier. Ceux-ci doivent travailler aux côtés du responsable local et d’autres agents de sécurité. Leur déploiement devrait commencer à 19 heures, avec des patrouilles effectuées à bord de véhicules banalisés afin de surveiller les déplacements des habitants.
Mobilisation d’hommes armés
Les dispositions prises ne se limitent pas à la surveillance et à la restriction des célébrations et des déplacements des citoyens dans les zones sous contrôle houthi. Elles comprendraient également la mobilisation de combattants lourdement armés, chargés d’intervenir sur le terrain et de disperser tout rassemblement.
Des habitants de Sanaa et d’autres gouvernorats contrôlés par les Houthis ont déclaré avoir observé la création récente de nouveaux points de contrôle et positions sécuritaires. Ceux-ci abriteraient des dizaines d’hommes armés installés dans des habitations, des enceintes privées et des bâtiments gouvernementaux de plusieurs secteurs.
Ces mesures illustreraient l’inquiétude et la nervosité des milices houthies face à la volonté des citoyens de commémorer la révolution du 26 septembre 1962, qui mit fin, il y a 64 ans, au régime de l’imamat au Yémen.
Plusieurs gouvernorats du nord du pays, dont la ville de Taëz, ont largement célébré le 64e anniversaire de cette révolution. Selon des observateurs, ces rassemblements ont adressé un message de défi aux Houthis, affirmant que les Yéménites restent capables de restaurer leur État et de libérer les territoires qui leur ont été confisqués.
