Hamas revient aux élections après 20 ans, tandis que Fatah fait face aux défis de la division
Dans une démarche surprenante, le mouvement « Hamas » a annoncé sa participation aux élections législatives palestiniennes prévues le 28 novembre 2026.
Ce ne sera pas la première fois que le « Hamas » participe à des élections. Le mouvement avait déjà pris part au scrutin de 2006, avant son affrontement avec l’Autorité palestinienne à Gaza et sa prise de contrôle de la bande en 2007.
Une modification substantielle
Cette décision intervient toutefois après l’instauration d’une condition par le président palestinien Mahmoud Abbas, dans le but d’empêcher le Hamas de participer aux élections. En juin dernier, il a introduit une modification à la loi électorale prévoyant l’obligation de « reconnaître l’Organisation de libération de la Palestine comme représentant légitime et unique du peuple palestinien, son programme politique et national, ainsi que les résolutions pertinentes de la légalité internationale ».
Le « Hamas » n’est pas membre de l’Organisation de libération de la Palestine et pose des conditions à son adhésion. Pendant de nombreuses années, il a également refusé d’adhérer au programme politique de l’organisation, fondé sur la paix avec Israël en vue de parvenir à une solution à deux États.
Bien que le « Hamas » ait déclaré respecter les résolutions de la légalité internationale, il n’a jamais officiellement annoncé son acceptation de l’existence de l’État d’Israël.
La décision du « Hamas » de participer aux prochaines élections législatives pourrait ainsi rendre le scrutin particulièrement disputé.
Les défis auxquels Fatah est confronté
Outre la décision du « Hamas », il a été rapporté que le courant réformateur du mouvement « Fatah » avait décidé de participer au scrutin avec une liste indépendante, parallèlement à une autre liste composée de personnalités proches de Marwan Barghouti, membre du Comité central de Fatah et détenu dans les prisons israéliennes.
Ces décisions représentent un défi majeur pour la liste officielle de « Fatah », qui cherche à remporter les élections.
Les premières élections législatives depuis 20 ans
Il s’agira des premières élections législatives depuis 2006, si elles ont effectivement lieu.
Au total, 132 membres doivent être élus afin de représenter les Palestiniens de Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est.
Le Conseil législatif palestinien a été dissous en 2018, après la prise de contrôle de la bande de Gaza par le « Hamas » par la force à la mi-2007 et l’échec de plusieurs initiatives de réconciliation.
Le 30 avril 2021, Abbas avait publié un décret reportant les élections législatives qui devaient se tenir le 22 mai de la même année, justifiant cette décision par l’absence de garanties permettant aux Palestiniens de Jérusalem de participer au processus électoral.
Il reste toutefois incertain que les élections puissent effectivement se tenir si Israël refuse leur organisation à Jérusalem.
La décision de participer
Hossam Badran, dirigeant du « Hamas » et chef du bureau des relations nationales du mouvement, a déclaré que celui-ci participerait aux élections dans le cadre de la coalition nationale la plus large possible. Il a également affirmé que le mouvement était prêt à prendre part au processus électoral et à œuvrer à la formation d’un bloc réunissant un large éventail de forces palestiniennes.
Dans des déclarations à la presse, Badran a expliqué que le Hamas avait commencé, depuis un mois, une série de rencontres et de contacts avec différentes forces, factions et personnalités palestiniennes afin de parvenir à la plus large coalition électorale nationale possible, sur la base d’un programme politique faisant l’objet d’un consensus.
La préparation de la décision
Le « Hamas » avait préparé le terrain à cette décision en appelant les Palestiniens à s’inscrire sur les listes électorales.
Mardi, le Hamas a appelé, dans un communiqué, les Palestiniens à s’inscrire rapidement et à mettre à jour leurs données dans le registre électoral, afin de garantir leur droit de participer aux prochaines élections palestiniennes.
Comment participera-t-il ?
Il pourrait être relativement facile pour le mouvement d’annoncer ses candidats dans la bande de Gaza. En revanche, la présentation de candidats en Cisjordanie et à Jérusalem-Est pourrait s’avérer beaucoup plus risquée.
Israël a arrêté des milliers de membres et de militants du mouvement en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023.
Cette situation pourrait contraindre le mouvement à présenter des candidats qui lui sont proches sans qu’ils appartiennent officiellement à sa direction.
